15 novembre 2009
Science sans conscience ou conscience sans science ?
Photographie : Olivier Martin Delange
Je ne fréquente plus uniquement des « membres de la communauté DD », j’avoue que c’est un peu stérile si on veut « aider la cause ». Mais en rencontrant des profils très divers je suis assez surpris par certaines réflexions qui ne me seraient même pas venues à l’idée et je suis même en colère par les idées que les média véhicules parfois sans prêter attention à la manière dont les informations sont présentées… et mal comprises.
Je m’explique :
Ce qui me désespère le plus c’est la tendance, même dans les instances économiques et chez des interlocuteurs parés de la dignité d’une science (physique, géologie etc…) à relativiser ou discréditer les efforts engagés pour un développement durable ou à remettre en cause la véracité des menaces qui pèsent sur nous. Entre les aléas solaires, la perspectives des glaciations que le réchauffement globale amoindrirait etc, etc…
Alors évidemment toutes nos pollutions sont « marginales » en regard de l’histoire du système solaire, tous ces changements sont du déjà vue à l’échelle géologique. Mais c’est une question systémique et qui fonctionne avec des phénomènes de seuils à ne pas dépasser. Aussi il n’en est pas moins vrai que la causalité en est nouvelle et que les conséquences en sont chaque fois les mêmes : l’effondrement des écosystèmes et de l’espèce dominante avec.
Aurait-on tendance, dans une société qui feint ne pas connaître la mort en la cachant au possible, qu’une espèce perdue l’est à jamais ? Qu’un écosystème foutu peut être réparé dans sa fonction, mais pas dans sa qualité ? Le monde biologique échappe à la simple analyse mathématique parce qu’il s’agit de la vie, de quelque chose de qualitatif, pas de quantitatif.
Nous sommes collectivement encore bien immature et le temps que le changement culturel nécessaire soit effectif me paraît bien long…
Dans la même veine il est fatiguant de constater que les changements à mettre en œuvres sont encore perçus comme des contraintes et non des opportunités. Pourtant au quotidien, en entreprise, je me rends bien compte qu’à chaque fois on parvient à créer de la valeur, à concilier « moins et plus » en améliorant tout à la fois performance économiques, sociales et environnementales. Seulement oui, cela demande de s’impliquer, cela demande de réfléchir aux gestes les plus habituels et quotidiens, et cela demande de changer. Finalement, je me demande parfois si la lenteur au changement n’est pas une simple question de paresse…
Ah bon, savoir que la nuit il fait noir au lieu de tout illuminer et savoir que l’hivers il fait plus froid au lieu de faire péter la chaudière ça peut être agréable ? Et oui… la lumière tamisé pour l’ambiance et le gros pull parce que sinon on tricote pour rien c’est pas mal non plus…
Le ciel est rouge au-dessus de nos têtes et on continue à se regarder le nombril !
20:16 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : culture, science, nature, évologie, environnement, mentalité, changement, habitude, quotidien
12 novembre 2009
Graines de l’oubli
Photographie : Olivier Martin Delange, gunnera et étang
Ulysse au pays des Lotophages, a rencontré des mangeurs de graines de lotus, dont les fruits faisaient tout oublier.
Et bien j’ai pu expérimenter hier la véracité des dangers de ces graines !
Alors que nous nous promenions au Parc Floral de Vincennes à l’occasion du Salon Marjolaine nous avons remarqué que les lotus sacrés du bassin central avaient laissé de superbes « fruits ». J’ai irrésistiblement eu envie d’en cueillir un !
Evidemment toutes celles près du bord avaient déjà disparu. Longeant le bord irrégulier de cet étang aux eaux sombres, obnubilé par les graines de Lotus, je n’ai pas remarqué que l’extrême bordure était légèrement immergée... et glissante à souhait…
Je me suis donc retrouvé immergé jusqu’aux épaules… me rattrapant au rebord.
Malgré cette profondeur je n’ai pas touché le fond et étais très surpris que la pente ne soit pas progressive mais à 90°, ce plan d’eau est donc dangereux, surtout pour un site fréquenté par des enfants, aussi il serait bon que le parc envisage de mettre une rambarde !
Au passage mon téléphone portable noyé n’a pas pu être réanimé, aussi j’incite mes amis à me retourner leurs coordonnées !
22:42 Publié dans esthétique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : écologie, environnement, nature, esthétique, désir, fleur, lotus, graine, parc floral, vincennes
09 novembre 2009
la retombée presse qui fait plaisir
20:31 Publié dans blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, environnement, nature, esthétique, esthétique verte
29 octobre 2009
Ne le dites plus avec des fleurs !
photographie : Olivier Martin Delange
Jusqu’ici on adore tous les fleurs, elles incarnent nos plus nobles sentiments, du simple merci au grand amour. Et pourtant… quand on y pense.
Trois sources principales pour nos bouquets :
Les fleurs cultivées sont hélas pleines de pesticides divers et cultivées shootées aux engrais. Dès lors qu’elles ne sont pas destinées à un usage alimentaire, pas mal de barrières contre ces produits disparaissent… D’ailleurs, la plupart ne sont pas cultivées en Europe, à l’image des tragiquement fameuses roses du Kenya. Elles sont donc cultivées avec des produits phytosanitaires interdits en Europe, mais pas en Afrique… De plus ces petits plaisirs requièrent une utilisation des terres arables, terres qui pourraient être affectées à la culture vivrière par exemple dans des pays qui en ont besoin et dans un monde qui en a besoin (de plus en plus de pays achètent des terres agricoles dans d’autres en raison du manque de surface existant ou prévu comme la Chine, l’Arabie Saoudite etc.). Enfin ces cultures nécessitent de l’eau ! évidemment, eau dont la rareté commence à poser des problèmes récurrents ou constants dans plus d’une zone de culture. Alors à part lorsqu’il y a co valorisation avec un autre usage des plantes ou un intérêt pour la pharmacopée, il paraît délicat d’argumenter en faveur de ces cultures.
Autre source majeur de fleur, en particulier d’orchidées : les cultures en laboratoire de clones. Et oui, pas besoin d’une ingénierie compliquée en microbiologie pour cloner des plantes, c’est très simple. Afin d’obtenir des centaines de milliers de phallenopsis par exemple pour le marché européens, les laboratoires néerlandais tournent à plein régime et cultive hors sol, sur substrat artificiel enrichi en hormone nos si belles orchidées, toute identiques.
La cueillette elle-même est loin d’être innocente. En effet, la fleur est l’organe reproducteur des plantes, mais avant que la reproduction soit réalisée. Ainsi, si on cueille un plante annuelle qui du coup n’a pas pu se reproduire, elle disparaît… à plus grande échelle les autres plantes (bulbeuse, vivaces) peuvent aussi disparaître. C’est par exemple le cas de la fritillaire en France qui à force d’être cueillit parce qu’irrésistiblement jolie, elle disparaît du milieu naturel.
Alors que faire ? Tant qu’une filière bio de production locale d’essences végétales non invasives n’existera pas et bien il paraît peu durable de continuer à offrir des fleurs
et puis après tout, offrir des sexes coupés c’est une pratique assez bizarre quand on y pense !
Heureusement, on peut imaginer des filières de production de fleur qui évite tout ces désagréments. Un bon exemple : les jachères fleuries ! A l’initiative du Conseil Général du Haut-Rhin par exemple, des champs en jachères sont semée de graines de plantes à fleur des prairies régionales. Cette pratique qui enrichie le sol et favorise la biodiversité est aussi une occasion de disposer de fleurs plus durablement produites : les habitants sont invitées à venir les cueillir !
Ce constat nous pousse, ma sœur et moi, à chercher à développer une culture locales et durable de fleur, vivement que le projet prenne pied !
21:41 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23 octobre 2009
Cherchez la petite bête : le jeu commence
photographie : Olivier Martin Delange
ETAT D’ESPRIT
Une des difficultés du développement durable, c’est qu’il s’immisce partout ! Les questions sont scientifiques et techniques (Services Généraux, informatique, production, qualité etc…) éthiques (RH, Gouvernance, politique commerciale, politique de sourcing etc…) et même esthétiques (nouveau code de représentation, nouvelles images, nouveaux story telling…).
Alors comment s’y prendre ?
Une vue d’ensemble est certes un préalable nécessaire mais de même que le diable est dans les détails, c’est par les détails que se construit le changement, pas à pas. Prenons deux exemples, un par crise écologique :
CO2
La chasse aux émissions de Teq CO2 est ouverte, et l’étiquetage environnemental des produits de grande consommation sera un indicateur de plus. Pendant que certains font les courses à la recherche des prix au kilo les plus bas, d’autre le plus bas taux calorique, d’autres de plus en plus nombreux, feront la chasse aux émissions de CO2 les moins élevées.
Des informations carbones sont maintenant sur les produits de la chaîne d'épicerie Tesco en Asie et en Grande-Bretagne. En France, après le groupe Casino, des magasins E.Leclerc expérimentent cet étiquetage pour plus de 20 000 produits. Aux États-Unis, Tesco va le faire cette année sur 5 000 produits et Walmart annonce qu’ils suivront le mouvement.
On apprend ainsi qu’ « un cheeseburger McDonald's rejette 3000 grammes CO2, 25 cl de jus d'orange réfrigéré 360 gr, 25 cl de Coca-Cola dans une bouteille en verre 272 gr, 25 cl de Coca Cola en canette aluminium 129 gr, 25 cl d'eau en bouteille 94 gr » selon maxiscience
Certains critiqueront le focus carbone, au lieu de proposer des indicateurs plus globaux sur l’impact environnemental, mais c’est un choix techniquement plus simple, et correspondant à la priorisation des enjeux environnementaux.
Biodiversité
L’heure n’est plus aux seuls espaces naturels sauvages et à la macro faune symbolique comme les pandas et les baleines, c’est crucial certes, mais totalement insuffisant pour sauver la biodiversité. De plus en plus on se penche sur la micro faune, les plantes les plus discrètes ou même les environnements urbains.
Et les yeux attentifs ont parfois de très heureuses surprises comme la redécouverte de la déesse précieuse, cette libellule verte métallisée à l'abdomen bleu, de 2,5 cm d'envergure, a été redécouverte en France, dans le Jura. On n'avait pas revu la déesse précieuse (nehalennia speciosa), en France depuis 1876.
Autre signe encourageant, même les marques s’y mettent et LU par exemple innove avec la mise en place de pratiques agricoles plus responsables dont l’implantation de bandes fleuries de plantes européennes mellifères est un exemple phare pour favoriser la biodiversité dans les milieux agraires français, milieux où justement la biodiversité subit sont plus fort recul selon l’indicateur STOC (Suivi temporel des oiseaux communs) du MNHN !
00:34 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : co2, calcul, développement durable, indicateur, psychologie, etat d'esprit, nature, environnement, complexité, méthode, nehalennia speciosa

























