11 septembre 2011
tristes post-it ?
TETRIS by BETC
La guerre des post-it fait rage. Les critiques de la part des écolos pour tout ce papier coloré gâché n’ont pas tardées, et les critiques des rabat-joies à coup de « ici on bosse » n’ont pas trainées non plus.
De mon côté ?
Difficile de prendre la parole… le lendemain de la réalisation de cette vidéo j’avais ça sur mon bureau de la part des créatifs :
![photo[3].jpg](http://ecologie-esthetique.blogspirit.com/media/00/02/2870712087.jpg)
21:19 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : post it, post, war, post it war, agence, créatif, écolo, rabat-joie, culpabilité, plaisir, jeu, durable, papier, gâchis
06 septembre 2011
Imposons un code de déontologie à la météo !
photo : Olivier Martin Delange
On a dit, à raison, à la publicité, que dans la mesure où elle représente des objets vus par des millions de personnes, son niveau d’influence entrainait un niveau de responsabilité important, pour reprendre ce qu’il convient aujourd’hui d’appeler le « théorème de Spiderman » !
La publicité a entamé des efforts significatifs depuis le Grenelle Environnement, a réformé ses codes de déontologies et ses instances régulatrices au sein des quelles les ONG sont aujourd’hui partie-prenantes. Les modifications des règles d’usage des arguments environnement et développement durable ont été même portés jusque dans le Code National de la Consommation. Ce travail d’autorégulation continue et doit maintenant continuer à changer au fil des évolutions du corps social d’une part et de celles des connaissances d’autre part.
Dans ce grand mouvement déontologique il me semble pourtant qu’on a oublié un acteur tout aussi puissant, visible et essentiel pour la mise en œuvre des principes de la stratégie nationale de développement durable et l’application de la règle selon laquelle il ne faut pas induire le public en erreur : le bulletin météo !
Il y a deux choses qui me gênent dans les expressions utilisées par les présentateurs ou journalistes météo.
1. le langage courant induit en erreur
Je sais combien il serait difficile de modifier l’usage du langage courant, mais quand même, l’expression « le beau temps » sous entend que la pluie c’est le « moche temps », qu’on dit pourtant « mauvais temps » sous entendant tendant que le « beau temps » est le « bon temps » apporte confusion entre esthétique et éthique et tout au moins introduit une hiérarchisation de valeur qui promeut le soleil contre la pluie. Pourtant la réalité écologique est qu’une alternance efficace et régulière est le seul « bon temps » à promouvoir.
Plus facile à modifier, la façon de valoriser par des marqueurs énonciatifs d’appréciation accompagnés de gestes et de sourire pour les « températures estivales », ou « grand soleil » vs « ciel triste » ou « grisaille » serait à challenger.
2. l’instillation du doute permanent
Plus grave que la tyrannie de la valorisation du temps ensoleillé, les bulletins météo on instauré en véritable sport international l’idée que les événements climatiques annoncés ponctuellement (canicule, tempête, ouragan…) ne sont pas une preuve de changement climatique. A force de chercher la « neutralité » scientifique et souligner ce point au lieu de tout simplement ne pas évoquer le sujet on frise le négationnisme climatique !
Tout simplement parce que le travers de fond de la discipline dans les média est la tendance à la généralisation. En même temps que les présentateurs et articles cherchent à ne pas prendre part ou de ne pas donner l’impression d’apporter des preuves à la « théorie » du changement climatique, ils n’ont de cesse de faire des comparaisons tout aussi illégitimes en rapportant toujours les prévisions aux moyennes saisonnières. Par définition la comparaison d’une seule journée à une moyenne, surtout en météorologie soumise à une grande variabilité, n’a pas grand sens !
Alors amis du CSA et de la presse écrite, ou bien Météo France et fédérations inconnues, il serait temps de se mettre en bon ordre comme tout le monde et veiller à mesurer ses propos à l’aune de leur impact potentiel.
22:14 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : déontologie, code, csa, arpp, cnc, publicité, entreprise, discours, confusion, négationnisme, météorologie, météo, bulletin, média, changement climatique, théorie, neutralité
04 septembre 2011
STOP MAIL ! la multi pollution
Nous sous-estimons tous le rôle du secteur de l’informatique dans le réchauffement climatique et la dégradation de notre environnement. Le secteur informatique est pourtant un des plus polluants avec 2% des émissions de CO2 d’originehumaine, soit autant que le secteur aéronautique, des consommations de matières premières rares et non renouvelables, des déchets toxiques et complexes qu’il est crucial de gérer convenablement, une logistiques complexes et émissives, des problèmes sociaux et sociétaux inhérents à leur fabrication (main d’œuvre) et leur utilisation (équilibre vie pro / vie perso etc…).
Et tout cela progresse avec l’apparition de nouveaux usages, de nouveaux appareils, …
En effet, on pense rarement par exemple que derrière l’ordinateur se trouvent box, câbles, routeurs, serveurs, climatiseurs, data-centers, imprimantes, qui consomment des quantités folles pour être fabriqués (matières premières, métaux, matières dangereuses, …) et lorsqu’ils sont utilisés, le plus souvent 24/7.
Ainsi selon l’ADEME, 1 mail avec 1 PJ de 1 Mo = 19gr d'équivalent CO2 + 7,5 gr de fer (1 pièce de 1 euros)et cet impact augmente avec :
- le poids des PJ
- le nombre de destinataires
- leur temps de stockage.
Conscient de tout cela, et de notre tendance à envoyer 54 mails avec la terre entière en copie pour fixer une seule réunion je me dis qu’on a un vrai problème.
Exemple avec un de ces fameux échange de mail :
Historique de mail
------ Message transféré
De : directrice générale
Date : Fri, 2 Sep 2011 19:21:08 +0200
À : consultant
Cc : tout le monde
Objet : Re: Présentation
Je ne sais pas non plus...
------ Message
De : consultant
À : tout le monde
J ai perdu le fil, sorry... C est quand le reu ?
------ Message
De : directrice générale
À : tout le monde
Tu me confirmes lundi à 13h ?
------ Message
De : assistante 1
À : tout le monde
Ok
Le 7 à 11h ?
Sorry mais j’ai rien d’autres
------ Message
De : directrice générale
À : tout le monde
Pas possible pour moi après 16h.
------ Message
De : assistante 1
À : tout le monde
Ah ??
Chez directrice 2, elle était prévue à 16h
à 10h impossible
------ Message
De : Directrice générale
À : tout le monde
Je l'avais à 10h…
------ Message
De : directrice 2
À : tout le monde
Après 20 mails pour fixer la réunion, ça tient toujours pour lundi 16h ?
17:32 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mail, impact, environnement, pollution, informatique, réunion, organisation, 19 gr, co2, fer, terres rares, perception, it, écologie, développement durable
03 septembre 2011
Philosophie à la française, 3 trains de retard ?

NB : C’est marrant, on a eu les mêmes profs, la même fac et les mêmes études… mais pas le même âge !
Corine Pelluchon, philosophe, a rédigé une note de 23 pages intitulée « Ecologie et libéralisme » pour fondapol à consulter en ligne. Cette dernière soulève le problème de l’adéquation entre les préoccupations écologiques et les intérêts du libéralisme économique et politique. Selon C. Pelluchon, il est indispensable de considérer que ces deux courants peuvent et doivent se compléter mutuellement, au lieu de voir l’écologie en adversaire gênant du libéralisme.
L’essai est écrit avec élégance, précision et clarté. Le lecteur pourra s’initier à l’exigence du débat et à sa richesse.
Toutefois, avec ce texte somme toute très académique, j’ai bien peur que les lecteurs qui n’ont pas bénéficié de la même formation que nous en philosophie passent à côté d’une bonne partie des multiples sous-entendus et références.
Et c’est probablement là le pêché récurrent des philosophes français, un habitus d’enfermement, qu’on reproche par exemple au monde de l’art contemporain. Quelques symptômes me poussent à cette idée :
- comme il est d’usage dans l’académisme français, il y a très peu de penseurs étrangers ou récents cités sauf ceux aujourd’hui totalement incontournables comme le classissique Aldo Leopold ou Arne Næss. Pourtant la réflexion philosophique sur l’écologie est extrêmement récente, extrêmement riche chez les jeunes philosophes et extrêmement intense dans les pays anglo-saxon.
- l’approche de la pensée systémique et des spécificités de l’écologie n’est pas absente du propos de C. Pelluchon. Pourtant, l’argumentation sur l’éthique de la vulnérabilité s’épanche plus sur les conditions animales que sur l’écosystème et il est difficile de faire un simple copier-coller dans l’esprit du grand public pour appliquer les mêmes règles éthiques à quelque chose d’aussi concret et empathique que les animaux vs quelque chose d’aussi abstrait que l’écosystème.
Plus embêtant, j’ai l’impression à lire cette note qu’encore une fois on n’aborde les sujets qui fâchent que du bout des lèvres (démographie, modèle de croissance, démocratie, humanisme). Le fait que la voie démocratique est indépassable et que les valeurs communes qui président à la mise en œuvre d’un monde plus durable doivent être humanistes n’est pas à proprement parler argumenté ou une conclusion, mais un présupposé qui ne saurait être remis en cause.
Cet habitus là est peut être un travers de philosophe qui a souvent trop tendance à penser à partir de l’homme tel qu’il devrait être plutôt que tel qu’il est. Ainsi par exemple, face à l’évidente problématique d’appropriation de connaissances suffisantes par le grand public pour mettre en œuvre une démocratie consultative pertinente sur ces questions complexes, l’auteure propose que les ONG Environnementales (ONG E) soient l’intermédiaire représentatif plutôt que d’institionnaliser une technocratie des « experts ». Cela me semble délicat, et le Grenelle Environnement a fait l’expérience des limites de ce système. En effet, les grandes ONG sont devenues des marques et des annonceurs, elles « externalisent » ou « sous-traite » l’analyse de la complexité aux mêmes experts que ceux que l’auteure cherche à dissocier du pouvoir. Se pose aujourd’hui la question de leur « autorité morale » à laquelle je préfère « l’autorité épistémique » de la communauté scientifique. De plus, l’organisation interne de ces ONG E pose aujourd’hui question (Cf. scandale interne du WWF France) et leur compétence se déclinent plus en marketing qu’en contenu analytique pour les plus grandes. Concernant les plus petites, actives sur le terrain pour leur part (mais exclues du débat par un décret de cet été) on retrouve souvent des discours plus idéologiques et moins ouverts quand on a au contraire besoin de porter le débat de façon « mainstream » dans l'hypothèse démocratique.
Par ailleurs, la faible participation des citoyens aux débats publics et encore moins au Comité Consultatif des Services Publics Locaux montre le désintérêt et la démobilisation des citoyens pour la délibération publique, motivée par un sentiment d’inefficacité. Cette voie semble elle aussi une impasse.
Enfin dans l’ensemble, le propos est très régalien et tient peu compte de la force vive qui dépasse les frontière des Etats que sont les entreprises.
Que les philosophes redescendent dans la caverne en s’impliquant dans la cité, dans ses entreprises et ses industries !
21:00 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, libéralisme, philosophie, pelluchon, arne naess, grand public, onge, ong, débat public, ccspl, technocratie, experts, culture, modèle, consultatif, démocratie, verte
30 août 2011
Le monde est conduit par des aveugles
C’est sensé être le plus grand cabinet de conseil au monde. McKinsey compte parmi ses clients 93 des 100 premières entreprises mondiales, ainsi que plus de 50 gouvernements selon Wiki, ou comme ils le disent eux-mêmes : « We are the trusted advisor to the world's leading businesses, governments, and institutions ».
Comme il se doit cette entreprise vise la reproduction sociale avec des effectifs lisses, triés sur le volets et tous issus des mêmes écoles genre MBA commerce… Cette endogamie est probablement la clé de leur réussite auprès de l’oligarchie mondiale, mais aussi certainement la cause de leur réflexion à côté de la plaque !
Afin de valoriser la puissance du jus de cerveaux qu’ils mettent au service de leur clients, nos amis de McKinsey éditent régulièrement un petit opus (assez cher pour le grand public), comme l’un des derniers, le McKinsey Quarterly - Q2 2011, merveilleusement intitulé : « How to grow again », sorte de bréviaire anti-crise sensé montrer comment continuer notre fuite en avant : croissance nourrit par la croissance.
Evidemment les textes expliquent que les cibles prioritaires sont les villes de taille moyenne dans les marchés émergents et la diversité des consommateurs en Chine, en Inde et au Brésil qui peuvent aider les entreprises à saisir les nouvelles opportunités de croissance dont elles ont besoin (besoin ?). L’opus se conclut par les bienfaits de l'utilisation de jeux de guerre comme outil de stratégie d'affaires (ça donne le ton).
Est-il vraiment nécessaire de commenter ?
Quelques points alors :
- pas un mot sur les limites physiques de la croissance ! Je n’imagine pas qu’ils aient pu passer à côté du sujet, le rapport du Club de Rome sur la base des analyses du MIT The limits to growth a été édité en 1972 ! Evidemment qu’on ne peut pas demander aux populations concernées de ne pas améliorer leurs conditions et leur niveau de vie et qu’il y a là opportunité à créer des activités et de la valeur (donc de la croissance) mais pas avec les vielles recettes ! Enfin, l’idée d’un croissance mondiale continue sur le même modèle, telle que défendue encore et toujours dans l’opus de McKinsey est tout simplement une impossibilité physique. Dans une certaine mesure leur analyse et conséquemment les conseils qui en découlent sont malhonnêtes.
- pas une seule seconde ne sont pris en considération les personnes (je veux dire les vraies, parce que bien sur les « carrières », la « main d’œuvre » ou les « consommateurs » sont pris en compte) mais jamais la personne en tant que sujet individuel particulier ou pas même le citoyen. Les humains sont les vecteurs, les agents et les moyens pour la croissance. La croissance apparaît comme la fin ultime, les humains comme moyens dévoués à celle-ci. Tient, lors de leurs parcours prestigieux n’auraient-ils pas loupé l’impératif catégorique : « Agis de façon telle que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans tout autre, toujours en même temps comme fin, et jamais simplement comme moyen ». Bien sur la croissance pourrait être un moyen, comme elle l’a été, au service de l’amélioration du bien-être, le commerce au service de la paix etc… mais passé un certain cap, on a bien vue une dissociation ferme entre le bonheur, le développement humain et en face, la sempiternelle croissance telle que calculée jusqu’ici et dont il serait temps de concevoir un modèle de calcul plus pertinent.
- En fait, tous ces manquements peuvent se résumer à un seul et unique tort : une réflexion qui rate l’analyse systémique. Les éléments sont pris en silo, chaque discipline dans son coin. Le monde n’est pas aussi simple avec l’économie d’un côté, la société de l’autre et l’environnement en décor de fond. Enfin l’analyse suit généralement une logique linéaire de cause à effet, mais le monde n’est pas comme cela, chaque action implique des phénomènes de catalyse, rétro action positive ou négative, des externalités inattendues dans d’autres domaines etc… Par exemple quelles implications de la croissance des ces secondes villes de pays émergeant sur les couts des matières premières, l’énergie etc… et les effets rebonds sur les autres secteurs et pays ? Si l’analyse ne suit pas un modèle systémique comment peut-il devenir un outil de prospective et de conseil ? Je me doute bien que je caricature et ces approches doivent exister, de même que la prise en compte du développement durable, mais est-ce central ? Prennent-ils le temps et l’effort correspondant pour l’inclure dans leurs propositions ? Cet opus ne m’en donne pas l’impression.
Et ce sont ces mecs (vu les critères de recrutement m’étonnerait qu’il y ai parité et plus encore diversité) ce sont ces mecs blancs donc, dont la paroles est d’or (et ce n’est pas ici au sens figuré) qui préconisent les politiques et les stratégies mondiales ?
Et ben ça ne risque pas de s’arranger !
19:44 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : analyse, prospective, mckinsey, durable, environnement, croissance, villes moyennes, pays émergeant, relais de croissance, entreprise, how to grow again, citoyen, systémique, principe, catégorique













