11 mai 2008
Le bonheur : une question d’urbanisme ?
Petite randonné ce jour, 40 km à vélo sous un soleil écrasant, celui que nous n’avions pas vu depuis un an et qui se rattrape avec trop d’entrain à mon goût…mes bras peuvent apporter un témoignage cuisant.
Nous avons suivi la coulée verte du Sud parisien. Celle-ci croise d’autres chemins qui permettent d’accéder à des parcs, forêts, lacs et étangs engoncés dans la matrice urbaine du paysage. Elle y est jalonnée d’installations sportives et d’espaces ludiques. Nous en avosn prfiter pour faire le tour du parc de Sceau et rejoindre les lacs indiqués à partir du chemin principal.
Ces installations sont telles, et le chemin goudronné pour vélo est si net, que je me demande si cette coulée verte assure effectivement la fonction écologique initialement prévue, à savoir servir de corridor entre les forêts et les espaces verts pour le déplacement des espèces qu’ils abritent et relier les populations animales…
Toutefois, ce modèle d’urbanisme fait rêver. Un monde sans voiture ! Pas de stress et de danger à l’approche de la moindre carrosserie, pas de route dont la largeur entaille le paysage comme une cicatrice purulente. Les habitations et les entreprises trouvent leur place le long de ce réseau de corridors et on se prend à rêver d’une ville-jardin, sans voiture, juste des piétons, des vélos et autres modes de mobilité douce.
Avec un peu d’imagination et malgré ses défauts (manque d’ambitions ?) ces lieux font penser à la vision du « paradis » des anciens : les Champs Élysées. Je ne parle pas de l’affreuse et mal famée avenue du VIIIe arrondissement de Paris, mais des vrais Champs Elysées : Ἠλύσιον πέδιον où les héros et les gens vertueux passaient leur temps dans l’Hadès, ce lieu de bonheur décrit comme le premier cercle des Enfers par Dante.
Le sentiment de liberté et de sécurité qui jalonne le parcours mérite d’imaginer, ne serait-ce qu’en plus du maillage routier existant, un réseau national de coulée verte assurant une fonction écologique ET des espaces de transports doux et de loisir pour les hominidés. Tiens, n’est pas là justement le projet de trame verte décidée lors du Grenelle Environnement ? Espérons…
21:25 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coulée verte, trame verte, transport, nature, écologie, environnement, mobilité
10 mai 2008
nouvel ami

une nouvelle variété de kuhli pour mon groupe. Transparent
11:55 Publié dans l'almanach | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08 mai 2008
Sociologie du développement durable

Photographie : Olivier Martin Delange
Les enquêtes ont ceci de bon qu’elles permettent une perception sociologique des attitudes. Bien sûr, il s’agit de données déclaratives, et les enquêtés ont tendance à exagérer leur vertus… mais les ordres de grandeurs restent des paramètres indicatifs.
Par exemple, l’une des dernières enquêtes de l’institut de sondage TNS SOFRES porte sur le développement durable*. Si les niveaux de réponses sont conformes aux attentes, les disparités selon l’age et l’habitat, quant à elles, peuvent surprendre.
Les plus enclins à effectuer les « gestes verts » sont les catégories les plus âgées et les plus rurales… On est loin du « bobo » du XVIe ! C’est encore plus ironique quand on songe que jusqu’à récemment, c’est la génération actuellement à la retraite et ce sont les populations rurales ou de zones peu denses qui assument historiquement le plus lourd bilan en terme de pollutions de tout ordre et en terme de CO2… (Chauffage individuel, assainissement individuel, choix technologiques, et période aux véhicules, maisons, process industriels et électroménagers plus polluants et moins performants)
Pourquoi ces disparités ?
- Concernant les zones de résidences, on peut penser que la proximité de la nature est un facteur de sensibilisation important, mais pas seulement… C’est aussi probablement une question de place ! Les zones d’habitat individuel sont plus simple pour mettre en place les systèmes de collecte sélective des déchets, et donc, l’expérience des populations concernées est plus importante. Par ailleurs, il faut de la place pour stocker plusieurs poubelles différentes, les piles pour plus tard, le compost dans un coin etc.…
- C’est aussi probablement une question de sous… les plus hauts salaires sont concentrés dans les zones les plus denses. Observer un comportement économe sur l’eau et les énergies correspond aussi à un besoin de maîtrise des dépenses.
- Concernant les personnes les plus âgées, on peut penser que c’est aussi une question de temps. Prévoir son cabas pour ses courses, aller chez le commerçant du coin qui dispose d’un conteneur pour les piles usagées etc.
Exemples de réponses……………………………………….
Les gestes pour la protection de l’environnement
Utilisation de sacs plastique : de fortes disparités selon les catégories d’agglomération
« Vous personnellement pour participer activement à la protection de l’environnement, faites-vous déjà ou seriez-vous prêt(e) à ne plus utiliser de sacs en plastique lorsque vous faites vos courses ? » –
% de réponse « Vous le faites déjà systématiquement »

source : TNS SOFRES 2008
Les gestes pour la protection de l’environnement
« Vous personnellement pour participer activement à la protection de l’environnement, faites-vous déjà ou seriez-vous prêt(e) à rapporter vos piles usagées chez les commerçants concernés ? A prendre des mesures pour économiser l’électricité ? A ramasser un plastique ou un carton qui traîne par terre ? »
% de réponse « Vous le faites déjà systématiquement »

source : TNS SOFRES 2008
* Les français et le développement durable
Enquête réalisée du 07 Janvier 2008 au 03 Mars 2008 par téléphone auprès d’un échantillon national de 4667 individus âgés de 15 ans ou plus
20:45 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : développement durable, environnement, enquête, opinion, action, sociologie, nature
06 mai 2008
Comme un oiseau sur la branche ?

Photographie : Olivier Martin Delange
Enfant, je rêvais de devenir ornithologue. On me disait alors que ce n’était pas un métier… on m’avait mal renseigné. Si je ne regrette pas d’avoir opté pour des activités plus transversales, je n’en ai pas moins conservé le goût pour l’observation de l’avifaune.
Hélas, de déménagement en déménagement, pour des villes de plus en plus grandes et des zones de plus en plus centrales, je me suis éloigné des lieux propices à la fréquentation d’un nombre d’espèce important. Je repense avec nostalgie à l’appartement au cœur de la forêt près de Pforzheim où une multitude d’espèces venait jusque sur le balcon se nourrir au cœur de l’hivers : bouvreuil, geais de chênes, mésange nonette, charbonnière, bleu, noire, à longue queue, sitelle, pinson, verdier, gros-bec, chardonneret, et même des pic épeiche, épeichette ou noir.
A Paris, on se contente de quelques pigeons, moineaux domestiques et corneilles noires… J’entends toutefois les martinets au soir tombant qui font retentir leurs cris stridents.
Pourtant, l’avifaune urbaine n’est pas si pauvre, comme le montre les suivis de leurs populations ou même certains amateurs (voir « oiseaux de paris »). Mais il n’en demeure pas moins que l’avifaune est en déclin prononcé.
C’est d’ailleurs un des indicateurs de biodiversité officiels les mieux renseignés. A partir d’observations sur l’ensemble du territoire, exprimées en pourcentages de variation d’effectif par espèce, certaines sont rassemblées par type afin d’offrir un indicateur global ou agrégé. Il sert notamment à montrer le (non) respect de l’objectif européen de stopper l’érosion de la biodiversité à compter de 2010...
Indice STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs)
Indice base 1 : 1989

(Source : MNHN / CRBPO)
Globalement, les populations d’oiseaux régressent en France, suivant en cela la tendance Européenne (voir ICI), ceci quelque soit leur habitat pour la période 1989-2001. Par contre, depuis 2001, les populations des espèces généralistes tendent, selon l’indicateur agrégé, à augmenter.
Ce point n’est pas anodin, il pourrait témoigner de l’impact du morcellement du territoire et de la diminution de la qualité de l’environnement en général. En effet, les espèces spécialistes, inféodées à un type d’écosystème, sont mises en difficulté par le morcellement de leur territoire. Au contraire, les espèces généralistes parviennent à s’adapter aux différentes composantes de la mosaïque du paysage, et souffrent de moins de concurrences de la part des autres espèces aux effectifs déclinants… Bien sûr, il ne faut pas être monocausaliste en la matière et d’autres facteurs seraient à prendre en compte (changement climatique, pollution, épizootie etc…)
Quoi qu’il en soit, il parait difficile de continuer à dire « comme un oiseau sur la branche » pour suggérer l’insouciance et l’aisance…
Méthodologie de l’indice STOC :
(source : MNHN / CRBPO)
Le CRBPO produit chaque année des indicateurs pluri-spécifiques combinant les indices de plusieurs espèces. Pour calculer la valeur de l’indicateur une année donnée, il suffit de faire la moyenne géométrique des indices des espèces concernées pour l’année concernée. Il faut bien sûr que l’année à laquelle l’indice a été fixé arbitrairement à ’1’ soit la même pour toutes les espèces.
Le CRBPO produit 4 indicateurs, regroupant les espèces selon leur spécialisation par rapport à trois grands types d’habitat. Ces indicateurs sont ceux des espèces spécialistes des milieux agricoles, espèces spécialistes des milieux forestiers, espèces spécialistes des milieux bâtis, et espèces généralistes. Le degré de spécialisation est calculé à partir de la répartition des effectifs de l’espèce (dénombrés par le STOC) dans les trois grands types d’habitat, en proportion de leur disponibilité. Ainsi, si une espèce est plus abondante dans un habitat que ce que prédirait une répartition homogène dans les trois habitats, elle est dite spécialiste de cet habitat. Si une espèce ne présente pas de biais de répartition entre les habitats, elle est classée parmi les espèces généralistes. Au total, 65 espèces sont utilisées pour construire les indicateurs. Elles se répartissent de la manière suivante :
•Espèces généralistes (14) : Pigeon ramier, Coucou gris, Pic vert, Fauvette à tête noire, Hypolaïs polyglotte, Rossignol philomèle, Merle noir, Accenteur mouchet, Loriot d’Europe, Mésange charbonnière, Mésange bleue, Corneille noire, Geai des chênes, Pinson des arbres.
•Espèces spécialistes des milieux agricoles (20) : Buse variable, Faucon crécerelle, Perdrix rouge, Perdrix grise, Faisan de Colchide, Caille des blés, Huppe fasciée, Alouette des champs, Alouette lulu, Pipit farlouse, Bergeronnette printanière, Fauvette grisette, Tarier pâtre, Tarier des prés, Pie-grièche écorcheur, Corbeau freux, Linotte mélodieuse, Bruant jaune, Bruant zizi, Bruant proyer.
•Espèces spécialistes des milieux forestiers (18) : Pic épeiche, Fauvette mélanocéphale, Pouillot de Bonelli, Pouillot siffleur, Pouillot véloce, Pouillot fitis, Roitelet huppé, Roitelet triple-bandeau, Sittelle torchepot, Grimpereau des jardins, Troglodyte mignon, Grive musicienne, Rouge-gorge familier, Mésange huppée, Mésange noire, Mésange nonnette, Grosbec casse-noyaux, Bouvreuil pivoine.
•Espèces spécialistes des milieux bâtis (13) : Tourterelle turque, Martinet noir, Hirondelle de fenêtre, Hirondelle rustique, Rougequeue noir, Rougequeue à front blanc, Choucas des tours, Pie bavarde, Chardonneret élégant, Verdier d’Europe, Serin cini, Moineau domestique, Moineau friquet.
Certaines espèces peuvent être spécialistes d’un habitat au niveau national mais pas au niveau régional, ou inversement. Il est toutefois conseillé de conserver les mêmes groupes d’espèces pour construire des indicateurs régionaux que ceux utilisés au niveau national, pour plus de lisibilité et pour faire des comparaisons plus aisément.
22:40 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, nature, écologie, science, indicateur, biodiversité, oiseaux
03 mai 2008
Attention aux chiffres

photographie: Olivier Martin Delange
La forêt européenne progresse. La France est même bien placée à ce titre. Pour preuve, avec les rares statistiques comparables disponibles, les terrains boisés (bosquets et buissons compris) semblent progresser de plus en plus rapidement en France comme dans l’UE 15.
Cette tendance tient à plusieurs facteurs bien connus, mais ils sont à mettre en regard des disparités que masquent ces chiffres et des évolutions actuelles et futures probables.
France

source : Compendium - Données OCDE sur l'environnement
UE 15

source : Compendium - Données OCDE sur l'environnement
Théorie en U et déprise agricole
On considère communément que la transition démographique s’accompagne d’un phénomène de contraction puis de redéploiement de la forêt. On pourrait le formaliser selon une formule du type :
« (taux d’emploi tertiaire/PIB)*surface du pays corrélée au couvert forestier initial ».
A titre d’exemple, l’Inde est en phase de fin de transition démographique, et comme ça a pu se remarquer pour l’Europe, la forêt regagne du terrain depuis.
En Europe, c’est particulièrement le phénomène de déprise agricole, lié à la réduction de la population agricole et à la PAC, qui ont favorisé le redéploiement des massifs forestiers anciens(Jura) ou la reprise des successions végétales vers la forêt dans des régions qui n’étaient presque plus boisées (Bretagne).
Changements d’allocation des terres et changement climatique
Mais le mitage du territoire, la périurbanisation, le développement des agrocarburants… sont autant de facteurs qui mettent un frein à ce redéploiement forestier qui peut pourtant faire office de puit de carbone efficace.
Le réchauffement global, lui aussi, menace les forêts puisque les essences se renouvellent lentement et leurs aires de répartition ne suivront pas la vitesse du changement climatique sans intervention humaine. Les pieds restant là où les conditions leurs deviennent défavorables, les forêt courent un péril bien réel mais difficile à estimer.
Enfin, il faut se méfier des chiffres agrégés lorsqu’on parle du vivant. Comment quantifier le qualitatif ? En effet, la forêt progresse mais quelle forêt ? Comment est-elle gérée ? Le chiffre global rassemble aussi bien des espaces diversifiés, peuplés de végétation spontanée et bénéficiant d’un fort taux de biodiversité que d’espace planté sur des surfaces immenses de manière linéaire avec les mêmes variétés de la même espèce. L’intérêt écologique de chacune de ces zones boisées est très différent.
23:05 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologien nature, environnement, statistique, forêt, changement climatique















