18 avril 2009

Retenir le printemps

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photographie : Olivier Martin Delange

Les iris sont déjà fanés… les bruyères, les anémones et les prunus aussi… le printemps file à toute allure.
Avec le rythme de travail en cours je n’ai pas eu le temps de profiter pleinement de ces floraisons et je regrette de voir filer à si bon rythme ces événements naturels annuels. C’est rapide à faire peur en fait !
Alors j’ai trouvé un moyen de tricher un peu… multiplier les jardins.

Il y a pour les fous de floraison d’espèce qui durent peu de temps deux solutions cumulables :
- tout d’abord je ne sème pas tout en même temps. Après les balconnières un projet en plein Paris en lien avec l’entreprise où je travail permettra d’avoir semé deux fois cette année des coquelicots par exemple, de telle sorte qu’après une floraison au balcon en avril j’en aurai une dans Paris en juin…
- ensuite je sème ailleurs… chez moi en Alsace la saison avance moins vite, le climat étant légèrement différent et en décalage de quelques semaine par rapport à Paris. De cette manière, alors que mes Iris sont déjà fanés, ceux du jardin de Waldighoffen ne seront en pleine floraison que d’ici deux semaines…

Déméter ne peut pas agir par tout en même temps, n’est pas son passage qui réveille na ture lors de ses pérégrination à al recherche de Perséphone ? Et bien je constate que la déesse met près de quatre semaines pour aller d’Ouest en Est, de Paris à Strasbourg…

13 avril 2009

multi-temporalité

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Le printemps se déploie enfin. J’avais planté il y a un an des rhizomes d’iris. La patience a payé et ils sont enfin fleuris. Sauf que sur le catalogue ils étaient vendus comme noirs…
Qu’à cela ne tienne ils sont très joli et reviendront chaque années embellir les lieux.

La culture est un exercice de patience, particulièrement en ce qui concerne la production fruitière… Il se trouve un splendide cognassier au tronc très ouvragé dans le jardin familial. J’ai eu l’occasion de trouver des photos de celui-ci datant de plus de quarante ans, lorsque cet arbre n’avait que cinq ou six ans, et qu’il était ridiculement petit… C’est toute une vie qui s’est passée depuis et ce n’est que maintenant que l’arbre a atteint la majesté attendue.

Avec ma sœur (laetitiafel.blogspirit.fr) nous concevons un projet de verger bio et son calendrier. Cette fois, c’est sur une dizaine d’année que s’échelonne l’attente entre les semis ou cultivars et les récoltes…

Si en soit se projeter si loin dans le temps (et donc en tentant de tenir compte du facteur changement climatique) est plutôt fascinant, ce projet me renvoie surtout les contradictions de notre mode commun d’organisation. Créer un verger qui fonctionne, c’est avant tout constituer quelque chose qui sera pleinement mature pour d’autres, plus tard, et imaginer des investissements sur des cycles de production si long, c’est un exercice intellectuel très différents de celui généralement en usage dans le monde des entreprises, et particulièrement de la galaxie « communication-media-publicité » où je travaille…

Les cycles biologiques dépassent largement la temporalité des vies humaines, si petites. Nos vies étant si courtes, nous effectuons toutes les torsions possibles pour raccourcir les délais et optimiser les fruits que nous pourrions récolter de notre vivant (au sens propre comme figuré). Cette position entraine souvent des conséquences négatives à moyens termes, critiquées dans un modèle de développement durable. Aussi, se confronter à des cycles naturels contre lesquels nous ne pouvons rien est un rappel de réalité et une leçon d’humilité bien appréciable.