24 mars 2009
Earth Hour 2009
08:58 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mobilisation, nature, environnement
13 mars 2009
Derrière la facade
photographie : Olivier Martin Delange
On parle souvent du marché immobilier qui a atteint des sommets, surtout à Paris, et on en parle d’autant plus en cette période de crise. On critique la démesure des prix, en les comparants aux salaires et aux capacités de financement des ménages.
Ce qu’on dit moins c’est que le prix n’est pas corrélé à la qualité, mais principalement à la localisation et à la superficie.
Ainsi, des ruines à Paris coûtent monstrueusement plus chères que dans bien des villes d’autres régions françaises et pour une superficie moindre !
En fait, l’envolée, somme toute spéculative, des prix de l’immobilier parisien est inversement proportionnelle à la qualité de l’habitat.
Pour être franc, il faut bien reconnaître que Paris tombe en ruine et les niveaux de prix actuels ne permettront pas d’améliorer la décrépitude de la ville.
Prenons un luxueux appartement rue Saint-Louis-en-l-ile par exemple. Niché sur une île de la Seine, en plein cœur de Paris dans un bâtiment historique, avec une vue splendide sur les quartiers les plus agréables de la capitale vous vireriez dans une ruine…
Taux d’humidité et infiltration maximale, vieux immeuble abimé dont plus un mur ou plancher n’est droit, enfoncé dans un sol meuble, constitué artificiellement par la réunion de plusieurs petits ilots que les flots de la Seine visent à éroder et modifier au fil des crues. De plus, vous viveriez dans une passoire énergétique quasi impossible à rattraper ou à isoler, avec des factures de consommation d’énergie à la hauteur de la dépense somptuaire que représente l’acquisition d’un tel bien immobilier.
Aussi, cette inversion de valeur entre le consentement à payer, la forte demande, et la qualité objective du bien immobilier en question n’est elle pas des plus risibles ?
Et bien tant que nos comportements collectifs sur les marchés seront aussi irrationnel je vois difficilement comment nous parviendrons à concrétiser les vaste projets du Grenelle Environnement sur l’amélioration du parc immobilier et de l’habitat en particulier.
20:13 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rénovation, bâtiment, parc, paris, ruine, passoire, objectif, grenelle environnement, nature, urbanisme
10 mars 2009
Le train, révélateur de nature

William Turner, Pluie, vapeur et vitesse, le chemin de fer de la Great Western, 1844
J’ai eu l’occasion de prendre le train assez souvent ces dernières semaines. Je suis un fan absolu des TGV. Je me souviens encore avec émotion des poèmes de Verlaine au sujet de la ligne des réseaux électriques qui signe des paraphes dans le ciel lorsqu’on la contemple depuis un train lancé dans sa course. De la même manière, je me délecte des effets sur le paysage de la pleine vitesse ferroviaire dans la campagne française.
Contrairement aux tristes open field de la Lorraine, j’ai pu retrouver les vallées encaissées du Jura et des Alpes, les flancs de montagne couvert de forêt et les falaises abruptes au dessus de la tête.
Ce type de paysage qui ont bercé mon enfance et qui sont le creuset de tout mon imaginaire me procure un sentiment rassurant d’appartenance à un grand tout que seul la verticalité du paysage me permet d’appréhender.
Parfois même, au fil du voyage, des bouts de paysage des plus simples révèlent une splendeur inattendue d’une délicatesse ineffable. En passant au dessus de l’Isère l’hiver finissant m’a offert une image d’une ineffable beauté, suscitant un sentiment profond mais léger que je ne parviens pas à décrire.
Déjà adolescent je buttais sur la difficulté de mettre en mot ces expériences. Je m’essayais alors à la poésie de paysage parce que la prose ne me semblait pas assez noble pour les décrire. Dans ma thèse de philo j’ai cherché à montrer que les arts plastiques ne suffisent pas et ne parviennent pas à rendre justice aux beautés de la nature commune, concluant que seule l’expérience personnelle directe de la nature permettait d’appréhender ce que je cherchais à expliquer.
Aujourd’hui encore j’ai eu cette sensation d ‘incommunicabilité et je ne pourrais ici que vainement décrire la vision qui m’a tant ému. Sortant d’une zone sans vue sur le paysage, subitement en contrebas est apparue l’Isère, d’un vert invraisemblable. L’eau semblait pure, la visibilité descendant assez profondément, mais elle était d’une couleur que je n’avais jamais vue : un vert émeraude invraisemblable. La couleur était d’autant plus saisissante que ce ruban vert puissant serpentait entre des restes dressés de graminées d’un jaune presque blanc dans la lumière matinale, flanqués d’un forêt de feuillus dépouillée par l’hivers et enserrée par les montagnes comme dans un écrin. La composition de cet ensemble dégageait une force saisissante. L’émanation de vitalité de la rivière renforcée par l’immobilité du paysage transit par l’hiver avec un ciel d’un bleu limpide presque pastel au dessus m’étourdissait.
Enivré par cette simple vision que quelques minutes j’ai passé la journée comme porté par une force invisible. Touché par Gaïa de bon matin la journée s’est écoulée avec la douce détermination des flots de l’Isère…
22:45 Publié dans esthétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paysage, esthétique, verte, isère, eau, train, voyage, vue, expérience, émotion
























