22 février 2009
Du monde vécu
photographie : Olivier Martin Delange
Il y a des moments où on est bien obligé de se rendre à l’évidence. Rien de ce que nous faisons n’est parfaitement rationnel et ad hoc. Chacun de nos choix sont le résultat d’une histoire. Trop souvent dans l’Histoire, des idéologies, philosophies ou religions sont parties de l’humanité telle qu’elle devrait être plutôt que des hommes et des femmes tels qu’ils sont. Cette erreur initiale a déjà couté cher et je crois que c’est là la différence entre un développement durable et l’écologie profonde.
Si je suis sensible aux arguments de la deep ecology, si je peux paraître radical et si je tenterais toujours de défendre la vie et les intérêts de la biodiversité je ne me fais aucune illusion sur l’acceptabilité du changement et la façon dont il est réaliste ou ne l’est pas. Ce n’est pas composer avec sa conscience ou faire des concessions, au contraire, c’est faire preuve de pragmatisme et donc favoriser l’efficacité. Mieux vaut de petites victoires et persévérer que des grands échecs… Le but reste commun à tous les écologistes, défenseurs de l’environnement ou tenant du développement durable, mais la méthode diffère.
Si les démarches de développement durable incluent les facteurs humains et économiques ce n’est pas un hasard et ce n’est pas non plus en faveur de l’un plus que de l’autre de ces aspects. Il s’agit au contraire d’être réaliste et de comprendre que comme l’écologie scientifique nous l’apprend tout est inclus dans un système commun et nous ne pouvons pas traiter les questions séparément sans générer des effets pervers ou des incohérences.
Afin que notre environnement naturel puisse être sauvé ou même, je l’espère, amélioré, cela ne peut pas se faire sans y affecter les moyens nécessaires et en promouvoir les bénéfices pour l’aspect économique et cela ne peut radicalement pas se faire sans la participation et l’assentiment des 6.7 milliards d’humains qui quadrillent la planète.
Au risque d’être cynique et pour aller jusqu’au bout du raisonnement oui il y a un risque d’échec, évidemment, mais la vie ne s’arrêtera pas. Même dans le pire des scénarios, le pire des cataclysmes environnementaux la planète changerait beaucoup et mettrait longtemps à retrouver la même vitalité, sans humains pour le coup, mais l’humanité n’a pas la capacité de détruire la vie. Par contre détruire la majeur partie de la biodiversité actuelle oui.
Ceci posé, tentons le coup avec pragmatisme parce que ce n’est que si le développement durable est une aventure humaine que nous parviendrons à avancer.
Pour ma part, c’est aussi partager au quotidien une expérience de vie, avec ma famille et mes collègues bien sûr, mais surtout un questionnement et une remise en cause permanente avec Olivier avec qui construire une réflexion commune sur l’environnement, notre expérience de celui-ci, et la place de nos aventures personnelles dans « le grand tout lié » comme dirait notre modèle Alexandre de Humboldt…
Dans ce contexte on ne peut pas négliger ni même sous estimer l’importance de l’expérience esthétique de la nature, et confronter le regard d’esthète et la sensibilité de la démarche d’Olivier en l’occurrence avec mes habitudes d’interrogation permanente de philosophe. C’est une aventure passionnante, alors vivement ce printemps et la disparition de tout les maux de cet hiver difficile pour que nous reprenions le chemin de la forêt ensemble et pour que nous dissertions dans notre environnement naturel.
01:36 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : deep ecology, monde vécu, environnement, philosophie, développement durable, nature, pragmatisme, efficacité, acceptabilité























