24 janvier 2009

Le pays de l’art environnemental

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photo: Jaakko Pernu
Vagrant, Kotka 2001, willow / paju,
korkeus 8,2 m
Works: Vagrant, 2001
Location: Kotka
Material: natur willow / paju

Ce tas de bois brut empilé, malgré son aspect totalement naturel n’en est pas moins un symbole de l’humanité. L’objet représenté (une toupie) et la place de l’œuvre n’ont de sens que pour l’homme. Le choix de matériaux bruts renforce l’idée que même la plus insignifiante de nos actions dans le paysage n’en marque pas moins une empreinte typiquement humaine.

C’est l’appel du Nord. Les immenses forêts de conifères, les hivers rudes, des espaces immenses, peu d’habitants et un haut niveau de vie. D’ailleurs, la qualité de ces pays est telle que je suis surpris qu’ils ne soient pas pris d’assaut par les autres européens !
La Scandinavie, terre de Mies van der Rohe et plus tard berceau des influences de la HQE, terre de légendes païennes et de cieux aux lumières incroyables, c’est la patrie de l’art environnemental.
Trop discret peut être, plein de subtilité et d’humour, les artistes scandinaves qui travaillent sur notre relation contemporaine à l’environnement me semblent être en avance sur leurs camarades européens et j’espère que les français, allemands, espagnols ou italiens renoueront avec la tradition ancienne du voyage d’apprentissage des jeunes artistes. Cette fois, au lieu de traverser les Alpes vers le Sud, invitons les à suive la lueur de Vénus…
A défaut du déplacement, un site rassemble ces œuvres : environmentalart.net

21 janvier 2009

L’anti-écolo de l’année !

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source : culture 11

Contrairement aux habituels candidats malheureux à la vice-présidence US, Sarah Paulin ne disparaît pas des médias, mais pas forcément à son avantage ! En recoupant les articles rédigés sur la gouverneur de l’Alaska, on peut sans risque de se tromper la désigner comme la personnalité la moins eco friendly de l’année !

Pourtant c’était bien parti. La première fois que j’ai vu son minois sérieux de belle jeune femme dynamique, un complément parfait du profil du chevronnée McCain je me suis dit que c’était foutu pour les démocrates…mais heureusement pour ces derniers, la première image était incomplète et lorsque la dame a pris la parole s’en fut terminé de son capital sympathie.

Dernière exaction invraisemblable en date relevée dans la newsletter de Gondwana Agency, Sarah Palin menace d’intenter un procès afin d’empêcher l’inscription du beluga, (petite baleine blanche), dans la liste des espèces menacées des Etats-Unis. Pourtant, cette espèce est indubitablement en danger, avec des effectifs dans le du Golfe de Cook qui sont passés de 1300 individus il y a 30 ans, à 375 par exemple… Cette affaire n’est pas sans précédent puisqu’ « il y a quelques mois, un procès a déjà été intenté par le gouvernement d’Alaska pour ne pas inclure les ours blancs sur la fameuse liste » comme le relève Gondwana. L’agence en conclue évidemment que Sarah Palin « cherche ainsi à préserver les intérêts commerciaux d’une zone riche en pétrole et en gaz »

On pouvait s’en douter, puisque ce procès absurde n’est que l’aboutissement d’une longue liste de propos invraisemblables du point de vue environnemental ou même scientifique.
Souvenons-nous du sac cabas "real women hunt moose", soit "les vraies femmes chassent l'élan".

ou des propos qui niaient la responsabilité des hommes sur le réchauffement climatique, celle qui se considère comme un pitbull avec du rouge à lèvres n’est pourtant pas l’ami des animaux !

Enfin, par deux fois, Sarah Palin a montré son inconsistance et une inculture scientifique inquiétante en particulier lors d'un discours sur les dépenses pour la recherche scientifique et d'arrêter d'en verser dans des projets qui, selon elle, «n'ont pas grand chose ou rien à voir avec le bien public. Comme des recherches sur la drosophile à Paris, en France». Pourtant objet de recherche essentiel en biologie moléculaire aux implications pratiques ultérieures fondamentales, notamment en génétique et en médecine.

Summum de la stupidité, si toutefois cette allégation est vraie, relayée par le Los Angeles Times le 29 septembre dernier. Le quotidien californien cite un certain Philip Munger, ancien professeur dans un lycée de Wasilla, « qui affirme que Sarah Palin lui aurait confié en 1997 qu'elle croyait que les dinosaures et les hommes avaient vécu en même temps sur Terre, il y a six mille ans »… ce n’est jamais qu’une erreur d’environs 55 millions d’années… et au passage une idée qui fleure bon le créationnisme…
J’avais une très belle image des habitants de l’Alaska… j’espère que leur représentante élue n’est pas représentative !

17 janvier 2009

artiste : Herman de Vries

Herman de Vries
Allemagne
Né en 1931 à Alkmaar (Pays-Bas)
Galerie : Aline Vidal

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Image Wikipedia

Il faut bien que j’avoue : si je ne devais en retenir qu’un seul, ce serait celui là : Hermas de Vries, un artiste complexe, drôle, provocant et sensible qui a consacré sa vie à la compréhension de la nature. Et c’est là aussi toute la différence égotiste par rapport à la plupart des autres artistes : Herman de Vries n’a pas pour but d’être artiste, il a pour but d’expérimenter intimement la nature. L’art n’est qu’une des formes de restitution de cette expérience. Ses œuvres sont une invitation, parfois une démonstration, mais jamais une fin en soit.
Notons en passant un fait qui peut sembler anodin mais qui fait au contraire d’Herman de Vries un véritable écologiste : il ne recherche pas la beauté formelle systématiquement, et valorise au contraire la biodiversité commune, celle, toute simple, d’un sous-bois qui n’a rien de spectaculaire ou d’une pelouse qui n’a rien de jolie au sens urbain du terme. Mais il sait nous montrer combien ces endroits sont riches de vie et combien ils se révèlent un terreau fertile à la diversité dès lors que nous les laissons en paix.

Travail
Après une formation scientifique (dont l’horticulture) dans les années 1950 et une pratique de l’art abstrait dans les années 1960, Herman de Vries se consacre à l’esthétique du monde végétal depuis les années 1970. Originaire des Pays-Bas, l’artiste vit et travail dans le sud de l’Allemagne. L’artiste met en place un imaginaire propre au modèle végétal écologique. Il réalise des « sanctuaires », délimitation d’espace sans intervention humaine laissé à la végétation spontanée. La biodiversité à l’intérieur de ces espaces est supérieure à celle de l’espace alentour. L’artiste milite également pour la valorisation esthétique de la nature elle-même au détriment de ses représentations. Il réalise ainsi des œuvres qui présentent des éléments naturels ou met l’art dans la perspective de la réalité physique de ce qu’il représente, comme ses prélèvements de terre de la Montagne Sainte Victoire en regard de l’œuvre de Cézanne.

Objectifs
Herman de Vries affirme qu’ « Il ne s’agit pas tant de représenter que de documenter la chose elle-même : je ne fais que des citations de la nature ». Sur la base de ses connaissances agronomiques, sur les vertus médicinales, nutritives ou hallucinogènes des plantes dont nous dépendons, mis en regard avec le constat d’une perte de connaissance du monde végétal du grand public occidental, l’artiste milite pour mettre en avant les relations entre notre espèce et le monde végétal, conditions sine qua non de vie, une relation symbiotique, mais aussi cadre d’un imaginaire aux racines profondes.

Œuvres
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Dans Flora incorporata. Ich bin was ich bin, un livre d’artiste, Herman de Vries référence 484 noms de plantes qu’il se souvient avoir pris dans son corps. Herman de Vries propose la biodiversité du monde végétal et la diversité de ses propriétés comme raison suffisante à l’expérience esthétique, de telle sorte que seules des notions scientifiques couplées à une expérience esthétique permet d’accéder à la perception de ce nouvel imaginaire végétal avec le réel comme étalon.
Avec le « Sanctuaire » de Münster, cercle de briques de 3 mètres de haut et 14 de diamètre bâti en 1997, Herman de Vries fait la démonstration de la richesse de la végétation spontanée avec 3 variétés de plantes autour du sanctuaire et 24 à l’intérieur. Cette réalisation valorise la nature spontanée et milite pour limiter les interventions humaines dans la gestion des espaces verts. De façon endogène dans le livre et exogène dans le sanctuaire, Herman de Vries propose la biodiversité du monde végétal et la diversité de ses propriétés comme raison suffisante à l’expérience esthétique. Dans cette perspective, seules des notions scientifiques couplées à une expérience esthétique permettent d’accéder à la perception de ce nouvel imaginaire végétal avec le réel comme étalon.

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Une pique sur laquelle le mot “silence” est gravé en lettres d’or. Cette inscription fait partie du projet traces (CAIRN) ; elles sont gravées dans la pierre à des endroits choisis par l’artiste dans la Réserve Géologique..

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The Unpainted Landscape 1987…

Dernières présentations en France :
25 sept. - 07 nov. 2008, Paris. Galerie Aline Vidal
Biennale internationale d’art contemporain de Melle 2007, « Eau, air, terre : La sagesse du jardinier », 24 juin – 2 septembre 2007, Melle, Poitou-Charentes

16 janvier 2009

artiste : Alexis Rockman

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image : Manifest Destiny, 2004
source : Indiana University

J'ai toujours beaucoup de plaisir à consulter les oeuvres d'art figuratives, devenues relativement rares dans l'art contemporain. Et lorsqu'elles concilient réflexion sur les enjeux du développement durable et méthode d'anticipation rigoureuse à la SF avec un style onirique on comprend que l'artiste soit très en vue !

Travail
Alexis Rockman est un artiste américain contemporain dont les peintures dépeignent la relation précaire entre l'homme et la nature. Formé à la School of Visual Arts, ses oeuvres sont riches en information sur la manière dont notre culture perçoit et interagit avec les plantes et les animaux, ainsi que le rôle que joue la culture en influant sur l'histoire naturelle. Alexis Rockman propose une vision prospective des conséquences à long terme du changement climatique et des biotechnologies. Pour construire ces représentations avec exactitude, l’artiste collabore avec des scientifiques. Alexis Rockman vit et travaille à New York.

Objectifs
Alexis Rockman explore notre contrat biologique et notre relation historique avec l’environnement et son évolution. Son objectif est de réconcilier les politiques et les comportements humains avec un contrat biologique juste qui noue lie à l’environnement. L’artiste conçoit son travail en réponse aux deux plus importants problèmes de la planète, que sont le réchauffement climatique et la révolution biotechnologique.
Œuvres
Nombres de ses toiles illustrent le futur probable de lieux symboliques. Comme Hollywood en 2005, Manifest Destiny, 2004, illustre les conséquences de la révolution industrielle 3000 ans dans l'avenir. En concertation avec des experts dans divers domaines, Alexis Rockman illutre lefutur de New York avec des animaux et des plantes tropicales, et les résultats de manipulations génétiques. Cette oeuvre fut d'abord la exposée d'avril à septembre 2004 au Brooklyn Museum of Art de Brooklyn à New York.

J'ai déjà présenté cet artiste sur notre site associatif COAL.
Galerie de l'artiste : Leo Koenig Inc.

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13 janvier 2009

artiste : Minerva Cuevas

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Travail
L’artiste mexicaine Minerva Cuevas est une artiste tenante de l’art conceptuel. Formée à la Escuela Nacional de Artes Plásticas. UNAM (1993-1997), elle est connue pour la recherche sociale et politique qui guide ses projets généralement développés comme des interventions spécifiques à chaque site. Sa production comprend des installations, des vidéos et des œuvres photographiques ou graphiques ainsi que des lectures publiques engagées. Elle est la fondatrice de Mejor de la Vida Corp (Entreprise pour une vie meilleure, 1998) et membre de Irational.org. Créé en 1998, Mejor Vida Corporation (Entreprise pour une vie meilleure), est une société non lucrative de “services microéconomiques”. Elle propose ainsi des services, se sert entre autres d’images ancrées dans l’inconscient collectif pour détourner des logotypes et des slogans. Ces propositions simples, adaptables au quotidien, au profit de valeurs égalitaires, ne sont possibles que dans le milieu artistique, espace de liberté et de débat qui semble pouvoir valider ces revendications et offrir une visibilité à la création. Elle vit et travaille à Mexico.

Objectifs
Son œuvre dénonce les conséquences sociales et environnementales des systèmes économiques mondiaux. Son œuvre engagée prône l’action locale et l’équité dans la redistribution des flux économiques.
Œuvres
Cuevas a été récompensé par le DAAD à Berlin (2005) et faisait partie du programme de résidence Delfina Studios à Londres (2001). En 2007 elle a été exposée en Allemagne, au Brésil, au Mexique et en Suisse. En France, elle a participé en 2007 à la biennale d’art contemporain « Estuaire 2007. 2009. 2011 Nantes <> Saint-Nazaire ».

Dans ses détournements de logos de grandes marques, Minerva Cuevas reprend les couleurs, le graphisme et la mise en page à l’identique, mais le nom de la marque et les messages sont modifiés pour pointer avec ironie les coûts externes ou les inégalités des marchés correspondants à ces marques.

voir ses sites : ICI

récap sur son oeuvre sur "Egalité" : ICI

12 janvier 2009

Le changement est-il amorcé ?

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photographie : Olivier Martin Delange

Depuis trois ans que l’on observe une inflation du thème du développement durable dans les médias (et pas qu’en France) on est passé du catastrophisme horrifié, au pragmatisme résigné.

Les sujets sont complexes : changement climatique, perte de biodiversité, mondialisation, économie solidaire, gouvernance mondiale etc… et malgré des médias qui ne font pas souvent dans la pédagogie, mais plus dans le sensationnel, malgré des problématiques qui demandent de considérer des données factuelles et des chaines de causalité complexes et non linéaires, le grand public ne semble pas s’être lassé. Il n’y a qu’à regarder les ventes des ouvrages sur le thème.

J’entends même mes proches, parfois éloignés du sujet, me prendre en défaut, enrichir mes réflexions ou proposer d’aller plus loin encore que ce à quoi je songeais. Maintenant on se challenge les uns les autres à longueur de temps et ça deviens vraiment stimulant.

Surtout, et ça c’est le vrai signe de changement, le grand public ne se fait plus avoir par ce qui a l’air écolo et comprend qu’entre un gobelet en plastique ou en carton le choix ne se limite pas à la matière première, mais il faut aussi tenir compte de son origine, de sa fabrication, de son transport et de son devenir. Si est acquise la notion de cycle de vie et l’idée que n’est pas écolo ce qui en à l’air, que tout est relatif à chaque situation, c’est une superbe nouvelle. Cet état d’esprit diffusé au plus grand nombre est une victoire sans conteste de la sensibilisation.

Cela établi, la voie est ouverte pour que des progrès collectifs significatifs soient constatés bientôt. Non ?

10 janvier 2009

Complément de réflexions

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photographie : Olivier Martin Delange

On critique souvent les discours écologistes pour leur pessimisme et leur catastrophisme. De manière inaccoutumée et certes rafraichissante le dernier Monde 2 propose des textes optimistes, de façon un peu poussive parfois, probablement pour maquer une rupture avec les tonalités habituelles.
Alors, oui, évidemment on peut nourrir sur Terre 8, 9, 10 ou peut être même 15 milliards d’humains sans détruire la planète pour autant. Mais quel est le modèle social correspondant ? Quel style de vie ?
Passer un certain seuil, la rationalisation et l’amélioration des modes de cultures ne suffira pas. Passé un certain seuil les ressources mondiales à partager ne croissent pas exponentiellement et les partager à 9 milliard au lieu de 6.7 ou 4 ne donne pas des parts équivalentes ! Le monde à 10 milliards n’est pas le même et si on n’atteint pas forcément et pour tous un monde de rationnement (et de végétarisme obligatoire), il n’en demeure pas moins que les modèles sociaux, politiques et économiques possibles ne sont pas les mêmes, nous n’aurions pas la même vie.
En effet, exemple de principe : si on doit disposer d’un parc de voiture à 120 g CO2/km au lieu de 160 mais avec un parc d’un milliard de véhicules au lieu de 500 millions l’environnement est au final perdant…
Aussi je crois que les défenseurs de la responsabilité démographique à 2 enfants par femme ou moins ne songent pas qu’à la survie de l’humanité et ses écosystèmes, mais aussi à la qualité de vie possible et au niveau de développement accessible pour chacun.

Il y a aussi une question de vitesse de l’augmentation démographique et de l’amélioration du niveau de vie du plus grand nombre. Les équipements industriels ne poussent pas comme des champignons et la transition vers un modèle plus efficace et plus durable prendra hélas du temps, même si évidemment la composante « motivation » joue aussi un part importante dans ces délais.

En fait même si on se réjouit d’apprendre que les actions sociales de défense du droit des femmes, de promotion de la scolarisation etc… montre des résultats encourageants sur la démographie apte à faire éviter le pire à la planète, il faut bien comprendre ce que cette baisse (positive) implique :
Si à termes cela implique une baisse de la population mondiale, puis sa stabilisation, à un niveau permettant un modèle démocratique et de diversité de choix de vie suffisant, il y a un passage difficile à venir.
En effet, le vieillissement de la population compense la baisse de la natalité et masque le déséquilibre des générations avec des chiffres de total de population qui augmentent plus vite que la population ne se reproduit. Ce déséquilibre a des impacts économiques et sociaux que nous devrons gérer. Si c’est le prix à payer pour atteindre un niveau de maturité démographique apte à ouvrir vers un modèle de développement durable mondial nous devons sereinement relever le défi, mais surtout ne pas tomber dans le travers qui consisterait à promouvoir la natalité pour compenser ce déséquilibre générationnel et louper ainsi l’opportunité de s’épargner un premier problème qui était annoncé de longue date : la démographie !

04 janvier 2009

NUKE : l’écolo haut de gamme ?

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Intuitivement, on peut dire qu’il y a deux grandes catégories de pollueurs particuliers. On peut diviser la population selon le revenu disponible des ménages par tranche de population (les 9 déciles). Si à cette catégorisation on apposait la pollution par tête on obtiendra quelque chose de l’ordre suivant :
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Les populations les plus pauvres sont prisent en otage en payant des factures de consommation d’énergie très chères mais sans pouvoir réaliser les investissements qui leur permettraient d’en amoindrir les volumes. De même pour leurs courses de tous les jours, les prix les plus bas correspondent souvent à du dumping environnemental : des biens ou aliments produits à bas coût parce que sans attention aux conséquences environnementales et au détriment de la juste rétribution sociale.
Les catégories les plus riches par contre peuvent plus aisément bénéficier de produits bios (encore bien souvent plus onéreux) et de systèmes et équipements à meilleure efficience énergétique, mais comme leur consommation par individu est plus élevée, la pollution totale par individu n’y est pas forcément meilleure…

Si pour les premiers déciles un effort collectif et public doit être engagé afin de démocratiser l’efficience énergétique d’une part, et d’autre part afin de remettre à un niveau réellement comparable le coût global des produits de grandes consommation en luttant contre le dumping environnemental, les catégories les plus hautes peuvent par contre agir seules et tout de suite.

Les personnes sensibles au luxe, à l’art, à la mode ou au bien être ont toutes les raisons du monde de s’intéresser au monde durable ! D’ailleurs, ce petit monde à tendance bobo a sa revue : NUKE sous titré le magazine de la génération polluée. Cette édition luxueuse regroupe des œuvres d’art contemporains phares du moment relatives au thème (différent) pour chaque numéro et des textes courts, enlevé, expérimentaux énigmatiques ou scientifique signé de personnalité aussi diverses que des critiques d’art, jeunes auteurs, scientifiques ou philosophes. NUKE est également une galerie d’art parisienne.

Histoire d’apprécier du beau haut de gamme tout en se sensibilisant sans la tonalité descriptive ou catastrophiste et militante récurrente, sans les articles « recette de grand-mère » et « éco-geste » NUKE est la seule référence à ma connaissance. Un regard vraiment différent.

Il est contradictoire d’inciter à un achat mais pour 10€ on peut se le fournir dans les librairies suivantes :
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Pour les autres adresses et à l’étranger : ICI

03 janvier 2009

France, terres de biodiversité ?

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photographie : Olivier Martin Delange

La diversité biologique et les ressources naturelles vivantes produites par les écosystèmes contribuent directement à plus de 40% de l’économie mondiale selon le Millenium Ecosystem Assessment . Dans son quatrième rapport « GEO-4 », le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) rappelle que les espèces meurent cent fois plus vite que le rythme identifié par les études de fossiles. En 2007, 12% des oiseaux, 23% des mammifères et plus de 30% des amphibiens étaient menacés d'extinction dans le monde Selon l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature et de ses ressources (UICN). Les données les plus récentes ne sont pas plus optimistes…

Les outils économiques et les réglementations se mettent progressivement en place, sur le modèle de ce qui a été réalisé pour les Gaz à Effet de Serre. Les deux thématiques se recoupent. Par exemple le Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF), doté de 160 Millions de dollars en décembre 2007, vise à récompenser financièrement la "déforestation évitée". Les « projets domestiques » en France rendre possibles de tels initiatives.

L’Europe est également concernée par cet enjeu. La Convention sur la diversité biologique Fixe depuis 2002 pour objectif l’arrêt de l’érosion de la biodiversité pour 2010. Ainsi par exemple, la France est menacée de 100 000 euros d’astreinte journalière pour le grand hamster d’Alsace depuis décembre 2007 au titre de la directive « Habitat ». Le crapaud vert, le vison d’Europe et de la tortue d’Hermann sont dans des situations tout aussi critiques.

La France est particulièrement concernée par la question de la biodiversité avec :
• 4 régions biogéographiques européennes sur 9
• 7 régions mondiales en comptant les DOM-TOM
• 5 des 25 « points chauds » terrestres de biodiversité,
• 2 des 10 « points chauds » marins de biodiversité, 10% des récifs coralliens mondiaux,
• 136 des 218 habitats d’intérêt communautaire européens sont en Métropole
• 15,4 millions d’hectares de forêt en métropole
• 8 millions d’hectare de forêts primaires
• 378 espèces animales et 486 espèces végétales menacées en France métropolitaine
• 900 espèces menacées au niveau mondiales vivent sur des territoires français (DOM-TOM inclus)

Les annonces nationales se sont accumulées ces derniers mois et augures l’intégration de la problématique biodiversité par l’ensemble des acteurs économiques. Sont par exemple annoncée depuis le Grenelle environnement (groupe 2) :

• l’utilisation effective des Plafond Légal de Densité (PLD, 1975) tombés en désuétudes
• une Trame verte national qui structure l’aménagement du territoire (2009-1012),
• un critère biodiversité et GES dans les Dotation Globale de Fonctionnement des Collectivités locales,
• un projet de taxes sur la consommation d’espace naturels et des ressources vivantes,
• un projet de taxe sur le m2 imperméabilisé,
• un projet de taxe sur le changement de destination des sols
• une obligation d’information sur la biodiversité (en plus des GES et de l’eau) pour les entreprises.

Espérons que le travail commence enfin ! Mais par quel bout prendre le problème ? En sus de la recherche fondamentale en biologie, écologie et même géologie, des axes de recherches complémentaires permettront de mettre sur pied les outils de régulation, de contrôle et de promotion de la protection de la biodiversité. Et il y a urgence ! Les sujets ne manquent pas et voici les principaux pour lesquels les recherches ont commencées :

Poids économiques de la biodiversité
Services éco-systémiques, rendement et matières premières, résistance aux catastrophes naturelles, prospection pharmaceutique

Les systèmes de compensation et de quotas
Les modèles aux USA (Mitigation Bank et Conservation Bank), en Australie (Bush Tender, Bush Broker) au Canada (Fisheries Act), en Suisse (loi fédérale pour la protection de la Nature et des Espaces).

Les indicateurs de biodiversité
Conception et modèle. Indicateurs pour les reportings des entreprises, indicateurs économiques et indicateurs écologiques pour les quotas et compensation.
NB : Le collège employeur a souligné l’intérêt du développement des indicateurs de biodiversité pour les entreprises dans le cadre du Grenelle environnement.

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