30 décembre 2008

De l’usage de la beauté

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photographie : Calendario Romano

Jusqu’ici nous avons essentiellement parlé de la beauté de la nature, une fois même de la beauté du diable ! Mais une initiative pour le moins surprenante nous invite à considérer une autre forme de beauté…
Il est d’usage d’offrir un calendrier en cette période de fin d’année. Cette fois ce ne sont pas les traditionnels calendriers de la Poste, au charme inénarrable, ni les musculatures des rugbymens qui ont retenu mon attention mais des séminaristes de l’Eglise Catholique ! Le Calendario Romano n'est pas une publication officielle du Saint-Siège mais tous les "mannequins" qui ont posé sont d'authentiques ministres du culte qui se sont portés volontaires.

L'ouvrage, qui se vend six euros pièce à Rome et est disponible sur internet pour huit euros, regorge aussi d'informations pratiques sur les musées et monuments de Rome. Ils ont même un groupe sur facebook !!!!

J’avoue que l’homme en couverture donne fichtrement envie d’entamer une douloureuse discussion théologique afin de lui faire quitter son sacerdoce… ma grand-mère paternelle y est parvenu avec mon grand-père alors aumônier militaire après tout… Mais déjà user de sa beauté naturelle pose question quand à une Eglise dont ce n’est pas une caractéristique, loin s’en faut.

Cette révolution en augure peut-être d’autres, j’espère, car les religions monothéistes, totalement anthropocentriques, ne sont pas étrangères aux comportements destructeurs que nous avons déployés contre notre environnement. La vision offerte par la Genèse de l’homme « aboutissement » d’une Création dont il dispose selon son vouloir est tout simplement une horreur écologique. J’espère que d’autres interprétations sont proposées par les exégètes, même si ce n’est pas le dogme qui m’a été présenté au catéchisme.

Le Vatican multiplie les signes en faveur de l’écologie, par des discours, mais pas seulement, le Saint-Siège s’est effectivement doté de panneaux solaires très récemment. Toutefois, le facteur majeur de la crise écologique en cours reste notre démographie galopante, hélas la contraception restera encore pour longtemps le sujet tabou.

« Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-là ; ayez autorité sur les poissons de la mer et sur les oiseaux des cieux, sur tout ce qui est vivant et qui remue sur la terre (Genèse 1,28) ». Les conséquences de cette phrase abominable sont incalculables.

un diaporama du Calendario Romano est visible ici.

L’homo sapiens, destructeur inné ?

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photographie : Olivier Martin Delange

On a déjà pu évoquer ici la destruction de toute la mégafaune en 40 000 ans d’invasion de la planète par notre espèce. On rappellera au passage que les paysages d’Australie glorifiés dans la fresque épique Australia sont le résultat des gigantesques incendies utilisés par les aborigènes dès leur arrivé sur le sous-continuant au point d’en assécher une bonne partie et de réduire drastiquement sa biodiversité avant même l’arrivé des Occidentaux, pourtant spécialiste en la matière. Des travaux récents tendent à démontrer ce dont on se doute plus ou moins depuis des lustres à savoir que les espèces de notre groupe animal (homo erectus en Asie et homo Neandertalis en Europe) n’ont pas disparu seulement en raison de changement climatique comme par hasard quand nos ancêtres débarquaient, mais ils ont bien été chassés et tués (voir ici). Maintenant, des travaux récents tendent à montrer que l’augmentation des gaz à effets de serre d’origine anthropique commence bien avant la révolution industrielle. C'est la théorie du paléoclimatologue William Ruddiman, dont les derniers développements ont été vivement discutés au congrès d'automne de l'American Geophysical Union (AGU), qui s'est achevé le 19 décembre à San Francisco (Californie). Selon le chercheur, professeur émérite à l'université de Virginie, l'influence de l'homme sur le climat a commencé avec les débuts de l'agriculture, il y a 8 000 ans.

M. Ruddiman s’appuie sur l'observation des concentrations de deux des principaux gaz à effet de serre - dioxyde de carbone (CO2) et méthane (CH4) - depuis 15 000 ans. On observe dans un premier temps une raréfaction de ces deux gaz dans l'atmosphère. Mais, vers 6000 avant notre ère, le CO2 se met à croître. Puis c'est au tour du CH4, vers 3000 avant J.-C., de connaître une hausse.

Pour le chercheur, les explications sont claires : la première date correspond à la diffusion de l'agriculture en Europe et en Asie occidentale, cause de déforestation plus ou moins massive. La seconde tiendrait au développement, en Chine, de la culture du riz qui, de toutes les cultures céréalières, est la plus émettrice de méthane.

Pour Walter Ruddiman, l'agriculture, de sa naissance jusqu'au début du XIXe siècle, a fait grimper la concentration en CO2 de 240 à 280 parties par millions (ppm), et en CH4 de 450 à 700 parties par milliard (ppb). La concentration du CO2 dans l’atmosphère s’accélère aujourd’hui et a atteint 387 ppm en 2008. Durant la période 1970-2000, le niveau de CO2 dans l’atmosphère augmentait en moyenne de 1,5 partie par millions chaque année. En 2007, cette valeur a atteint 2,14 ppm, indiquent les scientifiques de l’observatoire d’Hawaï de la NOAA.

Le niveau de 387 parties par million (ppm) de CO2, en hausse de près de 40% depuis le début de la révolution industrielle correspond à la valeur la plus élevée jamais atteinte depuis 650 000 ans au moins.

En raison de divers effets de seuil, les projections du GIEC montraient dès 2001 qu’à partir de 400 ppm les effets climatique se feront sentir durant plus d’un millénaire avant que la biosphère se stabilise. D’après James Lovelock, à 500 ppm on en prend pour 200 000 ans !

27 décembre 2008

La technique de l'insecte stérile

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photographie : Olivier Martin Delange

Jusqu’ici, lorsque quelque chose nous déplait, la méthode restait la destruction totale. Notre espèce a tendance à la disproportion et préfèrerait employer une bonne vielle bombe pour atomiser un trou de rat plutôt que de se contenter d’éliminer les seuls rats en question.

Cette analogie malheureuse n’est pas exagérée lorsqu’on pense à la lutte contre les ravageurs de cultures et plus encore contre les vecteurs de maladie. Par exemple la lutte contre les nombreuses maladies transmises par les moustiques a suscité des destructions d’écosystèmes entiers avec l’empoisonnement des sources d’eau tuant sans distinction tous les insectes et autres espèces sensibles aux poisons répandus.

Une nouvelle technique en cours de déploiement devrait limiter les dégâts : le mâle stérile.
Les laboratoires de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) utilisent des spécimens pour tester la technique de l'insecte stérile (TIS), déjà pratiquée depuis une trentaine d'années sur la mouche à fruits. Appliquée aux populations d'anophèles du Soudan et d'aèdes de La Réunion, elle a pour but d'éradiquer les vecteurs du paludisme et du chikungunya.

Son principe est d'une extrême simplicité : lâchés en masse, les mâles stériles ont pour mission de circonvenir les femelles locales. Leur accouplement n'engendrant aucune descendance, à l'issue d'opérations répétées, la population disparaît par extinction naturelle.

La technique est d'une plus grande complexité, puisqu'il faut d'abord isoler les mâles - pas question de lâcher des femelles, responsables de la propagation des virus -, puis les stériliser. Dans les deux cas, on procède par irradiation, en recourant à l'usage du cobalt 60 ou bien des rayons X.

Si cette technique est un mieux incontestable par rapport au bon vieux DDT, on peut toutefois s’interroger sur la pertinence de l’organisation de la disparition d’une espèce dont la niche écologique et la fonction dans l’écosystème doivent bien être assumées. Aussi je ne vois aucune étude ou information sur les conséquences éco systémiques de ces disparitions. Quid de l’alimentation des insectivores par exemple ?

L'île de La Réunion, présente, par son isolement géographique, des conditions d'expérimentation idéales pour l'application de la TIS. Heureusement pour cette île dont la biodiversité est phénoménale. L'AIEA et l'Institut de recherche pour le développement (IRD) ont signé un accord de coopération le 30 septembre. Il prévoit d'associer l'expertise des entomologistes de l'institut français, qui étudient depuis, plusieurs années, les populations d'Aedes albopictus, vecteurs du chikungunya et de la dengue, et d'Anopheles arabiensis, propagateurs du paludisme, aux techniques de séparation des sexes et de stérilisation développées par l'AIEA.

24 décembre 2008

Ma liste de noël

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Photographie : Olivier Martin Delange

Si je croyais encore au père noël qu’est ce que je pourrai bien demander ?
Après réflexion voici les grandes inventions qui me paraissent indispensables à la survie de la biosphère telle que nous la connaissons face aux comportements de l’humanité.

Contre le changement climatique :
1. un système peu énergivore de captation et de stockage du CO2 déjà dans l’atmosphère (sous forme de diamant par exemple) ;
2. un système de stockage de l’énergie potentiellement infini, peu énergivore et peu polluant à fabriquer (pour stocker l’énergie à partir des sources non continues comme l’éolien) pour les voitures par exemple ;
3. la maîtrise de la fusion nucléaire, comme source d’énergie propre, simple, et suffisamment productive.

Contre l’érosion de la biodiversité :
4. que cesse l’explosion démographique ;
5. généraliser l’alimentation végétarienne, bien moins gourmande en terres arables et polluant pour produire le même nombre de nutriments que la production d’aliment carnés ;
6. trouver un système de production alimentaire synthétique peu polluant et qui de fait n’utilise plus autant d’espace que l’agriculture.

Avec tout ça on pourrait maintenir la biosphère en l’état
On peut toujours rêver au moment de noël non ?

22 décembre 2008

Enfin un peu de cohérence

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photographie : Olivier Martin Delange

Le bilan global des cellules photovoltaïques, en Analyse de Cycle de Vie (ACV) n’est pas satisfaisant. L’idée d’utiliser l’énergie solaire semble toutefois la plus logique de toute dans la mesure où via la photosynthèse notamment l’énergie solaire est à la base de presque tous les écosystèmes. En attendant d’améliorer la durer de vie et l’efficacité énergétique des cellules photovoltaïques, c’est sur la fin de vie qu’une initiative européenne permet d’améliorer le bilan.
Plus de trente producteurs internationaux de panneaux photovoltaïques représentant environ 70 % du marché européen se sont entendus sur un accord volontaire de collecte et de recyclage des panneaux photovoltaïques usagés sur l'ensemble du territoire de l'Union européenne.
Cet accord devrait permettre une économie substantielle de ressources naturelles, en faisant entrer les matériaux ainsi recyclés dans le process de fabrication de nouveaux panneaux solaires, faisant de l'industrie photovoltaïque un secteur « doublement vert ». Regroupés au sein d'une association ("PV Cycle"), les promoteurs de cet accord prévoient :

- des objectifs de taux de collecte et de recyclage supérieurs aux obligations actuelles prévues par la réglementation européenne en matière de DEEE (Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques) soit 65 % minimum de collecte de panneaux photovoltaïques usagés et 85 % minimum de recyclage des matériaux les constituant ;
- la gratuité du dispositif de collecte et de recyclage pour les détenteurs de panneaux photovoltaïques usagés.

Un comité indépendant associant représentants d'institutions communautaires, producteurs et organisations non gouvernementales sera chargé d'évaluer l'atteinte des objectifs. Le dispositif sera également audité régulièrement par des entreprises spécialisées indépendantes.

21 décembre 2008

Vers une civilisation sinistre ?

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photographie : Olivier Martin Delange

Plus les législations, décrets et revendications s’accumulent, plus je pense à Alexis de Tocqueville et sa prédiction d’une société où on nous épargnerait l’effort de penser.

La liberté d’expression est mise à mal par une censure omni présente avec des tribunaux d’inquisitions modernes institués pour chaque média (télévision, publicité etc…) qui filtrent ce que le public doit ou ne doit pas voir. Le pire à mon sens ce ne sont pas ces institutions dont le principe qui a présidé à leur établissement consistait simplement à éviter des excès inutiles, même si comme toujours une institution dérive de sa mission selon les affinités, l’intelligence de ses membres ou leur faiblesse face aux lobbies. Le pire c’est l’autocensure. Parallèlement à une défection de la religiosité en Occident (encore que ce soit très discutable ces dernières années) on a intégrer une forme de morale tout aussi stricte et pernicieuse sous couvert de scientisme. L’une de ses principales valeurs est d’imposer à tous le même modèle, sans variation possible : être « libre », consommer et durer. Durer, signifie ici vivre le plus longtemps possible, un peu comme la tendance à l’immortalité revendiquée par les cellules cancéreuses quand les autre cellules du corps continuent à jouer le jeu du renouvellement des générations. Pour assurer une durée de vie sans considération de sa qualité, on met sur pied la société du risque zéro.

Le refus du risque, c’est refuser l’innovation, la progression et l’avancée, mais aussi l’expérimentation individuelle, la découverte et l’expression de soi. C’est nier la responsabilité individuelle, la liberté, notre autonomie et notre capacité à décidé pour soi même. On impose le bien aux nations sous couvert d’excès de bonne moralité (Irak) comme aux individus.

Un des derniers exemples en date est relatif à la chasse aux sorcières faite aux fumeurs. S’il est naturel de demander aux uns et aux autres d’éviter de faire bénéficier à l’autre camp des conséquences de son comportement individuel, il y a des limites aux interdictions. Non contents de les avoir boutés hors des lieux publics, les bien-pensants protecteurs de la santé de tous cherchent maintenant à les évincer de leur dernier refuge : les terrasses de café. On perd le sens commun ! Comme d’habitude, le débat se décline en relevés scientifiques et en listing de chiffres à n’en plus finir. Cet hermétisme et ce scientisme chronique ne sert qu’à empêcher de penser et de considérer les significations de ce que les chasseurs de fumeurs demandent : le refus de la liberté individuelle et l’institutionnalisation d’une société bien-pensante.

Depuis le 1er janvier, il est interdit de fumer dans les bars, cafés et restaurants. Mais il reste possible de fumer en terrasse si celle-ci est "à l'air libre" ou "intégralement ouverte en façade frontale, si elle dispose d'un toit ou d'un auvent" ou encore est "close des trois côtés, mais sans toit ni auvent". Ce compromis me semble largement suffisant, et évidemment qu’un peu de fumer entre dans l’établissement. Et alors ? La différence est déjà énorme par rapport à la situation précédente ou fumeurs et non fumeurs se retrouvaient dans le même volume d’air. Personne ne souffle mot pour la pollution urbaine qui entre dans les établissements (pollution des voitures et autres) et personne ne prend en compte la nocivité de l’air intérieur (accumulation des polluants par manque d’aération, polluants issus des peintures et colles etc…) si les nouveaux hygiénistes scientistes étaient cohérents ils resteraient dehors et feraient interdire les plafonds ! Mais cette façade scientiste s’effrite dès lors qu’on comprend que la différence entre la fumée de cigarette et la pollution générale de l’air ambiant c’est qu’elle se voit ! On pousse le ridicule jusqu’à interdire de fumer sur des quais de gare ouverts aux quatre vents. De qui se moque-t-on ?

"Il faut cesser de faire la chasse aux fumeurs", réagit Didier Chenet, président du syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synhorcat). "Les terrasses restent les derniers lieux de convivialité où fumeurs et non fumeurs peuvent se rencontrer, il est de notre devoir de les maintenir en l'état". La convivialité est le mot juste.

Ce qui me chagrine le plus, ce n’est pas les revendications castratrices des anti-tabac mais celles des écologistes qui eux aussi ont pris en grippe ces terrasses. Les écologistes voient dans les chauffe-terrasses une source de "gaspillage énergétique considérable". Encore une fois c’est mal poser le problème. Effectivement, des systèmes de chauffages idiots, émetteurs de gaz à effet de serre et non optimisés sont une aberration dans un contexte ou il est de notre devoir collectif de faire des efforts contre le changement climatique et une terrasse non chauffées ne me gène pas, mais c’est avant tout une question de choix technologique. On peut très bien imaginer des systèmes économes en énergie et surtout alimentés sans émissions de gaz à effet de serre.

Par ailleurs il faut garder le sens des proportions : "Les chauffe-terrasses dégagent l'équivalent de 229 kg de CO2 par an (...) alors que les écrans plasma diffusent 400 kg de CO2 par an" et "il se vend plus d'un million d'écrans plasma par an contre seulement 25.000 chauffe-terrasses sur la même période" d’après Didier Chenet. Se concentrer sur les chauffes-terrasses, c’est perdre le sens des priorités. C’est comme si on passait son temps à éteindre un feu de cheminé d’un bâtiment isolé pendant que toute l’agglomération urbaine brule librement. Je ne dis pas qu’il ne faut pas s’en préoccuper, mais simplement avoir le sens des urgences.

« Jouir sans entrave », comme si le cri de liberté des années soixante se muait en un écho tyrannique et totalitaire. Merci à la génération de mes grands-parents pour avoir mis sur pied le monde du changement climatique et de la sixième grande extinction, et merci les parents pour avoir mis sur pied un monde ironiquement encore plus policé sous couvert de réclamer l’inverse. Quel sera le crime de la mienne ?

17 décembre 2008

Les animaux égaux devant la loi ?

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photographie : Olivier Martin Delange

Après l’interdiction des bocaux ronds pour accueillir des poissons rouges à Rome, leurs homologues cisalpins peuvent être tranquilles: en Suisse ils ne seront plus éliminés dans les toilettes ou dans le congélateur mais dûment assommés avant d'être tués, aux termes d'une législation de protection des animaux entrée en vigueur le 1er septembre 2008.

La nouvelle "ordonnance" réglemente dans le moindre détail le traitement à réserver aux animaux, qu'ils soient d'élevage, de compagnie ou destinés à des expériences scientifiques, ou sauvages lorsqu'ils vivent dans des cirques, zoos ou vivariums privés.

Les individus de certaines espèces comme les perruches et les hamsters, ne pourront pas être seuls. De même, les lamas, alpagas et yacks devront être en contact avec des congénères tandis que moutons et chèvres devront avoir au moins "un contact visuel avec des congénères". Les porcs auront une douche à leur disposition pour les rafraîchir. Les chevaux devront "avoir des contacts visuel, auditif et olfactif" entre eux tout en ayant la possibilité de s'éviter. Les locaux où ils sont détenus "ne doivent pas comporter d'impasses" et l'utilisation de fil de fer barbelé pour leurs enclos est proscrite.
Une longue annexe à la réglementation précise les surfaces minimales à allouer aux animaux, un éléphant mâle ayant par exemple droit à un box de 30 mètres carrés alors que les femelles devront se contenter de la moitié.

Si cette démarche n’est pas forcément la meilleure voie pour améliorer la condition animale et si elle peut surprendre, il n’en demeure pas moins qu’elle dit deux choses fondamentales sur l’évolution de notre rapport éthique à la nature.

Tout d’abord les animaux sont des personnes légales. On ne va pas jusqu’à dire que les autres animaux ont des droits, la formulation reste timide et attribue plutôt des devoirs aux humains qui les retiennent. Mais on voit bien comment progressivement l’éthique, ou plutôt ici le droit, étend sa protection aux autres espèces.

Ensuite, et c’est probablement là l’avancée la plus significative, cette loi ne fait pas de spécisme ou d’anthropocentrisme mais prend acte des enseignements de l’éthologie. Ainsi, ce qui est recommandé pour assurer un minimum de qualité de vie aux espèces qui ont à faire à nous, ne correspond pas à ce que nous projetons sur leur besoin ou ce que nous imaginons anthropocentriquement comme bon, mais ce qui correspond réellement aux besoins de chaque espèce.

10 décembre 2008

De la vanité des indicateurs

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photographie : Olivier Martin Delange

Avec la monté du développement durable dans les entreprises et le besoin d’objectivité les indicateurs de développement durable et les outils de mesure se sont mis à proliférer ces dernières années.
Les référentiels se sont multipliés, mais certaines initiatives et mode de calcul s’imposent comme référence, processus d’uniformisation nécessaire à toute tentative de comparaison (GRI, Bilan Carbone etc…).
Ces calculs sont parfois d’une complexité extrême, particulièrement à grande échelle. Les entreprises en réseau, surtout multinationales, nécessite de savants calculs et des réflexions parfois longues pour les modes de consolidations et d’agrégation des informations relatives par exemple à l’énergie ou au CO2. Sur les indicateurs sociaux c’est d’autant plus complexe que si les règles de la physique et de la climatologie sont les mêmes partout, les performances sociales quant à elles diffèrent fortement d’un pays à l’autre.

Avec cette complexité, une forme pernicieuse de greenwashing apparaît : passer plus de temps à faire des reportings que d’entreprendre des actions d’amélioration des impacts environnementaux, sociaux et économiques…. Cette mobilisation de moyens et in fine d’argent n’est pas négligeable. Si les indicateurs sont un outil de pilotage, de suivi de la performance et d’objectivation indépassable, le choix des périmètres de calcul, du nombre, de la précision et de la complexité des indicateurs à suivre doit être pondéré par leur utilité effective dans une démarche d’amélioration concrète. Aussi, certains indicateurs atrocement complexes en cours de développement sont à défendre avec acharnement vu leur utilité. Je pense ici aux indicateurs de biodiversité, tout en comprenant que selon les activités et l’organisation des entreprises, un indicateur ultra précis et donc très complexe ne sera pas adapté.

Principe d’efficacité et de pragmatisme, le développement durable ne devrait pas tant nous mobiliser à compter les pétales de cette ficaire (en photo) mais bien plutôt à améliorer les conditions de vie de cette fleur…

09 décembre 2008

Nouvelles frontières



Ce n'est pas le plus gros, mais c'est un drôle d'animal d'une espèce a priori rare, avec ses longs tentacules étranges. Ce spécimen a été observé dans le Golfe du Mexique en novembre 2007 à 2,5 km de profondeur. Le site de National Geographic diffuse la vidéo prise à 2.500 mètres de profondeur par une caméra télécommandée d'un Magnapinna, un calamar géant de forme inhabituelle.
Les images ont été prises le 11 novembre 2007 dans le Golfe du Mexique par une caméra d'un sous-marin télécommandé de la compagnie pétrolière Shell. Selon le National Geographic, cette vidéo a tout d'abord circulé durant un an dans les boîtes mails d'employés de l'industrie pétrolière avant de parvenir à ses journalistes.
Le Magnapinna se caractérise par de très longs tentacules coudés ressemblant à des épaules et peut atteindre la taille de 7 mètres. Il a jusqu'à présent été très peu observé.
On peut s’interroger face à une telle découverte sur les raisons de la non diffusion des images. Manque de compréhension des enjeux de biodiversité et de l’intérêt scientifique de cette observation ou volonté de discrétion de la part d’une exploitation des fonds marins dont on connait mal les impacts environnementaux sur site ?

Depuis le 25 mars 2008, le Muséum national d’Histoire naturelle accueille en sa Grande Galerie de l’Évolution un spécimen de calmar géant plastiné au monde. Cet animal mesure plus de plus de 6 m. Il fait partie de la classe des Céphalopodes, du genre Architeuthis, de l’ espèce sanctipauli. Il a été pêché le 27 janvier 2000 au large de la Nouvelle-Zélande (44°21 e-19’S et 175°05’-174°34’E) par 615 mètres de profondeur. Selon les estimations des scientifiques, il était âgé de 1,5 à 4 ans. D'après les spécimens analysés, l'âge maximum est évalué à 14 ans. Aujourd’hui, l’Architeuthis est reconnu comme le plus grand invertébré du monde avec une longueur qui peut atteindre 18 m, dont plus de 11 m de tentacules, pour un poids variant de 500 à 1000 kilos.

Les légendaires calamars géants ne le sont plus, il s’agit d’une famille d’espèce que nous apprenons à découvrir grâce aux nouvelles capacités technologique de plongés et d’observation dans des profondeurs ou la haute pression pose des difficultés technologiques qui n’ont rien d’anodin. Quant à savoir si étendre l’empire de la science est une bonne chose c’est une autre histoire.

Toutefois, le principal intérêt de la découverte de telles espèces, de grande taille qui plus est, est de mettre notre ignorance dans la perspective de l’infinie richesse de la biodiversité. Combien d’espèces ont dors et déjà disparus en raison de nos activités sans même qu’aucun humain n’ai pu la connaitre ? Sur quoi pourrions nous tomber au fonds des océans, des forêts tropicales ou des plaines du fin fond de la Sibérie ?

En tout cas, je ne résiste pas à la tentation de la connaissance et les informations sur ces étranges animaux n’apaisent pas notre sempiternelle soif de savoir. En voici donc un peu plus :

D’après Wikipédia "Les calmars géants, qui habitent les grandes profondeurs (depuis 500 m jusqu’à 3 000 ou 4 000 m) n’avaient jamais été observés dans leur milieu naturel. Ce n’est qu’en 2004 que les premières images d’Architeuthis ont été prises. Une équipe de scientifiques japonais ont pu prendre des photos d’un calmar géant de 8,5 m, en plongeant un dispositif équipé d’un appareil photo sur lequel sont fixés des appâts.
La taille maximale que peuvent atteindre ces animaux n’est pas connue avec exactitude, mais des spécimens d’une longueur totale d’environ 18 m, dont plus de 11 m de tentacules, ont déjà été étudiés. En juillet 2002, un calmar géant de 250 kg (avec un corps de 7,50 m et des tentacules évalués à 15 m de long) a été trouvé sur les plages de Tasmanie. Un œil de calmar géant mesurant 40 centimètres de diamètre (retrouvé dans l'estomac d'un cachalot) a laissé supposer l'existence de spécimens mesurant jusqu'à 25 mètres de long ; des tentacules, toujours retrouvées dans l'estomac d'un cachalot, laissent penser à un spécimen de 45 à 50 mètres de long ; des traces de ventouses larges comme une grosse assiette appuient l'hypothèse selon laquelle cet animal peut atteindre les 60 mètres. Aucun spécimen complet avec de telles mensurations n'a encore été découvert à ce jour.
"

08 décembre 2008

Conférence

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Conférence sur les éco-entrepreneurs, créateurs d'un avenir plus vert, mardi soir

Grâce à leur vision et leur énergie, les éco-entrepreneurs sont créateurs d’entreprises innovantes, et œuvrent à leur échelle pour un avenir plus vert. 6 étudiants de ESCP-EAP souhaitent permettre aux meilleurs éco-entrepreneurs de présenter leur start-up en lien avec le développement durable, lors d'une conférence mardi 9 décembre 18h à ESCP-EAP (79 avenue de la République, Paris 11).


L’événement sera aussi l'occasion d'un débat sur le rôle clé de l’entrepreneur dans la construction d'une société éco-citoyenne, avec l’intervention d’experts et de Business Angels spécialisés.


L'événement est ouvert à tous ! Il est conseillé de s'inscrire, soit en envoyant un mail à jeunepousse.escpeap@gmail.com soit sur l'event Facebook.


Plus d'infos sur Jeunepousse.org.

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