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25 mai 2008
overdose ?

photographie : Olivier Martin Delange
Ce week-end j'ai eu l'occasion de passer faire un tour à la FNAC. Je ne fais pratiquement jamais les magasins ayant horreur de ça. A cette occasion j'ai été stupéfait de voir les étalages du rayon librairie totalement envahis par des ouvrages sur le thème de l'écologie ou du développement durable. Ces ouvrages sont de plus ou moins bonne qualité, un peu trop "tendances" et "modes" à mon goût mais ma première impression fut : « Fantastique ! Le mouvement est en marche ! » Avant que la rationalité ne remette tout cela dans la perspective des stratégies commerciales et des phénomènes de mode pour comprendre que non, le risque d'overdose de la part du grand public dessert les urgences écologiques... alors quelle stratégie de communication adopter ? J'avoue que je n'ai pas de réponse. Je me suis contenter de me réfugier dans le seul rayon encore sensé : sciences, où j'ai trouvé les rares ouvrages sérieux sur l'écologie...
Du coup, j'ai presque honte de rajouter ma logorrhée au bruit de fond sur l'écologie...
22:05 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : développement durable, environnement, écologie, nature, édition, overdose, mode
15 mai 2008
Seattle 1999 pourquoi est-ce important ?
Du 30 novembre au 3 décembre 1999 s'est déroulée à Seattle la troisième Conférence ministérielle qui réunissait 133 pays membres de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Pour l'occasion, la Conférence accueillait deux nouveaux pays et non les moindres: la Chine et la Russie. Ce sommet devait alors constituer le lancement du Millenium Round, le Cycle du Millénaire: un cycle de négociations globales visant à ouvrir davantage les marchés des biens, des services et des produits agricoles.
Les critiques sont nombreuses vis à vis de cette organisation tenante du libéralisme mondial : manque de démocratie, pourvoir supra étatique, trop lobbyiste, risques liés à a brevetabilité du vivant, paupérisation des populations etc… (voir un exemple de critique ICI)
La grande unité
Face à cette organisation, pour la première fois, l’ensemble des mouvements activistes ont manifestés de concert à Seattle : les écologistes, les défenseurs des droits de l’hommes, les syndicats, les travailleurs, les paysans, le Tiers-monde, les militants d’Occident, etc. Tous unis autour de l’idée qu’il faut organiser la mondialisation et la gérer autour d’autres valeurs que le seul capitalisme marchand. C’est la naissance de « l’altermondialisme ».
Ce mouvement est celui de tous les records : il symbolise le dynamisme de la citoyenneté mondiale. Un exemple frappant est celui des manifestations contre la guerre en Irak qui ont rassemblées 36 millions de personnes dans les rues à travers toute la planète ! Ce sursaut d’engagement des citoyens autour d’idées communes, indépendamment de toute origine, nationalité, obédience ou sensibilité politique est une nouveauté qui justifie l’importance accordée à la bataille de Seattle de 1999 qui en est la première manifestation.
Constat d’échec
Mais malgré ces « batailles » romantiques, pas un pouce de pouvoir n’a été cédé par les tenants de l’économie mondiale. Les OGM s’imposent partout, répondant au lobbying de Monsanto, la guerre en Irak a eu lieu, l’OMC avance dans le sens voulu etc…
Et demain ?
Mais la bataille n’est pas terminée. Les organisateurs des conférences internationales clés depuis Seattle puis Gênes ont pris peur. Les réunions se déroulent dans de véritables camps retranchés, affichant enfin leur nature vindicative. Une opinion publique mondiale émerge, et des mouvements de solidarité entre les citoyens du monde se mettent en place en dehors des échanges encadrés par les politiques ou les multinationales. L’espoir d’un autre monde demeure mais le travail à fournir pour y parvenir est immense car au-delà de la protestation dans la rue on comprend bien que c’est au quotidien, dans ses choix de consommateurs et ses actions de bénévolat et plus encore son activité en entreprise que les messages peuvent passer, petit à petit, vers un consensus acceptable par tous.
Le film qui relate les événements de Seattle 1999 donnera une assez bonne idée de l’engouement de l’altermondialisme :
23:57 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : OMC, altermondialisme, écologie, écologiste, éthique, Seattle, 1999
pour info : soutenance de thèse
La thèse a été soutenu le 14 mai : mention très honorable avec les félicitations du jury à l’unanimité…
Je compte enchaîner sur un post-doc…
Pour les courageux le texte de la présentation faite le 14 mai :
Présentation de Thèse 14052008.doc
23:50 Publié dans l'almanach | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11 mai 2008
Le bonheur : une question d’urbanisme ?
Petite randonné ce jour, 40 km à vélo sous un soleil écrasant, celui que nous n’avions pas vu depuis un an et qui se rattrape avec trop d’entrain à mon goût…mes bras peuvent apporter un témoignage cuisant.
Nous avons suivi la coulée verte du Sud parisien. Celle-ci croise d’autres chemins qui permettent d’accéder à des parcs, forêts, lacs et étangs engoncés dans la matrice urbaine du paysage. Elle y est jalonnée d’installations sportives et d’espaces ludiques. Nous en avosn prfiter pour faire le tour du parc de Sceau et rejoindre les lacs indiqués à partir du chemin principal.
Ces installations sont telles, et le chemin goudronné pour vélo est si net, que je me demande si cette coulée verte assure effectivement la fonction écologique initialement prévue, à savoir servir de corridor entre les forêts et les espaces verts pour le déplacement des espèces qu’ils abritent et relier les populations animales…
Toutefois, ce modèle d’urbanisme fait rêver. Un monde sans voiture ! Pas de stress et de danger à l’approche de la moindre carrosserie, pas de route dont la largeur entaille le paysage comme une cicatrice purulente. Les habitations et les entreprises trouvent leur place le long de ce réseau de corridors et on se prend à rêver d’une ville-jardin, sans voiture, juste des piétons, des vélos et autres modes de mobilité douce.
Avec un peu d’imagination et malgré ses défauts (manque d’ambitions ?) ces lieux font penser à la vision du « paradis » des anciens : les Champs Élysées. Je ne parle pas de l’affreuse et mal famée avenue du VIIIe arrondissement de Paris, mais des vrais Champs Elysées : Ἠλύσιον πέδιον où les héros et les gens vertueux passaient leur temps dans l’Hadès, ce lieu de bonheur décrit comme le premier cercle des Enfers par Dante.
Le sentiment de liberté et de sécurité qui jalonne le parcours mérite d’imaginer, ne serait-ce qu’en plus du maillage routier existant, un réseau national de coulée verte assurant une fonction écologique ET des espaces de transports doux et de loisir pour les hominidés. Tiens, n’est pas là justement le projet de trame verte décidée lors du Grenelle Environnement ? Espérons…
21:25 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coulée verte, trame verte, transport, nature, écologie, environnement, mobilité
10 mai 2008
nouvel ami

une nouvelle variété de kuhli pour mon groupe. Transparent
11:55 Publié dans l'almanach | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08 mai 2008
Sociologie du développement durable

Photographie : Olivier Martin Delange
Les enquêtes ont ceci de bon qu’elles permettent une perception sociologique des attitudes. Bien sûr, il s’agit de données déclaratives, et les enquêtés ont tendance à exagérer leur vertus… mais les ordres de grandeurs restent des paramètres indicatifs.
Par exemple, l’une des dernières enquêtes de l’institut de sondage TNS SOFRES porte sur le développement durable*. Si les niveaux de réponses sont conformes aux attentes, les disparités selon l’age et l’habitat, quant à elles, peuvent surprendre.
Les plus enclins à effectuer les « gestes verts » sont les catégories les plus âgées et les plus rurales… On est loin du « bobo » du XVIe ! C’est encore plus ironique quand on songe que jusqu’à récemment, c’est la génération actuellement à la retraite et ce sont les populations rurales ou de zones peu denses qui assument historiquement le plus lourd bilan en terme de pollutions de tout ordre et en terme de CO2… (Chauffage individuel, assainissement individuel, choix technologiques, et période aux véhicules, maisons, process industriels et électroménagers plus polluants et moins performants)
Pourquoi ces disparités ?
- Concernant les zones de résidences, on peut penser que la proximité de la nature est un facteur de sensibilisation important, mais pas seulement… C’est aussi probablement une question de place ! Les zones d’habitat individuel sont plus simple pour mettre en place les systèmes de collecte sélective des déchets, et donc, l’expérience des populations concernées est plus importante. Par ailleurs, il faut de la place pour stocker plusieurs poubelles différentes, les piles pour plus tard, le compost dans un coin etc.…
- C’est aussi probablement une question de sous… les plus hauts salaires sont concentrés dans les zones les plus denses. Observer un comportement économe sur l’eau et les énergies correspond aussi à un besoin de maîtrise des dépenses.
- Concernant les personnes les plus âgées, on peut penser que c’est aussi une question de temps. Prévoir son cabas pour ses courses, aller chez le commerçant du coin qui dispose d’un conteneur pour les piles usagées etc.
Exemples de réponses……………………………………….
Les gestes pour la protection de l’environnement
Utilisation de sacs plastique : de fortes disparités selon les catégories d’agglomération
« Vous personnellement pour participer activement à la protection de l’environnement, faites-vous déjà ou seriez-vous prêt(e) à ne plus utiliser de sacs en plastique lorsque vous faites vos courses ? » –
% de réponse « Vous le faites déjà systématiquement »

source : TNS SOFRES 2008
Les gestes pour la protection de l’environnement
« Vous personnellement pour participer activement à la protection de l’environnement, faites-vous déjà ou seriez-vous prêt(e) à rapporter vos piles usagées chez les commerçants concernés ? A prendre des mesures pour économiser l’électricité ? A ramasser un plastique ou un carton qui traîne par terre ? »
% de réponse « Vous le faites déjà systématiquement »

source : TNS SOFRES 2008
* Les français et le développement durable
Enquête réalisée du 07 Janvier 2008 au 03 Mars 2008 par téléphone auprès d’un échantillon national de 4667 individus âgés de 15 ans ou plus
20:45 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : développement durable, environnement, enquête, opinion, action, sociologie, nature
06 mai 2008
Comme un oiseau sur la branche ?

Photographie : Olivier Martin Delange
Enfant, je rêvais de devenir ornithologue. On me disait alors que ce n’était pas un métier… on m’avait mal renseigné. Si je ne regrette pas d’avoir opté pour des activités plus transversales, je n’en ai pas moins conservé le goût pour l’observation de l’avifaune.
Hélas, de déménagement en déménagement, pour des villes de plus en plus grandes et des zones de plus en plus centrales, je me suis éloigné des lieux propices à la fréquentation d’un nombre d’espèce important. Je repense avec nostalgie à l’appartement au cœur de la forêt près de Pforzheim où une multitude d’espèces venait jusque sur le balcon se nourrir au cœur de l’hivers : bouvreuil, geais de chênes, mésange nonette, charbonnière, bleu, noire, à longue queue, sitelle, pinson, verdier, gros-bec, chardonneret, et même des pic épeiche, épeichette ou noir.
A Paris, on se contente de quelques pigeons, moineaux domestiques et corneilles noires… J’entends toutefois les martinets au soir tombant qui font retentir leurs cris stridents.
Pourtant, l’avifaune urbaine n’est pas si pauvre, comme le montre les suivis de leurs populations ou même certains amateurs (voir « oiseaux de paris »). Mais il n’en demeure pas moins que l’avifaune est en déclin prononcé.
C’est d’ailleurs un des indicateurs de biodiversité officiels les mieux renseignés. A partir d’observations sur l’ensemble du territoire, exprimées en pourcentages de variation d’effectif par espèce, certaines sont rassemblées par type afin d’offrir un indicateur global ou agrégé. Il sert notamment à montrer le (non) respect de l’objectif européen de stopper l’érosion de la biodiversité à compter de 2010...
Indice STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs)
Indice base 1 : 1989

(Source : MNHN / CRBPO)
Globalement, les populations d’oiseaux régressent en France, suivant en cela la tendance Européenne (voir ICI), ceci quelque soit leur habitat pour la période 1989-2001. Par contre, depuis 2001, les populations des espèces généralistes tendent, selon l’indicateur agrégé, à augmenter.
Ce point n’est pas anodin, il pourrait témoigner de l’impact du morcellement du territoire et de la diminution de la qualité de l’environnement en général. En effet, les espèces spécialistes, inféodées à un type d’écosystème, sont mises en difficulté par le morcellement de leur territoire. Au contraire, les espèces généralistes parviennent à s’adapter aux différentes composantes de la mosaïque du paysage, et souffrent de moins de concurrences de la part des autres espèces aux effectifs déclinants… Bien sûr, il ne faut pas être monocausaliste en la matière et d’autres facteurs seraient à prendre en compte (changement climatique, pollution, épizootie etc…)
Quoi qu’il en soit, il parait difficile de continuer à dire « comme un oiseau sur la branche » pour suggérer l’insouciance et l’aisance…
Méthodologie de l’indice STOC :
(source : MNHN / CRBPO)
Le CRBPO produit chaque année des indicateurs pluri-spécifiques combinant les indices de plusieurs espèces. Pour calculer la valeur de l’indicateur une année donnée, il suffit de faire la moyenne géométrique des indices des espèces concernées pour l’année concernée. Il faut bien sûr que l’année à laquelle l’indice a été fixé arbitrairement à ’1’ soit la même pour toutes les espèces.
Le CRBPO produit 4 indicateurs, regroupant les espèces selon leur spécialisation par rapport à trois grands types d’habitat. Ces indicateurs sont ceux des espèces spécialistes des milieux agricoles, espèces spécialistes des milieux forestiers, espèces spécialistes des milieux bâtis, et espèces généralistes. Le degré de spécialisation est calculé à partir de la répartition des effectifs de l’espèce (dénombrés par le STOC) dans les trois grands types d’habitat, en proportion de leur disponibilité. Ainsi, si une espèce est plus abondante dans un habitat que ce que prédirait une répartition homogène dans les trois habitats, elle est dite spécialiste de cet habitat. Si une espèce ne présente pas de biais de répartition entre les habitats, elle est classée parmi les espèces généralistes. Au total, 65 espèces sont utilisées pour construire les indicateurs. Elles se répartissent de la manière suivante :
•Espèces généralistes (14) : Pigeon ramier, Coucou gris, Pic vert, Fauvette à tête noire, Hypolaïs polyglotte, Rossignol philomèle, Merle noir, Accenteur mouchet, Loriot d’Europe, Mésange charbonnière, Mésange bleue, Corneille noire, Geai des chênes, Pinson des arbres.
•Espèces spécialistes des milieux agricoles (20) : Buse variable, Faucon crécerelle, Perdrix rouge, Perdrix grise, Faisan de Colchide, Caille des blés, Huppe fasciée, Alouette des champs, Alouette lulu, Pipit farlouse, Bergeronnette printanière, Fauvette grisette, Tarier pâtre, Tarier des prés, Pie-grièche écorcheur, Corbeau freux, Linotte mélodieuse, Bruant jaune, Bruant zizi, Bruant proyer.
•Espèces spécialistes des milieux forestiers (18) : Pic épeiche, Fauvette mélanocéphale, Pouillot de Bonelli, Pouillot siffleur, Pouillot véloce, Pouillot fitis, Roitelet huppé, Roitelet triple-bandeau, Sittelle torchepot, Grimpereau des jardins, Troglodyte mignon, Grive musicienne, Rouge-gorge familier, Mésange huppée, Mésange noire, Mésange nonnette, Grosbec casse-noyaux, Bouvreuil pivoine.
•Espèces spécialistes des milieux bâtis (13) : Tourterelle turque, Martinet noir, Hirondelle de fenêtre, Hirondelle rustique, Rougequeue noir, Rougequeue à front blanc, Choucas des tours, Pie bavarde, Chardonneret élégant, Verdier d’Europe, Serin cini, Moineau domestique, Moineau friquet.
Certaines espèces peuvent être spécialistes d’un habitat au niveau national mais pas au niveau régional, ou inversement. Il est toutefois conseillé de conserver les mêmes groupes d’espèces pour construire des indicateurs régionaux que ceux utilisés au niveau national, pour plus de lisibilité et pour faire des comparaisons plus aisément.
22:40 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, nature, écologie, science, indicateur, biodiversité, oiseaux
03 mai 2008
Attention aux chiffres

photographie: Olivier Martin Delange
La forêt européenne progresse. La France est même bien placée à ce titre. Pour preuve, avec les rares statistiques comparables disponibles, les terrains boisés (bosquets et buissons compris) semblent progresser de plus en plus rapidement en France comme dans l’UE 15.
Cette tendance tient à plusieurs facteurs bien connus, mais ils sont à mettre en regard des disparités que masquent ces chiffres et des évolutions actuelles et futures probables.
France

source : Compendium - Données OCDE sur l'environnement
UE 15

source : Compendium - Données OCDE sur l'environnement
Théorie en U et déprise agricole
On considère communément que la transition démographique s’accompagne d’un phénomène de contraction puis de redéploiement de la forêt. On pourrait le formaliser selon une formule du type :
« (taux d’emploi tertiaire/PIB)*surface du pays corrélée au couvert forestier initial ».
A titre d’exemple, l’Inde est en phase de fin de transition démographique, et comme ça a pu se remarquer pour l’Europe, la forêt regagne du terrain depuis.
En Europe, c’est particulièrement le phénomène de déprise agricole, lié à la réduction de la population agricole et à la PAC, qui ont favorisé le redéploiement des massifs forestiers anciens(Jura) ou la reprise des successions végétales vers la forêt dans des régions qui n’étaient presque plus boisées (Bretagne).
Changements d’allocation des terres et changement climatique
Mais le mitage du territoire, la périurbanisation, le développement des agrocarburants… sont autant de facteurs qui mettent un frein à ce redéploiement forestier qui peut pourtant faire office de puit de carbone efficace.
Le réchauffement global, lui aussi, menace les forêts puisque les essences se renouvellent lentement et leurs aires de répartition ne suivront pas la vitesse du changement climatique sans intervention humaine. Les pieds restant là où les conditions leurs deviennent défavorables, les forêt courent un péril bien réel mais difficile à estimer.
Enfin, il faut se méfier des chiffres agrégés lorsqu’on parle du vivant. Comment quantifier le qualitatif ? En effet, la forêt progresse mais quelle forêt ? Comment est-elle gérée ? Le chiffre global rassemble aussi bien des espaces diversifiés, peuplés de végétation spontanée et bénéficiant d’un fort taux de biodiversité que d’espace planté sur des surfaces immenses de manière linéaire avec les mêmes variétés de la même espèce. L’intérêt écologique de chacune de ces zones boisées est très différent.
23:05 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologien nature, environnement, statistique, forêt, changement climatique
01 mai 2008
L’affaire Guillermo Vargas : tellement horrible que c’est vrai ?
Un mail circule depuis quelques mois appelant à signer une pétition contre un artiste dont une des réalisations fait scandale. Cette histoire est tellement terrifiante que je rassemble ici les résutats issus d'une première recherche. D’après les éléments relevés deci-delà :
en 2007, Guillermo Vargas, «Habacuc » de son pseudonyme, a exposé dans la galerie « codice » au Nicaraga un famélique chien errant « ramassé » dans la rue. Après l'avoir attaché à un mur de la galerie, sis devant une grande inscription constituée de centaines de croquettes pour chien, il a interdit à quiconque de le nourrir ou de le faire boire. L'animal serait mort au rapidement.
D’après les témoignages qui circulent sur différents sites de magazine (Nacion ou Femme Actuelle), parmi les visiteurs de cette expo très particulière où le chien était la principale "oeuvre d'art" personne n'a vu que l'animal était en train de mourir lentement sous leurs yeux.
Cette année, lors de la Biennale d’art contemporain du Honduras, Guillermo Vargas aurait été sélectionné pour représenter son pays, le Costa Rica.
Plus officiel, cette affaire apparaît même sur le site de la Commission Européenne dans un texte de Franco Frattini alors Vice Président de la Commission européenne dans une note du 29.10.2007 intitulée « ????uvre d'art »
Un site est dédié à l’affaire : guillermohabacucvargas.blogspot.com
Et une pétition en ligne est à signer : petitiononline.com
Plus prudente dans sa formulation, une lettre ouverte de Brigitte Bardot sur l’affaire ne dit pas si le chien est mort ou s’il a disparu…
Parce qu’en même temps, cette histoire est classée comme un « hoax » ICI
Malgré les manques d’informations d’une histoire qui reste assez obscure en définitive, l’idée même de prétendre qu’un animal torturé (peut être à mort) dans une galerie d’art constitue une œuvre, et qu’une galerie l’accepte, montre combien l’art contemporain est acculé dans des situations impossibles et inacceptables.
Je m’explique. Si on considère traditionnellement que les ready-made de Duchamp ont manifesté la nature procédurale et sociale de l’art, et que c’est donc un milieu social déterminé et le statut d’artiste qui fait l’œuvre d’art, quelque soit l’objet considéré, alors tout peut être art, le pire comme le meilleur.
Les pistes les plus saugrenues sont explorées, des OGM créés par Eduardo Kac et son « BIOART » aux organismes plastinés par Gunther von Hagens dont des corps humains, jusqu’à cet artiste allemand, Gregor Schneider, qui la semaine dernière a proposé d’exposer une personne mourante (voir : par exemple l'article paru dans Le Point )
Mais aucun d’eux n’est allé aussi loin que Guillermo Vargas en exposant une souffrance sciemment et spécifiquement provoquée.
On rit parfois lorsque certains attachent une importance cruciale à des énoncés ou à des raisonnements qui n’ont l’air de rien, comme la notion procédurale de l’art par exemple, mais en tirant jusqu’au bout les conséquences de telles notions, on abouti à ces événements sordides d’exposition de torture, et en poussant plus loin avec l’argument du rôle pédagogique et précurseur des pratiques sociales historiquement assumé par le monde de l’art on imagine à quoi on peut aboutir…
En sommes, la rigueur un peu extrême et la sécheresse de l’analyse de raisonnement, telle que pratiqué en philosophie, est justement censée prévenir la concrétisation des implications abominables que tel ou tel aphorisme peut induire.
L’inverse mortifère : le politiquement correct, est tout aussi dommageable mais reconnaissons que la plus grande prudence est de mise avec les évolutions de certaines tendances artistiques contemporaines…
01:25 Publié dans esthétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, animaux, souffrance animale, torture, environnement, éthique, art contemporain















