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17 mars 2008
Le temps des myosotis n'est pas fini

photographie : Olivier Martin Delange, myosotis des marais (Myosotis palustris)
Les yeux myosotis de ma grand-mère se sont fermés à jamais ce matin.
Mes souvenirs sont innombrables, autant ceux que j’ai pu vivre que ceux issus des récits familiaux. Olga-Tecla Kléné Favre a vécue une longue vie, souvent dans l’œil du cyclone de l’Histoire. Son expérience et sa propre mémoire s’étendent des années folles dans un village un peu à l’écart caché dans sa vallée et pourtant au centre du monde au fil des guerres jusqu’à l’émergence des institutions européennes. Ses souvenirs de la guerre et ceux de ses parents sont ceux qui m’ont appris à toujours envisager les deux aspects de chaque situation.
Sa double culture, et sa force que masquait une fragilité non feinte ont baignés mon enfance.
Sa perte n’est pas une fin. C’est une nouvelle responsabilité : celle de la mémoire.
Ce n’est pas la dame souffrante au corps meurtri par les conséquences à long terme du diabète dont ma mémoire prendra le relais, mais la jeune femme libre, vive, faisant fi des convenances et passionnée de bal que pourtant je n’ai pas connue. Et surtout, il y a une constante au fil des décennies que sa vie a comptées : ses immuables yeux bleu myosotis, comme deux lacs placides dont les profondeurs sont pourtant animées de violents courants.
Bien des mystères demeurent, des blancs dans les chronologies précises, des noms entendus mais dont je ne sais rien ou presque. Mais ces secrets qui ont obtenus l’assurance du silence dans le repos ne sont pas un vide. Ils sont le vernis du sacré qui donne son relief au souvenir.
La glas a sonné ce matin dans le cloché où ma grand-mère était montée à 14 ans une fois. Elle avait réveillée une nuée de chauves-souris qui l’ont terrorisées. Ce seul souvenir a suffit à éloigner trois générations du petit escalier en colimaçon qui conduit là-haut… exemple, s’il en était besoin, de la force du souvenir.
Les hirondelles reviendront nicher le long du toit de la maison aux volets bleu, mais il n’y aura plus derrière les fenêtres les lacs de myosotis bleus où se reflétait le vol léger de ces flèches aux cris stridents que ma grand-mère aimait tant.
Les myosotis étaient sa fleur préférée, selon la légende, ils signifient « souviens toi »
19:25 Publié dans l'almanach | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : hommage, grand-mère, mamie, souvenir, mémoire, oraison
16 mars 2008
Phobies et prédateurs

photographie : Olivier Martin Delange, Araignée-crabe (Misumena varia)
Les araignées. Voilà bien une famille de prédateur que la plupart des gens ont en horreur ! Et pourtant… L'homme constitue une menace pour de nombreuses espèces d'araignées : les collectionneurs, les pesticides, la raréfaction de la ressource alimentaire, la fragmentation écologique des habitats, la pollution lumineuse …
Mais, en plus de leur niche écologique essentielle, les arachnides rendent bien des services industriels avec les usages médicinaux, industriel et militaires que nous en faisons, notamment pour produire des sérums ou médicaments, venins ou gilets pare-balle
Le plus fascinant avec cette grande famille animale à ne pas confondre avec les insectes, c’est qu’elle nous offre des exemples typiques des profonds changements que l’humanité induit à la biosphère : le commensalisme et le déplacement d’espèces.
Concernant le commensalisme, c’est bien malgré nous que certaines espèces d’araignées se sont prises d’affection pour nos habitats !
Certaines se contentent de nos jardins où elles sont courantes comme les épeires diadème (Araneus diadematus) ou les araignées tigres qui sont en fait une autre espèce d’épeire encore plus impressionnante (Épeire fasciée, Argiope bruennichii). Cette espèce me fascinait suffisamment pour que je les élève dans le jardin de mes grands parents lorsque j’étais enfant, au grand dam de ma famille…
D’autres espèces surtout s’installent directement dans nos domiciles. Le pholque phalangide (Pholcus phalangioides) est typique des maisons, identifiable à ses très grandes pattes (qui parfois les fait confondre avec un faucheux). Cette araignée s’installe dans les coins des pièces, où elle tisse une toile irrégulière. Elle s'y tient accroché, les pattes en haut, le corps en bas. J’ai l’habitude de les laisser s’installer même si je n’ai plus eu à partager ma chambre avec cette espèce depuis que je suis à Paris. Mais je me souviens qu’à Besançon, j’avais du me résoudre à les extrader parce qu’elles avaient tendance à se reproduire avec trop de passion…
Les opilions (Opiliones), mieux connus sous le nom vernaculaire de « faucheurs » ou « faucheux », appartiennent à la classe des arachnides, mais in ne s’agit pas d’araignées avec lesquelles ils montrent d’importantes différences anatomiques (abdomen segmenté et céphalothorax soudés).
Mais la terreur de tous les arachnophobes, c’est la Tegenaria agrestis. C’est la grosse araignée vive qui se réfugie sous le tapis, se fait une antre dans les anfractuosité des meubles ou des chambranles de porte…
Concernant les déplacements d’espèces du aux activités humaines, comme souvent, les mouvements sont transatlantiques, mais concernant les araignées ces mouvements sont souvent discrets. Parfois ces déplacements sont plus remarquables comme cette plante verte acheté par une voisine dont est sortie de jeunes mygales au bout de quelques jours…
Les tégénaires sont originaires d'Europe, mais dès le 19ème siècle, elles ont colonisé les pays tempérés du monde entier. Cette dissémination a été provoquée par l'importation de caisses en bois qui avaient été stockées dans des entrepôts européens et sur lesquelles étaient collés des cocons d'œufs de tégénaires. C'est ainsi que la quasi intégralité des sous-espèces de tégénaire est à l'heure actuelle représentée aux États-Unis et que la Tegenaria agrestis immigrée elle aussi d'Europe pose de sérieux problèmes aux américains.
Les pholques ne sont pas originaire de nos pays tempérés, cette hypothèse se trouve confortée par l'observation du mode de vie des pholques. En effet ces chétives créatures n'hivernent pas contrairement aux autres araignées de nos contrées, c'est pour cela qu'on les trouve tout au long de l'année dans nos foyers. Un autre fait marquant caractéristique de l'espèce pholcus est l'impossibilité pour les représentants de cette espèce de vivre ne serait-ce que sur notre palier, cette espèce recherche la chaleur et l'humidité. Ces éléments semblent confirmer que les pholques sont des araignées originaires de la zone tropicale arrivé sans doute dans nos foyers sous forme de cocons d'œufs collés sous des meubles provenant de nos anciennes colonies...
23:20 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : araignées, animmaux, nature, écologie, commensalisme
15 mars 2008
Alsace Safari

Fort heureusement il n'y a pas d’élevage ovin dans ma région, de telle sorte que si cette présence du loup se confirme, on devrait nous épargner les incessantes plaintes des éleveurs qui préfèrent détruire une espèce protégée plutôt que d'adapter leurs méthodes de travail. Mais il n'est pas à douter que cette Région plus fortement habitée que celles où le loup s'est jusqu'ici réimplanté risque de susciter des réactions infantiles parmi la population en vertu de l'image négative du loup... Je veillerais à ce qu'il n'en soit pas ainsi dans les villages où résident les membres de ma famille.
Un précédent malheureux est à citer à ce titre. La réintroduction du Lynx dans les Vosges à compter des années 1980 a rencontré bien des difficultés. Je me souviens d'un matin chez mes grands-parents : un vif débat s'était engagé dans la famille à la lecture du journal l'Alsace. Le vendredi 30 octobre 1987 une scientifique découvre le collier émetteur sectionné et enterré d'Elisa, une femelle de trois ans venue du zoo d'Ostrava et relâchée dans les Vosges le 27 mars 1987. Ce qui fut un choc car elle était mère de trois petits lynx : une première dans le programme de réintroduction. Cela voulait dire non seulement la mort d'Elisa mais aussi, de ce fait, celle de ses trois petits. Il faut aussi rappeler que le père, Sixty avait mystérieusement disparu, sûrement chassé pour être empaillé. À cette époque seul 6 des 12 lynx d'Ostrava avaient survécu.
En 2006, on estimait la population de Lynx entre 30 et 40 individus dans la région, sur environ 2 000 km2. C’est bien peu pour maintenir la viabilité d’une population. Cette population vosgienne se reconstitue très lentement. Elle semble plus fragile et vulnérable que la population jurassienne par exemple, notamment en raison d'un braconnage persistant, des risques liés à la chasse ou à la circulation automobile.
Avec cette arrivée possible du loup, la présence des Lynx, et des espèces rares comme le Grand Hamster d’Alsace ou symbolique comme la cigogne, l’Alsace devient une terre de biodiversité de premier plan. Ce n’est donc pas pour rien que la Région a été choisi pour tester la trame verte, décidée lors du Grenelle Environnement.
Je me prends donc à rêver d’une région exemplaire au centre de l’Europe, qui en dépit d’un urbanisme important
Et d’une forte présence humaine saurait partager son territoire avec le monde vivant. Il y a encore un travail colossal pour y parvenir.
Mais je rêve que les grandes forêts de ma région puissent aussi accueillir des bisons d’Europe, et pourquoi pas des ours !
Ces événements récents me motivent dans mon intension d’acquisition de terrain au service de projets d’exploitation durable dans lesquels j’embarque progressivement ma famille.
22:30 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Alsace, loup, nature, biodiversité, environnement, prédateur
14 mars 2008
vers la guerre des mondes ?
A l'occasion de la sortie prochaine d'un long métrage sur les requins, ce blog portera toute la semaine sur les prédateurs, un par jour.
La famille des plus puissants et anciens prédateurs macroscopiques de notre planète actuelle correspond aux requins. Si les plus grandes espèces ne consomment pas de grands animaux mais du plancton comme le requin baleine (Rhincodon typus) ou chez nous le requin pèlerin (Cetorhinus maximus), d'autres ont de biens terribles réputations...
Pourtant les requins sont essentiels à la bonne santé des écosystèmes, comme tous les grands prédateurs. La barbarie humaine, qui finira dans la légende de la biosphère comme cause unique de la 6e extinction, s’exerce avec une vindicte toute particulière contre les requins.
La France figure parmi les premiers États pêcheurs de requins dans le monde et parmi les 10 premiers Etats importateurs de requins. Ceux-ci sont prisés pour leur chair, leurs ailerons et l’huile tirée de leur foie, utilisée par les industries cosmétiques et pharmaceutiques.
En 2004, la France a été le deuxième pays européen producteur de requins et de raies. Les navires français ont capturé plus de 21 000 tonnes de requins et de raies, non seulement dans les eaux françaises mais également dans des régions aussi lointaines que l’Antarctique, ce qui représente près de 20% des prises totales de l’Union européenne. N’oublions pas que la France, avec ses DOM, ses TOM et les autres territoires (Terres Australes) possède un des plus grands et des plus diversifiés territoire maritime du monde. Sa responsabilité vis à vis du monde marin est à la mesure de cette immensité territoriale. Pourtant la métropole a honteusement l’habitude d’oublier ses autres France. Pensons ne serait-ce qu’à la Guyane où le niveau de vie est très en deçà de la métropole, sans parler des TOM et du désengagement de l’opinion publique en regard de nos responsabilités historiques collectives. En ces temps post-coloniaux quand un état européen s’arroge encore des territoires sur les 5 continents il serait de bon ton d’être exemplaire à leur égard… Les requins sont symboliques de notre gestion de ces territoires… Ils y sont partout exploités sans restriction, souvent de manière industrielle et barbare, sans contrôle et sans plan de gestion de la ressource.
Un tiers des populations européennes de requins qui ont fait l’objet d’une évaluation sont désormais considérées comme menacées selon les critères de la Liste Rouge de l’UICN (Union mondiale pour la nature). 20% supplémentaires sont sur le point de le devenir.
Les navires français capturent plusieurs espèces de requins et de raies dont certaines sont considérées comme menacées par l’UICN. Des espèces de requins pélagiques sont également capturées accidentellement par les thoniers français qui pêchent au large de l’Afrique de l’Ouest et dans l’Océan Indien.
La méditerranée détient selon l'UICN le record du nombre d'espèces de poissons cartilagineux menacés de disparition, avec en 2007 42% des espèces de requins et raies menacées d'extinction
Le grand requin blanc (Carcharodon carcharias) est lui aussi présent autour de la métropole. Mais il s’est tellement raréfié qu’il est très rarement cité et le grand public n’est généralement pas conscient de sa présence au large des plages de méditerranée (o il est brun), de l’Aquitaine ou de la Bretagne. Cette espèce magnifique, le plus grand prédateurs, comme le plus grand requin, le requin baleine, et comme la plus grande baleine, la baleine bleue, sont fortement menacés. Est-ce à dire que l’humanité ne tolère pas d’autre grandeur que la sienne ?
Je suis désespéré pour les milliers d’espèces que nous emportons dans notre folie sanguinaire et les systèmes impersonnels de gestion de la biosphère que nous avons mis en place en quelques décennies. Les grands prédateurs sont particulièrement concernés puisque les concernant ils sont aussi victimes de notre crainte, souvent irraisonnable, du danger, ou de la concurrence. Hélas je n’ai pas senti d’évolution de ces comportements hiératiques.
Avant la maîtrise du feu, nos ancêtres se couchaient dans leurs fragiles refuges sans savoir si un smilodon viendra dévorer l’un des leurs pendant la nuit. Est-ce que notre mémoire génétique nous pousse à la revanche contre tous les prédateurs ?
20:45 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : requin, film, animaux, écologie, environnement, nature, éthique
08 mars 2008
mes amis artistes : 1 Claire Boucl

© Claire Boucl, Installation pour le festival WWF, pétales de fleur, Longchamp, juillet 2007.
Les plus récents travaux de philosophie esthétique s’inquiètent du devenir de l’art dans une civilisation de l’image où les critères esthétiques se sont diffusés à l’ensemble de la société. Pensons par exemple à la description de la dissolution de l’art dans l’esthétique omniprésente décrite par Yves Michaud dans L’art à l’état gazeux. La moindre des productions de concommation, telles qu’un mixer, est conçue avec des designers, esthétisée dans sa forme et esthétiquement valorisée par les campagnes marketing qui en soutiennent la vente. Dans un tel contexte pourtant, les domaines traditionnels de l’esthétique que sont l’art et la nature conservent leur intérêt : le désintéressement, la mise en avant de l’expérience et de l’être au lieu de l’avoir, et une importante tradition culturelle qui donne du relief à ces expériences.
Malgré de très importantes différences entre l’expérience esthétique de la nature et celle développée par les arts au fil de leur histoire, ces deux expériences tendent à se rejoindre et à se conforter dans l’art actuel. Si ce rapprochement répond au besoin de valoriser les expériences esthétiques traditionnelles, retranscrites dans un langage artistique contemporain, le rapprochement est également motivé par la situation écologique.
L’écologie scientifique a progressivement montré que la nature était avant tout le résultat des relations entre tous ses composants. Ces relations sont dynamiques et complexes. Cette idée modifie de manière suffisamment importante notre perception de la nature pour que l’artiste devienne un médiateur nécessaire du renouvellement de cette perception. Ainsi, lorsque Claire Boucl crée des installations en matériaux naturels, in situ, éphémères ou évolutives, elle nous invite à faire l’expérience d’un environnement dynamique, complexe, riche et fragile. Ces valeurs constituent le fondement de l’expérience esthétique renouvelée et donnent autant de sens à une démarche artistique d’ensemble.

© Claire Boucl, chaussure "pétalisée"
Mais plus encore peut-être, si une partie de l’art contemporain s’éloigne parfois des problématiques de notre société, de nombreux artistes renouent avec la tradition d’un art engagé. Les crises environnementales en cours, principalement caractérisées par le changement climatique et l’érosion de la biodiversité, ne pouvaient pas laisser les artistes indifférents, eux dont une des fonctions historiques est de témoigner des enjeux de leur époque et d’interroger collectivement les choix de société qui les sous-tendent. Claire Boucl s’engage là aussi dans la problématique contemporaine qui vise à concevoir un modèle de développement durable en lieu et place d’un modèle social fondée sur la notion de croissance économique indépendamment de toute autre considération.
Les pétalisations par exemple, sont une intrusion de l’organique et du naturel dans l’expérience quotidienne. Ce procédé permet de « naturaliser » de manière esthétique et poétique le quotidien grâce au capital culturel esthétique des fleurs. Claire Boucl décline cette idée sur les corps humains, les objets usuels comme les environnements semis naturels. Cette invasion florale rappelle que chaque aspect de nos existences est lié dans le grand tout de la nature. Les matières premières et les énergies utilisées pour fabriquer les objets qui deviennent finalement des déchets ne sortent pas des cycles matériels et naturels. Les corps humains sont eux aussi inscrit dans le grand ensemble organique de la biosphère et de ses flux. En les marquant du saut des fleurs, Claire Boucl propose une expérience sensible, ludique et poétique de la réalité écologique du monde.
Les politiques de développement durable ou de protection du patrimoine naturel n’ont de cesse d’insister sur l’éducation et la sensibilisation. L’expérience esthétique et l’art sont historiquement les mieux à même de prendre en charge la sensibilisation aux enjeux qui nous sont contemporains. En parallèle du nécessaire travail de diffusion des connaissances permettant de comprendre les problématiques environnementales, les arts plastiques assurent la mise en place d’une relation sensible et intuitive à ces questions. C’est dans cette perspective que s’inscrit le travail de Claire Boucl qui a relevé le défi de renouer avec la tradition de la place de l’artiste et qui use d’un langage contemporain adapté à son sujet dans une expérience globalisante de la nature.
12:15 Publié dans esthétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, environnement, écoart, esthétique verte, art environnemental, nature et art, esthétique
03 mars 2008
Effet de Seuil

Photographie : Olivier Martin Delange
Certains phénomènes ne suivent pas une causalité linéaire ou proportionnelle. Certains phénomènes connaissent des effets de seuils. Tant que le seuil n’est pas atteint, il ne se passe presque rien ; lorsque le seuil est dépassé, il est trop tard… et l’enchaînement des conséquences est inéluctable…
Toutefois, même si les forces d’inertie de la biosphère et de la machinerie climatique font apparaître les risques liés au réchauffement planétaire comme une causalité à effet de seuil, il n’est pas impossible d’agir pour limiter les dégâts et sauver les meubles…
A-t-on dors et déjà passer le seuil rugissant vers des changements drastiques ? C’est indéniable…
Dans les instances internationales, dont le GIEC, le thème émergent n’est plus la seule lutte contre le changement climatique pour repousser son arriver ou limiter son ampleur, mais l’adaptation au changement climatique dors et déjà en cours…
Voici mon graphique préféré du moment, qui met bien en perspective les échelles temporelles des dynamiques que nous avons collectivement enclenchées :

source : GIEC
NB : et ça c'est dans l'hypothèse d'une réduction dratique des émissions de CO2...
Ainsi, les infrastructures qui ont une durée de vie longues, l’aménagement du territoires et les investissements immobiliers dont la durée de vie estimée est parfois supérieure à 100 ans doivent dors et déjà prendre en compte ces changements. Ils peuvent également être cité par les investisseurs en terme de risque et influer sur les conditions de financement et / ou de réalisation de nombreux projets.
L’adaptation est un enjeu perpétuel depuis 3,2 milliards d’année après tout… donc rien de neuf sous le soleil, même si notre atmosphère conserve sa chaleur avec plus d’avidité que par le passé… notre boîte de Pandore est grande ouverte…
13:55 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : réchauffement climatique, écologie, effet de seuil, logique, nature, environnement, changement climatique
01 mars 2008
bataille médiatique

photographie : Olivier Martin Delange
La vitrine de la lutte entre différents modèles de société, le lieu visible du débat aujourd’hui, prend ni plus ni moins la forme d’une bataille esthétique présente aussi bien dans nos médias que sur les étals des boutiques et des marchés. Ce combat opposant deux projets économiques différents se joue en termes d’image. L’enjeu de la lutte est l’implication du public, qui par son mode de vie choisit entre un projet écologique ou la persévérance dans un système strictement marchand. Evidemment, ce choix n’est pas exclusif et c’est d’ailleurs un mal nécessaire puisque « on vérifie généralement, dans une économie en crise, cette sorte de loi tendancielle d’accroissement du taux de pollution » . Les procédés agricoles et industriels les moins polluants sont souvent les plus coûteux à l’investissement et ne peuvent être appliqués en cas de récession économique. Les méthodes de communication qui entourent cet enjeu sont l’occasion de vérifier la nature des éléments esthétiques employés. Il n’est pas anodin de constater que du côté des entreprises, cette affaire est prise en main par des professionnels de la communication, plus que par des écologistes ou des agronomes. Ainsi, l’adhésion du public s’obtient par le biais de la publicité, et à coup de rapports annuels de développement durable, plutôt que par une argumentation ou la mise en avant de principes éthiques. Nous pourrions aussi évoquer les artistes militants écologistes par exemple. Au greenwashing nous pourrions opposer la notion d’écoconception. L’écoconception consiste à concevoir un produit de tel sorte qu’il ait le moins d’impacts négatifs possibles sur l’environnement, en prenant en compte l’ensemble de cycle de vie du bien, de sa fabrication, sa distribution et son usage jusqu’à son devenir en tant que déchet. L’écoconception et l’éco-responsabilité peuvent aussi être introduites dans le monde de la publicité. Dans ce cas, il s’agit d’émettre un message sans mensonge écologique, sur un support qui vise lui-même à appliquer des critères environnementaux, par exemple en sélectionnant les supports publicitaires et leurs moyens de production selon leurs impacts sur l’écosystème et les pollutions qu’ils génèrent . On retrouve ici une démarche similaire à celle de la HQE par exemple, où les principes qui relèvent d’une éthique environnementale occupent la place traditionnelle de considérations purement formelles. L’écoconception investit des domaines esthétiques et en devient un critère. En rappelant les conditions sociales actuelles d’animation du « débat » public, nous constatons qu’il ne faut pas sous-estimer l’importance des jeux esthétiques dans l’obtention des choix éthiques pour l’environnement.
Ainsi, la résolution de la crise écologique étant relative à un programme économique, l’esthétique intervient à titre d’argumentaire. La diffusion du dilemme auprès du public ne peut passer par la seule présentation du débat théorique dont nous avons décrit la complexité.
Il ne nous reste plus qu’à déterminer à quel point une sensibilisation par le biais d’une esthétique verte peut aboutir à une prise de conscience éthique de l’environnement.
références :
- Martin Seel, « Ästhetik als Teil einer differenzierten Ethik. Zwölf kurze Kommentare », in Ethisch-ästhetische Studien, Suhrkamp, Frankfort, 1996, p. 227, traduction Claude Thérien.
- Le secteur de la publicité se mobilise, par exemple à l’initiative d’Havas Media,PricewaterhouseCoopers, l’ADEME, Ecobilan et LVMH qui développent conjointement un outil métier d’évaluation environnementale de leurs productions. Cette outil est nommé « écopublicité ». Voir ecopublicite
17:15 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, développement durable, environnement, nature, art, média, publicité
Printemps

Avec des semaines d’avance les fleurs s’épanouissent… juste pour exemple ces petits cerisiers dans la cours de l’immeuble où je travaille…
Les amaryllis quant à elles n’en finissent plus…

16:56 Publié dans l'almanach | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note















