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19 novembre 2007

maudite beauté

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Photo : John Crellin

Il est un argument que, par pure optimisme, je n’ai pas considéré jusqu’ici et qui pourtant est un facteur non négligeable d’érosion de la biodiversité : la beauté.
La beauté peut être une malédiction parce qu’elle suscite immanquablement la convoitise et le désir de possession. Les beaux paysages du littoral, la valorisation esthétique de ces sites à partir de la peinture du XIXe siècle, leur valorisation culturelle qui s’en suivit puis leur valeur économique montant en flèche sont les dynamiques à l’origine du bétonnage de milliers de kilomètres de bords de mer et la destruction d’autant d’écosystèmes. De là à souhaiter détruire les toiles de maître pour sauvegarder les paysages qu’elles représentent…
La même logique a présidé à l’exploitation animale concernant les fourrures, l’ivoire et les plumes qui, dont l’exploitation, à partir de leur appréciation esthétique se sont développées de véritables industries à l’origine de destruction d’espèces.
Plus cynique encore, une action à l’air aussi innocente que la cueillette, lorsqu’elle est systématique ou qu’elle touche des espèces aux effectifs déjà réduits est tout aussi destructrice.
Ainsi, j’ai découvert il y a peu dans un livre de botanique cette plante, La fritillaire pintade (Fritillaria meleagris) que, malgré mes pérégrinations dans divers massifs forestiers et en montagne, je n’ai jamais rencontré. J’avoue qu’instinctivement en voyant cette fleur, ma première réaction a été : je la veux ! Aussitôt dit, aussitôt fait. Je l’ai commandé chez un pépiniériste, on en trouve même en vente en ligne.
On pourrait alors se dire que l’horticulture sauve de notre rapacité les espèces qui disparaissent de leur milieu naturel en raison de leur beauté. Hélas il n’en est rien. Tout d’abord cette idée n’est pas souhaitable, comme la seule conservation d’espèce animale dans des zoos, au détriment d’un environnement appauvris. Mais en plus, les plantes cultivées subissent immanquablement une sélection qui n’a rien de naturelle, pour forcer tel ou tel caractère, de telle sorte que la dérive génétique artificiellement provoquée aboutie à des cultivars qui n’ont plus rien de naturels.

NB : Bien sûr, comme nous n’avions pas encore rencontré cette espèce, Olivier n’a pas pu réaliser de photo et une fois n’est pas coutume, j’attendrai ce printemps pour qu’il puisse réaliser des prises de vues de notre dernière acquisition
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Photo : John Crellin

14 novembre 2007

Perspectives temporelles

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photographie : Olivier Martin Delange


podcast

Damien Rice, The Blower's Daughter

Chronos mange ses enfants nous dis le poème. La petitesse de la perspective temporelle humaine m’emporte immanquablement dans des élans nostalgiques, une forme de Sehnsucht typique…

Chaque automne je prends un plaisir infini à récolter les graines de l’année, à préparer les pousses du printemps prochain et à imaginer la configuration des balconnières à Paris et du jardin de mes grands-parents à Waldighoffen. J’aime constater l’épaisseur légèrement plus importante des petits troncs d’arbres que j’ai moi-même fait germer, parce que je sais que selon toute probabilité ils me survivront. Un petit Albizzia de deux ans vient de perdre sa dernière feuille pour l’hivers, mes Floristan alba de trois ans se sont transformées en buisson touffu et mon millepertuis arborescent a perdu ses feuilles pour faire apparaître les petites tiges vertes lumineuses des toutes petites feuilles qui se développeront au printemps. Une vipérine des Açores qui entame sa troisième année d’existence nous fait la promesse de sa titanesque floraison, les amaryllis émergent lentement dans l’appartement…
J’aime caresser l’écorce rugueuse des cerisiers que j’ai planté il y a vingt ans en creusant dans la terre argileuse qui m’a vue naître. Je ressens une paix indescriptible en retrouvant chaque année le tilleul en fleur centenaire du fond du jardin et regarder ses racines courir sous le béton de la terrasse que l’arbre a commencé à défoncer… force de vie et illusion de pérennité…
Chaque printemps j’imagine déjà le suivant, chaque année est une expérimentation sur de nouvelles espèces, de nouvelles dispositions, et cet exercice est sans fin. Aussi la perspective de ne pouvoir le faire encore que 40 à 60 fois me semble particulièrement cruelle… encore que… ce qu’on appel « espérance de vie » est en fait l’age moyen des morts de l’année, en l’occurrence ceux qui ont connu des conditions environnementales peu polluées et une alimentation bien différente de la notre…je ne m’avance pas beaucoup en supposant que cette fameuse « espérance de vie » ira en baissant. Mon tabagisme et ma tension nerveuse à 19 devraient forcer le trait…
Pourtant, un millénaire d’existence ne serait pas de trop en dépit de l’importance de la mort. Tant et tant à faire, à voir, à parcourir… l’ennui m’est inconnu. Lecteur assidu de science fiction et curieux d’entomologie je me rends compte à quel point notre perspective temporelle limité à moins d’un siècle est un terrible biais de lecture du monde. Nous passons à côté de tant de choses !
Que serait le monde du point de vue d’un piéride du chou qui vit trois semaines au stade de papillon ? Que serait le monde du point de vue d’un dragonnier de 5 000 ans ? Peut-être prendrions-nous conscience que l’enchaînement des initiatives individuelles n’a aucune importance pour la marche du monde qui est essentiellement déterministe et que de la lecture du présent et de ses tendances, une analyse prospective permettrait de dérouler tout l’avenir de l’univers. Conceptuellement ce n’est pas impossible.
Mais que resterait-il ? En dernière analyse quelle serait le dernier résidu d’humanité, ce qui distingue nos existences des froides étendues sans fin des temps géologiques et de la masse écrasante des êtres vivants qui se succèdent indéfiniment depuis 3.2 milliards d’années sur ce bout de roche perdu en périphérie de la Voie Lactée ?
Les simples instants que nous passons les uns avec les autres. Les simples regards échangés, les mots aussi plats que les bonjours et les si étranges, incongrus et pourtant puissants sentiments que nous pouvons nourrir comme une incandescente lueur évanescente perdu dans un ensemble titanesque en pleine entropie… remis dans la perspective temporelle d’autres points de vue, les vies des êtres sentients dont nous sommes s’avèrent d’une insignifiance quantitative déconcertante. Peut-être est-ce pour compenser cela qu’on peu leur théoriser une importance qualitative absolue ?
L’analyse systémique appliquée en écologie peut-elle être employée à l’analyse des ces je-ne-sais-quoi et presque-rien ?

10 novembre 2007

devinez ce que c'est !



09 novembre 2007

Perspective historique

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photographie : Olivier Martin Delange

Je me souviens de l’été 1991 où mes grands-mères, sans concertation et à quelques semaines d’intervalle, m’ont dit la même phrase qui m’a fortement impressionné. En substance elles disaient me plaindre d’être né à la fin du XXe siècle parce qu’il n’y avait plus aucune Cause à défendre et que le désoeuvrement affligerait ma génération. « Je préfère avoir connu la guerre mais vécue toutes ces riches années plutôt que de naître aujourd’hui. » La guerre était loin, la décolonisation presque achevée et le bloc de l’Est s’était effondré. On a cru en une fin de l’Histoire.
Leur point de vue concordant était d’autant plus surprenant qu’elles n’ont pas passé la guerre du même côté de la frontière…
Mes deux arrières grands-mères vivantes à cette date ont confirmé, je crois que ça m’a encore plus surpris puisqu’elles ont connu les deux guerres mondiales. Les hommes de la famille ont gardé le silence sur ce sujet, comme toujours…

Comme elles avaient tort ! J’ai toujours trouvé que la nostalgie passéiste pour la seconde guerre mondiale était mortifère, en dépit de l’importance du devoir de mémoire et de l’aspect fondateur de cette époque pour nos organisations actuelles. Et les combats, les Causes, n’ont pas disparu. Ils ont seulement changé de registre et de nature.
Je n’irai pas jusqu’à louer la crise environnementale mondiale comme une opportunité merveilleuse pour éviter le désoeuvrement prédit par mes grands-mères, mais si ce n’est pas là une Cause ! Elle touche aux conditions mêmes de la continuité de la vie et de nos cultures, et cette Cause pour une fois n’est d’aucun peuple, d’aucune ethnie, d’aucune religion, elle n’est pas là pour opposer, elle a une vocation mondiale qui n’a plus rien des Causes à l’origine des grands bains de sang du siècle dernier.

Si nos aînés ont eu la force d’âme nécessaire pour s’engager, avec incertitude et crainte, dans les heures les plus sombres de l’histoire contemporaine alors qu’on parlait de mort, pourquoi ne pourrions nous pas en faire autant pour une Cause qui parle de vie ?

On objectera que l’engagement pour les questions écologiques ne relève pas de l’héroïsme et de l’acte de guerre, il n’a pas l’aspect spectaculaire et dangereux de l’acte de résistance. Evidemment ! Alors il devrait être d’autant plus facile de s’engager cette fois non ? A moins que ce ne soit le caractère désespéré de la situation et l’interdiction qui ont poussé dans leur plus grande expression certaines personnes à l’époque et que sans ces extrémités nous ne nous engageons pas ? Pour ceux qui ont besoin de ce genre de motivation les rapports catastrophistes ne manqueront pas de les convaincre (voir le dernier rapport du GIEC, ou le GEO 4 du PNUE, qui parviennent à nous alarmer malgré une certaine langue de bois!). S’ils ne sont toujours pas convaincu je n’aurai qu’un mot : « patience »…

08 novembre 2007

Le goût de la nuit

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photographie : Olivier Martin Delange

Rupture de ton, rupture d’esprit. La nuit invite à l’introspection, les soliloques n’en finissent plus et je m’enlise dans la langueur amère de mes nuits d’insomnie perpétuelle.
Le changement de saison ne laisse pas indifférent, et j’avoue que moi aussi je suis sensible au rythme des nuits qui s’attardent à n’en plus finir et qui plongent sur l’Europe comme un suaire tiré sur son grand corps.
Chaque soir, vers 17h30, je me rends sur le balcon du bureau pour fumer une cigarette dans la fraîcheur vivifiante. Juste vêtu d’une éternelle chemise noire en coton, je me délecte du soleil qui glisse sur l’horizon à ma gauche et de la tour Eiffel qui s’allume à ma droite. Le ciel est alors zébré de rose vif tandis qu’à l’autre bout de mon champ de vision ce sont les ténèbres qui règnent. Rasséréné par cette vision qui a quelque chose de poétique j’aborde sereinement les dernières heures de travail de la journée.
En cette période de l’année j’ai souvent l’illusion que la nuit est éternelle. Elle est là lorsque je me lève, et elle m’entoure de son étrange aura lorsque je rentre le soir. Il y a même eu des hivers passés sans voir le lieu où je vivais de jour.
Etrangement, l’obscurité me rassure. C’est un peu comme si l’existence entière n’était qu’un rêve, une nuit agitée qui dès l’aube s’envolera en une vapeur iridescente.
La nuit offre aussi un profond sentiment de solitude, et qui ne m’a jamais attristé, au contraire. Je partage ce goût pour les heures très matinales avec Olivier et le sentiment de solitude n’est pas altéré par ces heures de travail ou d’échange côte à côté au fil des années.
Dans l’obscurité je me retrouve. Ce sont les heures où le temps est suspendu de sa course, sans sollicitation extérieure, pas de coup de téléphone, pas de présence humaine dans les rues ou de bruits répercutés par les vieux murs de mon immeuble, tout juste le ronflement du voisin d’à côté ou les répétitions à la guitare à trois heure du matin du voisin du dessus. Je ne l’ai jamais vu mais je l’aime bien ! Le bruit nocturne ne me dérange pas. Il chante faux la plupart du temps et il s’efforce avec acharnement sur les morceaux les plus difficiles pour lui, ce qui est tout à son honneur, et qui me servira d’excuse si se plein de mon propre acharnement sur la guitare certains samedi après-midi…

Mais la vie nocturne, c’est aussi tout un monde discret de vie. Il y bien sur la fouine qui réside dans l’immeuble. En été elle a pour habitude de hanter les alentours et j’aime voir son échine courbée se glisser sous une voiture dès qu’un bruit suspect se fait entendre !
Qu’est-ce que j’ai pu arpenter les rues en pleine nuit ! Les renards croisés en pleine ville, les rats qui détalent à mon arrivés, les chats curieux perchés sur un muret ou le pilier d’une grille dont le froid regard perce de son éclat l’obscurité. Je me souviens d’un ragondin énorme qui marchait nonchalamment le long des quais indifférent à ma présence, les chauves-souris qui virevoltent autour de lampadaires…
Mieux encore : la forêt. Lorsqu’au petit jour je voyais les hardes de biches ou de chevreuils ; et quand il fallait courir plus vite que le groupe de sangliers et de marcassin parce qu’ils foncent tête bêche… J’ai eu la chance de vivre dans une forêt peuplé de bison d’Europe survivants alors que j’étais enfant. Mes parents me laissaient flâner dans cette forêt que je connaissais par cœur et comme le bus passait non loin vers 5h30 du matin je devais bien en traverser une partie le lundi matin pour partir à l’internat !

Cette vie nocturne m’est en partie inaccessible à Paris, mais pour consolation il y a des phénomènes aquatiques qui eux aussi son conforment à mes habitudes insomniaques… Les ampullaires (Pomacea) s’animent vers 20h, et les khuli (Pangio kuhli) ne font leur apparition que vers minuits. Je passe toujours quelques minutes à espionner les étranges mouvements de mes gastéropodes et les furtives excursions ondulantes des petits poissons serpentiformes. Compagnons nocturnes jovials, j’ai toute les difficultés du monde à en obtenir une image correcte aussi vous excuserez les vidéos de mauvaises qualités. Les khuli sont trop rapides et je ne parviens pas à les filmer…

La nuit pour l’illusion de calme qu’elle nous inspire est un moment propice à la contemplation des curiosités naturelles, un moment de choix pour la sensibilisation à des enjeux aussi diffus que ceux du développement durable comme les nuées nocturnes.

02 novembre 2007

Le CO2 tueur

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photographie : Olivier Martin Delange

Alors que j’avais 5 ans, une terrible et énigmatique histoire s’était déroulée au Cameroun. Durant des mois l’affaire était restée mystérieuse et avait de quoi inquiéter. Le 21 août 1986 au soir, à 30 kilomètre autour du Lac Nyos plus aucun animal ou humain n’était vivant. Tous ont été retrouvés morts, sans blessure. Aucune des 1 700 personnes présentent dans ce périmètre n’a survécue.
Il a fallu plusieurs mois pour comprendre ce qui s’était passé. Bien sur c’est le lac volcanique qui était responsable, évidemment, il s’agissait de l’émanation d’un gaz. Mais lequel… du CO2 !
Plus lourd que l’air, 300 millions de m3 de CO2 se sont engouffrés dans les vallées asphyxiant tout ce qui s’y trouvait. Aujourd’hui le lac est équipé d’un système de dégazage pour qu’il ne parvienne plus à saturation et se renverse à nouveau libérant une folle quantité de CO2 meurtrière. D'ailleurs au passage ce serait un endroit parfait pour tenter le stockage de CO2...

Je me posais des questions sur la toxicologie du CO2, voici des éléments de réponse avec le contexte d'une part et les effets de l'autre. Les valeurs concernent l'espèce humaine, beaucoup d'autres espèces sont bien plus sensibles et les seuils de tolérance diffèrent de beaucoup.
Bien sûr la moyenne mondiale n'arrivera pas là (j'espère) ce qui impliquerait des augmentations de température phénoménale ! Mais les teneurs en CO2 ne sont pas égales partout et surtout en ville...

Evolution de la concentration de CO2 entre la période préindustrielle et 2005
Concentration au cours de la période 1000 - 1750 : 280 ppm*
Concentration en 2005 : 379 ppm
Evolution : + 35 %
Source : CITEPA

*ppm = "parties par million"


Chez l'homme, le CO2 est toxique à des doses relativement faibles et pour des temps d'exposition de quelques minutes seulement. 1000 ppm (0,1%) est la valeur maximale admise pour le dimensionnement des systèmes de conditionnement de l’air, à l’intérieur des bâtiments et maisons d’habitation.
à partir de 0,1 %, (1000 ppm), le CO2 devient un des facteurs d'asthme ou du syndrome des bâtiments.
Au dessus de 0,5% (5000 ppm), la valeur maximale d’exposition professionnelle retenue dans la plupart des pays, et la valeur maximale admise pour le dimensionnement des appareillages d'air conditionné dans les avions sont dépassées.
trois fois ce taux (1,5%, ou 15000 ppm) est la valeur maximale d’exposition professionnelle sur une durée maximale de 10 minutes.
Au delà de 4% de CO2 dans l'air (40000 ppm) le seuil des effets irréversibles sur la santé est atteinte (c'est le seuil qui justifie une évacuation immédiate de locaux). A partir de 10% et d'une exposition dépassant 10 minutes, sans une action médicale de réanimation, c'est la mort.
Notre système respiratoire et circulatoire est très sensible au CO2 : Une augmentation minime de la concentration en CO2 de l'air inspiré accélère quasi-immédiatement le débit respiratoire qui est normalement de 7 litres/minute (sous 0,03% de CO2 dans l'air inspiré), et qui passe à 26 litres/minutes (pour 5% de CO2 dans l'air inspiré).

A l’heure où nous libérons le CO2 enfouit depuis le carbonifère et qui a rendu l’atmosphère viable pour les mammifères et les espèces contemporaines on peut se poser des questions sur les niveaux de CO2 que nous sommes susceptibles de provoquer, à l’échelle mondiale, mais surtout dans des lieux mal ventilés… va-t-on reconstituer l’atmosphère (et donc le climat) invivable pour les espèce contemporaines, d’avant le carbonifère ? Pire, un emballement, qu’on sait possible, transformera-t-il la Terre en fournaise dénuée de biosphère comme Vénus dont le taux de CO2 transforme la planète en four ?
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Source : ICI

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