06 juin 2009
Pour que l’Hôtel du Nord change de carte

Alors qu’il y a quelques semaines à l’occasion du mail DD hebdomadaire je militais contre la consommation de thon rouge je me retrouve un midi avec des collègues à l’Hôtel du Nord, joli cadre un peu surfait au bord du canal Saint-Martin. Et qu’y a-t-il à la carte ? Du thon rouge…
Evidemment je fais un scandale au serveur qui m’assure de son soutien, en ayant déjà fait la remarque à ses patrons. J’ai donc attendu vaillamment que ceux-ci montrent le bout de leur nez…
Quelques minutes plus tard arrive la commandes des deux femmes assises à la table la plus proche de la notre : du thon rouge.
Une fois de plus, tant pis, j’ai été très lourd parlant suffisamment fort pour qu’elles m’entendent expliquer tout le bien que je pense de la consommation de ce poisson.
Lorsque les pouvoirs publics, face à des lobbys puissants, ne prennent pas les décisions qui s’imposent afin de sauver une espèce de l’extinction, c’est aux citoyens de se mobiliser.
Hélas on pense couramment comme Platon que nul n’est méchant par nature, juste ignorant et que les mauvais comportements sont le seul fait de l’ignorance. C’est sur cette idée que se fonde la politique de sensibilisation et de pédagogie que les pouvoirs publics et les ONG déploient depuis des années. Ce qu’ils oublient c’est que l’homme qui a coupé le dernier arbre de l’ile de Pâque savait que c’était le dernier, et que les deux femmes au look très rombières-bourgeoises-parisiennes qui se délectaient du cadavre d’une espèce en plein effondrement savaient très bien ce qu’elles ingurgitaient en piaillant. On touche ici les limites de la liberté.
Alors, afin de ne pas faire le seul pari de la foi inconsidérée en la bonté humaine et la capacité de chaque individu à prendre ses responsabilités vis-à-vis du vivant, ne nous gênons pas pour dire le bien qu’on pense du thon rouge à la carte des établissements qui en vendent encore.
Vous aussi écrivez à l’Hôtel du Nord : hoteldunord.org et n’hésitez pas à signaler les autres lieux qui continuent à vendre cette espèce.
21:48 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hotel du nord, thon rouge, environnement, paris, nature, consommation, responsable, écologie, biodiversité, militant
21 janvier 2009
L’anti-écolo de l’année !

source : culture 11
Contrairement aux habituels candidats malheureux à la vice-présidence US, Sarah Paulin ne disparaît pas des médias, mais pas forcément à son avantage ! En recoupant les articles rédigés sur la gouverneur de l’Alaska, on peut sans risque de se tromper la désigner comme la personnalité la moins eco friendly de l’année !
Pourtant c’était bien parti. La première fois que j’ai vu son minois sérieux de belle jeune femme dynamique, un complément parfait du profil du chevronnée McCain je me suis dit que c’était foutu pour les démocrates…mais heureusement pour ces derniers, la première image était incomplète et lorsque la dame a pris la parole s’en fut terminé de son capital sympathie.
Dernière exaction invraisemblable en date relevée dans la newsletter de Gondwana Agency, Sarah Palin menace d’intenter un procès afin d’empêcher l’inscription du beluga, (petite baleine blanche), dans la liste des espèces menacées des Etats-Unis. Pourtant, cette espèce est indubitablement en danger, avec des effectifs dans le du Golfe de Cook qui sont passés de 1300 individus il y a 30 ans, à 375 par exemple… Cette affaire n’est pas sans précédent puisqu’ « il y a quelques mois, un procès a déjà été intenté par le gouvernement d’Alaska pour ne pas inclure les ours blancs sur la fameuse liste » comme le relève Gondwana. L’agence en conclue évidemment que Sarah Palin « cherche ainsi à préserver les intérêts commerciaux d’une zone riche en pétrole et en gaz »
On pouvait s’en douter, puisque ce procès absurde n’est que l’aboutissement d’une longue liste de propos invraisemblables du point de vue environnemental ou même scientifique.
Souvenons-nous du sac cabas "real women hunt moose", soit "les vraies femmes chassent l'élan".
ou des propos qui niaient la responsabilité des hommes sur le réchauffement climatique, celle qui se considère comme un pitbull avec du rouge à lèvres n’est pourtant pas l’ami des animaux !
Enfin, par deux fois, Sarah Palin a montré son inconsistance et une inculture scientifique inquiétante en particulier lors d'un discours sur les dépenses pour la recherche scientifique et d'arrêter d'en verser dans des projets qui, selon elle, «n'ont pas grand chose ou rien à voir avec le bien public. Comme des recherches sur la drosophile à Paris, en France». Pourtant objet de recherche essentiel en biologie moléculaire aux implications pratiques ultérieures fondamentales, notamment en génétique et en médecine.
Summum de la stupidité, si toutefois cette allégation est vraie, relayée par le Los Angeles Times le 29 septembre dernier. Le quotidien californien cite un certain Philip Munger, ancien professeur dans un lycée de Wasilla, « qui affirme que Sarah Palin lui aurait confié en 1997 qu'elle croyait que les dinosaures et les hommes avaient vécu en même temps sur Terre, il y a six mille ans »… ce n’est jamais qu’une erreur d’environs 55 millions d’années… et au passage une idée qui fleure bon le créationnisme…
J’avais une très belle image des habitants de l’Alaska… j’espère que leur représentante élue n’est pas représentative !
22:31 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, anti écolo, écologie, nature, environnement, biodiversité, sarah palin
03 janvier 2009
France, terres de biodiversité ?
photographie : Olivier Martin Delange
La diversité biologique et les ressources naturelles vivantes produites par les écosystèmes contribuent directement à plus de 40% de l’économie mondiale selon le Millenium Ecosystem Assessment . Dans son quatrième rapport « GEO-4 », le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) rappelle que les espèces meurent cent fois plus vite que le rythme identifié par les études de fossiles. En 2007, 12% des oiseaux, 23% des mammifères et plus de 30% des amphibiens étaient menacés d'extinction dans le monde Selon l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature et de ses ressources (UICN). Les données les plus récentes ne sont pas plus optimistes…
Les outils économiques et les réglementations se mettent progressivement en place, sur le modèle de ce qui a été réalisé pour les Gaz à Effet de Serre. Les deux thématiques se recoupent. Par exemple le Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF), doté de 160 Millions de dollars en décembre 2007, vise à récompenser financièrement la "déforestation évitée". Les « projets domestiques » en France rendre possibles de tels initiatives.
L’Europe est également concernée par cet enjeu. La Convention sur la diversité biologique Fixe depuis 2002 pour objectif l’arrêt de l’érosion de la biodiversité pour 2010. Ainsi par exemple, la France est menacée de 100 000 euros d’astreinte journalière pour le grand hamster d’Alsace depuis décembre 2007 au titre de la directive « Habitat ». Le crapaud vert, le vison d’Europe et de la tortue d’Hermann sont dans des situations tout aussi critiques.
La France est particulièrement concernée par la question de la biodiversité avec :
• 4 régions biogéographiques européennes sur 9
• 7 régions mondiales en comptant les DOM-TOM
• 5 des 25 « points chauds » terrestres de biodiversité,
• 2 des 10 « points chauds » marins de biodiversité, 10% des récifs coralliens mondiaux,
• 136 des 218 habitats d’intérêt communautaire européens sont en Métropole
• 15,4 millions d’hectares de forêt en métropole
• 8 millions d’hectare de forêts primaires
• 378 espèces animales et 486 espèces végétales menacées en France métropolitaine
• 900 espèces menacées au niveau mondiales vivent sur des territoires français (DOM-TOM inclus)
Les annonces nationales se sont accumulées ces derniers mois et augures l’intégration de la problématique biodiversité par l’ensemble des acteurs économiques. Sont par exemple annoncée depuis le Grenelle environnement (groupe 2) :
• l’utilisation effective des Plafond Légal de Densité (PLD, 1975) tombés en désuétudes
• une Trame verte national qui structure l’aménagement du territoire (2009-1012),
• un critère biodiversité et GES dans les Dotation Globale de Fonctionnement des Collectivités locales,
• un projet de taxes sur la consommation d’espace naturels et des ressources vivantes,
• un projet de taxe sur le m2 imperméabilisé,
• un projet de taxe sur le changement de destination des sols
• une obligation d’information sur la biodiversité (en plus des GES et de l’eau) pour les entreprises.
Espérons que le travail commence enfin ! Mais par quel bout prendre le problème ? En sus de la recherche fondamentale en biologie, écologie et même géologie, des axes de recherches complémentaires permettront de mettre sur pied les outils de régulation, de contrôle et de promotion de la protection de la biodiversité. Et il y a urgence ! Les sujets ne manquent pas et voici les principaux pour lesquels les recherches ont commencées :
Poids économiques de la biodiversité
Services éco-systémiques, rendement et matières premières, résistance aux catastrophes naturelles, prospection pharmaceutique
Les systèmes de compensation et de quotas
Les modèles aux USA (Mitigation Bank et Conservation Bank), en Australie (Bush Tender, Bush Broker) au Canada (Fisheries Act), en Suisse (loi fédérale pour la protection de la Nature et des Espaces).
Les indicateurs de biodiversité
Conception et modèle. Indicateurs pour les reportings des entreprises, indicateurs économiques et indicateurs écologiques pour les quotas et compensation.
NB : Le collège employeur a souligné l’intérêt du développement des indicateurs de biodiversité pour les entreprises dans le cadre du Grenelle environnement.
14:04 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : biodiversité, nature, environnement, développement durable, science, indicateur, grenelle
09 décembre 2008
Nouvelles frontières
Ce n'est pas le plus gros, mais c'est un drôle d'animal d'une espèce a priori rare, avec ses longs tentacules étranges. Ce spécimen a été observé dans le Golfe du Mexique en novembre 2007 à 2,5 km de profondeur. Le site de National Geographic diffuse la vidéo prise à 2.500 mètres de profondeur par une caméra télécommandée d'un Magnapinna, un calamar géant de forme inhabituelle.
Les images ont été prises le 11 novembre 2007 dans le Golfe du Mexique par une caméra d'un sous-marin télécommandé de la compagnie pétrolière Shell. Selon le National Geographic, cette vidéo a tout d'abord circulé durant un an dans les boîtes mails d'employés de l'industrie pétrolière avant de parvenir à ses journalistes.
Le Magnapinna se caractérise par de très longs tentacules coudés ressemblant à des épaules et peut atteindre la taille de 7 mètres. Il a jusqu'à présent été très peu observé.
On peut s’interroger face à une telle découverte sur les raisons de la non diffusion des images. Manque de compréhension des enjeux de biodiversité et de l’intérêt scientifique de cette observation ou volonté de discrétion de la part d’une exploitation des fonds marins dont on connait mal les impacts environnementaux sur site ?
Depuis le 25 mars 2008, le Muséum national d’Histoire naturelle accueille en sa Grande Galerie de l’Évolution un spécimen de calmar géant plastiné au monde. Cet animal mesure plus de plus de 6 m. Il fait partie de la classe des Céphalopodes, du genre Architeuthis, de l’ espèce sanctipauli. Il a été pêché le 27 janvier 2000 au large de la Nouvelle-Zélande (44°21 e-19’S et 175°05’-174°34’E) par 615 mètres de profondeur. Selon les estimations des scientifiques, il était âgé de 1,5 à 4 ans. D'après les spécimens analysés, l'âge maximum est évalué à 14 ans. Aujourd’hui, l’Architeuthis est reconnu comme le plus grand invertébré du monde avec une longueur qui peut atteindre 18 m, dont plus de 11 m de tentacules, pour un poids variant de 500 à 1000 kilos.
Les légendaires calamars géants ne le sont plus, il s’agit d’une famille d’espèce que nous apprenons à découvrir grâce aux nouvelles capacités technologique de plongés et d’observation dans des profondeurs ou la haute pression pose des difficultés technologiques qui n’ont rien d’anodin. Quant à savoir si étendre l’empire de la science est une bonne chose c’est une autre histoire.
Toutefois, le principal intérêt de la découverte de telles espèces, de grande taille qui plus est, est de mettre notre ignorance dans la perspective de l’infinie richesse de la biodiversité. Combien d’espèces ont dors et déjà disparus en raison de nos activités sans même qu’aucun humain n’ai pu la connaitre ? Sur quoi pourrions nous tomber au fonds des océans, des forêts tropicales ou des plaines du fin fond de la Sibérie ?
En tout cas, je ne résiste pas à la tentation de la connaissance et les informations sur ces étranges animaux n’apaisent pas notre sempiternelle soif de savoir. En voici donc un peu plus :
D’après Wikipédia "Les calmars géants, qui habitent les grandes profondeurs (depuis 500 m jusqu’à 3 000 ou 4 000 m) n’avaient jamais été observés dans leur milieu naturel. Ce n’est qu’en 2004 que les premières images d’Architeuthis ont été prises. Une équipe de scientifiques japonais ont pu prendre des photos d’un calmar géant de 8,5 m, en plongeant un dispositif équipé d’un appareil photo sur lequel sont fixés des appâts.
La taille maximale que peuvent atteindre ces animaux n’est pas connue avec exactitude, mais des spécimens d’une longueur totale d’environ 18 m, dont plus de 11 m de tentacules, ont déjà été étudiés. En juillet 2002, un calmar géant de 250 kg (avec un corps de 7,50 m et des tentacules évalués à 15 m de long) a été trouvé sur les plages de Tasmanie. Un œil de calmar géant mesurant 40 centimètres de diamètre (retrouvé dans l'estomac d'un cachalot) a laissé supposer l'existence de spécimens mesurant jusqu'à 25 mètres de long ; des tentacules, toujours retrouvées dans l'estomac d'un cachalot, laissent penser à un spécimen de 45 à 50 mètres de long ; des traces de ventouses larges comme une grosse assiette appuient l'hypothèse selon laquelle cet animal peut atteindre les 60 mètres. Aucun spécimen complet avec de telles mensurations n'a encore été découvert à ce jour."
00:39 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : biodiversité, environnement, nature, animaux, calamar géant, mystère, océan
03 décembre 2008
Biodiversité en France : état d’urgence
Photographie : Olivier Martin Delange
L'UICN, en partenariat avec le Muséum National d'Histoire Naturelle, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), la Société d'études ornithologiques de France et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, a suivi les populations de 277 espèces d'oiseaux nicheurs de France métropolitaine. Résultat, 73 espèces sont menacées. Cette étude complète l’indicateur de biodiversité que nous avions présenté ICI.
Les résultats sont sans appel. Par exemple la Pie-grièche à poitrine rose est "en danger critique" d’extinction sur notre territoire avec seulement 30 à 40 couples en France.
Le Milan royal, pourtant espèce protégée, est classé "vulnérable", victime de tirs au fusil et d'appâts toxiques. L'Aigle de Bonelli, également protégé, est classé "en danger", menacé par la raréfaction du lapin de garenne, sa proie favorite, et par les lignes à haute tension.
J’en suis d’autant plus affligé que j’ai beaucoup d’attachement pour le Milan royal, très beau rapace à la queue en biseau rousse, facile à repérer dans le ciel. Il venait souvent attraper des volailles dans la basse cours de ma tante en Alsace lorsque j’étais petit et j’adorai suivre la migration des Milan royaux et des Milan noirs qu’on voyait encore nombreux planer dans le ciel de Suisse en septembre.
Parmi les espèces marines, le Pingouin torda et le Macareux moine, qui subissent à la fois la pollution due aux hydrocarbures et les effets du réchauffement climatique, sont considérés comme "en danger critique".
La conjugaison de l'ensemble de ces menaces se traduit par un déclin marqué de nombreuses populations d'oiseaux comme le Pic cendré ou le Bouvreuil pivoine dont la population a plongé de 60% en moins de 20 ans. C’est une tragédie naturelle, mais aussi culturelle. Toute mon enfance je voyais ces magnifiques bouvreuils pivoine au dimorphisme sexuel marqué (le male est pivoine, d’où le nom de l’espèce, et la femelle marron) venir picorer les graines que nous leur destinions l’hiver sur les rebords de fenêtre. Je n’en vois plus autour de la maison familiale.
Au total, la part des espèces menacées est plus importante en métropole (26%) que dans l'ensemble du monde (12%), note l'UICN.
Mais tout n’est pas perdu, en faisant des efforts significatifs nous pourrions inverser les tendances. Ainsi, les actions de protection des zones humides engagées depuis plus de deux décennies ont permis d'améliorer la situation de plusieurs espèces comme le Butor blongios, un petit héron, et la Guifette moustac. Et après avoir disparu de France pendant près d'un siècle, le Vautour moine niche à nouveau dans les Grands Causses, en Aveyron, Midi Pyrénées, grâce à un programme de réintroduction réussi.
Les causes de ces réductions d’effectifs sont aussi nombreuses que diffuses. La première d’entre elle et dont nous devrions prendre conscience pour certains écosystème c’est la perte d’habitat. Un habitat forestier par exemple doit être suffisamment grand, les reliques de forêt qui subsiste déci-delà ne sont pas un habitat suffisant, trop éclaté. Les forêts n’ont pas toute la même qualité écologique et il ne faut pas s’y tromper. Les grands espaces agricoles sont souvent des « zones mortes » qui cumules les facteurs nocifs pour la biodiversité. Il n’y a qu’à regarder la France sur Google Earth pour prendre conscience du problème des habitats naturels.

photo : autour de Waldighoffen, plaine d'Alsace
L’artificialisation du territoire qui ne cesse de grignoter de l’espace correspond à l’urbanisation et l’expansion des infrastructures. Elle engendre une perte de ressources naturelles et agricoles et une imperméabilisation des sols, généralement irréversible. La maîtrise de ce phénomène constitue un enjeu fort de l’aménagement durable des territoires.
Selon l’Ifen « En 2004, les zones artificialisées représentaient 8,3% du territoire métropolitain. Entre 1994 et 2004, elles ont progressé de 15%, ce qui représente une surface équivalente à celle d’un département français. Dans le même temps, la population n'a augmenté que de 5%.» Ces chiffres montrent l’irresponsabilité de notre non-gestion du territoire.
Les pollutions diffuses, qui affecte les réseaux trophiques (chaînes alimentaire) impactent sur l’ensemble de la biodiversité. Dans la même veine, nos pratiques agricoles non durable diminue la qualité des sols et donc de l’ensemble des écosystèmes ainsi affecté. L’Ifen encore explique que : « Les matières organiques du sol assurent de nombreuses fonctions environnementales. Elles constituent notamment un réservoir temporaire de carbone organique, pouvant agir comme source ou comme puits de carbone vis-à-vis de l’atmosphère. Les changements d’usage du sol et de pratiques agricoles influent sur l’évolution du stock de carbone des sols. Le stock de carbone organique dans les sols agricoles a diminué. Cette perte est estimée à 6 millions de tonnes de carbone par an, soit près de 0,2%, entre les périodes 1990-1995 et 1999-2004. Néanmoins, les sols forestiers ont stocké de l’ordre de 0,7 million de tonnes par an sur la même période.

source : IFEN« La teneur en matières organiques des sols européens diminue, sous l’influence de différents facteurs : la conversion des pâtures, forêts et végétation naturelle en terres arables, les labours profonds, le surpâturage, l’érosion des sols, les feux de forêts et le changement climatique. Ce dernier laisse augurer une accélération de la décomposition des stocks importants de matières organiques des sols d’Europe du Nord. »
On remarquera que les zones les plus appauvri correspondent aux zones les plus cultivées. Des pratiques nouvelles d’agriculture ou de gestion des sols se développent, les modèles alternatifs et durables existent mais il y a encore bien du chemin à parcourir. Sur la base de ces constats et de l’urgence, nous pouvons tous participer en veillant à la qualité de nos achats d’une part et nos pratique d’habitant d’autre part (espace consommé, types d’habitations, éviter l’usage des polluants etc…)
22:06 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : biodiversité, animaux, nature, écologie, environnement, développement durable, indicateur
01 décembre 2008
Homo sapiens : un tueur né ?
On a parfois l’impression que depuis les dinosaures il n’y a plus eu de grands animaux terrestres. Cette idée est totalement fausse et probablement due à notre culpabilité vis-à-vis de massacres passés commis à grande échelle que nous préférons oublier.
On dit souvent, à propos de la crise écologique actuelle, qu’il s’agit de la sixième grande extinction (définition ). Mais contrairement à ce qu’on pourrait comprendre cette phase d’extinctions massive ne date pas du XXe siècle, pas même des grandes découvertes et des massacres des faunes insulaires depuis le XVIe siècle. En fait, cette sixième grande extinction a commencé à la fin de la dernière glaciation, il y a 15 000 ans. Serions-nous des tueurs nés ? Exterminateur de biodiversité depuis les origines, les homo sapiens continue leur œuvre de la macrofaune à aujourd’hui la microfaune et la flore…
Les paresseux géants vivaient encore il y a un peu plus de 10 000 ans. Ils ont disparu alors que les populations humaines s'étendaient en Amérique du Nord. Quatre espèces ont ainsi été balayées lors des massacres du pléistocène, proies faciles et conséquentes les Megalonyx jeffersonii, Eremotherium laurillardi, Nothrotheriops shastensis et Glossotherium harlani ont succombé à notre appétit.

source : paleospot
En Europe les mammouths laineux se sont éteint il y a environ 12 000 ans, comme toute la mégafaune européenne qui comprenait alors des rhinocéros laineux, megaloceros, lions des cavernes, ours des cavernes et des hyènes des cavernes

source : wikipédia
Pourtant la dernière attestation d'une espèce de mammouth remonte à -3700 ans av. J.-C. alors que les premières civilisations du croissant fertiles forgeaient des empires, une population relictuelle de mammouth vivait encore dans l'île de Wrangel en Sibérie. Comme les traces de présence humaine dans cette île remontent aussi à cette époque, on comprend que l'homme a favorisé l’extinction de ces animaux en leur faisant une chasse trop intense. D’ailleurs, en Amérique du Nord et en Sibérie, la disparition des mammouths coïncide exactement avec l’apparition des homo sapiens sur ces nouveaux territoires.
Dès lors, on peut suivre les migrations humaines d’extinction en extinction. Tout animal de plus de 500 kg, tout grand prédateur concurrent a été exterminé ou réduit à l’état de populations fantômes.

Les grandes migrations préhistoriques d'Homo sapiens reconstituées sur la base de l'ADNmt (datations en milliers d'années avant le présent)
Les disparitions successives :
Îles de la Méditerranée (il y a 9000 ans)
hippopotame nain de Crète, Phanourios minutus de Chypre, chèvre des cavernes des Îles Baléares (Myotragus balearicus) de Majorque et Minorque, éléphants nains de Chypre : Elephas cypriotes, éléphants nains de Sicile et de Malte Elephas falconeri, cygne géant (Cygnus falconeri) de Malte, rat géant de Majorque..
Amérique du Nord
cinq espèces d’équidés américains, des chameaux occidentaux, les lamas d'Amérique du Nord , cervidés, deux genres, les pronghorns, les élans-stags, les bœufs des arbustes, les bœufs musqués des bois, les castors géants, les paresseux géants, les arctodus (ours plus grand que les grizzlis actuels), les Smilodon fatalis, chats aux dents de sabre, lions américains, les Miracinonyx, les Canis dirus, les mammouths, les ancêtres du Bison d'Amérique du Nord, les pécaris géants, Dasypus bellus, Eremotherium rusconii, Megatherium et Dinofelis

source : kokogiak
Amérique du Sud
Les paresseux géants, anaconda, Argentavis magnificens, Capybara, fourmilier, glyptodon, jaguar, Palaeolama mirifica, lama, Litopterne, megatherium, tapius veroensis, un tapir et le Canis dirus ont disparus à l'arrivée de l'homme.

source : willmore.net
Nouvelle-Zélande
Vers 1500, arrivée des colons polynésiens et extinction de plusieurs espèces d’oiseaux ratites géants, des aigles géants d'Haast, et les adzebill.
Pacifique,
les moa-nalos, canards géants d'Hawaii, un des mégapodes géants de Nouvelle-Calédonie, les crocodiles mékosuchines de Nouvelle-Calédonie, Fidji et Samoa.
Madagascar
À l'arrivée des humains il y a environ 2000 ans, presque toute la mégafaune de l'île s'est éteinte, dont les aepyornithiformes, ou oiseaux-éléphants, 17 des 50 espèces de lémures (les plus grandes), des tortues géantes et des hippopotames pygmées.
Îles de l’océan Indien
Dès le début de la colonisation des humains dans les îles, il y a environ 500 ans, un grand nombre d'espèces se sont éteintes, dont plusieurs espèces de tortues géantes des Mascareignes dont les Seychelles; 14 espèces d'oiseaux sur les îles des Mascareignes, dont les fameux dodos, les solitaires de Rodrigues, et les ibis de La Réunion.
19:35 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : homo sapien, extinction, 6em extinction, pleistocène, nature, biodiversité, environnement
23 novembre 2008
Le pot aux roses
photographie : Olivier Martin Delange
Les médaillés des Jeux Olympiques de Londres 2012 pourraient se voir offrir des plantes en pots à la place des traditionnels bouquets de fleurs coupées. En effet, les organisateurs ont proposé d'offrir aux sportifs des plantes en pots produites sur place plutôt que des bouquets de fleurs coupées, souvent importées de l'étranger. Cette opération vise à réduire le bilan carbone des Jeux Olympiques de 2012.
Toujours pour répondre à l'agenda durable des futurs JO de 2012, les plantes devraient non seulement être cultivées en Angleterre mais également être emballées dans des matériaux naturels comme du raphia ou du papier recyclé. La Royal Horticultural Society a pour sa part déclaré que des plantes telles que les marguerites, les tournesols ou les roses pourraient aisément remplacer des plantes tropicales comme les orchidées. Comme le soulignait l'un de ses membres, la présentation devra être étudiée car les sportifs brandissent souvent les fleurs à bout de bras. La décision finale concernant le type de fleurs utilisées devrait être connue fin 2011. Les organisateurs songent également à une flamme olympique alimentée par du bois de récupération.
L’événementiel, qui peut paraître bien futile à certains regards, est fortement producteur de GES. On se souviendra de la coupe du monde de rugby en France qui prétendait à la neutralité carbone en compensant ses émissions, mais aussi, pour la première fois, en appliquant quelques règles simples pour réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre liées à l’événement.
Concernant le choix des plantes pour 2012, si l’affaire peut faire sourire, c’est toutefois riche en symbole et pas si ridicule que cela en y réfléchissant. Les critiques ne manqueront pas de remarquer que dans le bilan global des jeux, les fleurs représentent une part infinitésimale des émissions de GES dont le poste principal d’émissions, à n’en pas douter, sont les transports (avions pris par les organisateurs, participants et le public) et probablement les émissions dues à la fabrication des nouvelles constructions spécialement amorcées en vue des jeux.
Toutefois, les plantes n’ont pas qu’un impact « changement climatique », mais aussi sur l’autre grand aspect de la crise environnementale que nous avons encore tendance à omettre : l’érosion de la biodiversité. Les cultures de plantes ornementales sont gourmandes en eau et en produits phytosanitaires polluants (dont certains sont interdits en Europe mais utilisés sur les lieux de culture en Asie ou en Afrique) et les serres sont chauffées au fioul lorsque les plantes sont cultivées en Europe. Ces cultures sont en concurrence quant à l’occupation des sols avec les cultures vivrières (indépendance alimentaire limitée) et surtout avec les écosystèmes naturels. Enfin, petit point qui à l’unité représente peu, mais vu les volumes échangés cela devient significatif : acheter des plantes c’est acheter de l’eau. En réalité, des milliards de litres d’eau quittent leur pays, contenus dans les fruits, légumes et plantes, alors qu’ils sont issus de zones déjà en stress hydrique.
En somme, le choix stratégique pour des plantes locales en pot (elles durent plus longtemps) n’est pas une facétie symbolique, mais peut-être que les organisateurs des jeux devraient mieux expliquer les raisons de ce choix éminemment judicieux.
16:54 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, nature, environnement, fleur, changement climatique, biodiversité, co2
05 novembre 2008
Aux victimes de l’humanité
photographie : Olivier Martin Delange
15h41
22 817
10,985,856
Quoi de pire que l’irrémédiable ?
Après de récentes discussions avec des écologues et autres acteurs de terrain, je m’aperçois à quel point le grand public est encore mal informé et peu conscient de ce qui est en train de se jouer. Certes, le sujet du réchauffement climatique est, plus ou moins, bien intégré par le grand public, même si la menace qui nous pend au nez est encore trop prise à la légère dès lors qu’il s’agit de remettre en cause nos confortables petites habitudes individuelles dont on ne perçoit pas la nocivité globale. Mais au sujet de la biodiversité ! C’est la catastrophe ! La multitude des impacts quotidiens contre la biodiversité est sans commune mesure avec le comptage, relativement simple, des émissions de gaz à effet de serre. La disparition d’une espèce est totalement et définitivement irrémédiable, tandis que le taux de CO2, sous un certain seuil, peut être corrigé avec du temps et une bonne gestion.
Pire, l’œil est ignorant et on perçoit la campagne comme un espace naturel, alors qu’il ne s’agit que d’environnement mort, à la biodiversité souvent plus pauvre qu’au cœur des villes elles-mêmes ! Il n’y a qu’à se balader sur Google Earth pour constater à quel point l’Europe ressemble à un vieux pull mité au fond d’une armoire moisie. Les routes et les champs isolent des reliquats boisés de-ci delà ne permettant plus la survie de population animale ou végétale durables. Je suis presque surpris que l’état de délitement de l’environnement en soit pas plus catastrophique que ça, attestant de l’incroyable pugnacité de la vie.
Pourtant les espèces sont extrêmement fragiles et nous n’en avons pas conscience. Songeons que des espèces aussi communes que les coccinelles, les hannetons ou les abeilles pourraient disparaitre en un seul hiver si d’aventure la température venait à trop varier… songeons aux plantes annuelles européenne : coquelicot, capucines etc… si lors d’une seule année les conditions climatique ne permettent pas la reproduction de ces plantes, l’espèce entière sera perdue…
15h52
22,818
10,986,143
Pendant que je rédigeais cette notre la Terre a perdu une espèce de plus.
22 818 n’est pas le total d’espèce perdue depuis la révolution industrielle, mais depuis le 1er janvier 2008.
idem avec les hectares de forêt perdus : 10,986,143
En ayant marre du spécisme et souhaitant mettre en évidence les exactions liées à nos comportements collectifs, il serait de bon ton que les communes érigent des monuments aux morts en hommage aux victimes de l’espèce humaine, en l’occurrence la litanie des espèces disparues. De tels monuments commencent à apparaitre, mais à quand un grand monument officiel en lieu et place de la pullulation des mémoriels pour x ou y raisons de quelques disparitions, certes tristes, mais d’une espèce qui compte à ce jour 6,708,969,359 individus ????
source : www.poodwaddle.com
00:58 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : biodiversité, nature, environnement, écologie, deep ecology, humanité
07 octobre 2008
La valeur de la biodiversité

photo : Olivier Martin Delange
Le débat fait rage dans les milieux écolo sur la question de la valeur économique de la biodiversité, certains l’estiment immorale, d’autres moins idéologiquement difficile à déterminer de manière suffisamment juste pour être utilisée, d’autres se réfèrent au succès d’autres secteurs de l’environnement pour lesquels un prix été fixé.
Ce problème ne trouvera pas sa solution en quelques notes dans un blog mais quelques éléments permettent de nourrir la réflexion. A l’heure où les ruches prennent leurs quartiers d’hivers, et en espérant qu’elles seront en meilleure forme la saison prochaine, on peut dors et déjà faire le bilan économique du déclin des abeilles. Si la biodiversité n’a pas de prix, au moins son activité en a un ! Le déclin des abeilles produit ses premiers effets économiques.
Les populations d'abeilles domestiques déclinent partout dans le monde. Les Américains ont baptisé ce phénomène le Syndrome d'effondrement des colonies (Colony Collapse Disorder, ou CCD). Il s'agit de la disparition brutale de la quasi-totalité d'une colonie. On ne retrouve dans la ruche que la reine et les individus les plus jeunes. Quant aux cadavres des individus adultes, ils ne sont pas retrouvés dans la ruche, ni même à proximité. Dans plusieurs pays européens, des situations similaires ont été rapportées. Globalement, on constate une surmortalité annuelle supérieure à 30 % dans tous les pays où la mortalité des abeilles est suivie. Ce rythme ne pourra pas être supporté longtemps.
Impacts économiques directes
Aux Etats-Unis, un apiculteur sur deux ne vit pas du commerce de miel, mais de la vente aux grandes exploitations de fruits et légumes d’un service de pollinisation. Par exemple, un apiculteur de Pennsylvanie commencera la saison sur les plantations d'oranges de Floride, puis il reviendra en Pennsylvanie poser ses ruches dans les plantations de pommes, puis chez les producteurs de myrtilles du Maine, puis en Californie dans les grandes plantations d'amandes... A chaque fois, il loue aux producteurs les services de pollinisation de ses abeilles. La question économique ne se limite donc pas à la production de miel, mais se répercute directement sur les coûts de production des fruits et légumes. Ce coût est moins visible dans les exploitions européennes.
Il y a un vrai risque. La Californie, par exemple, produit 80 % des amandes consommées dans le monde. Aujourd'hui, il faut la moitié des 2,4 millions de colonies d'abeilles américaines pour polliniser ces plantations d'amandiers. La réduction des populations d'abeilles se fait sentir : auparavant, les apiculteurs louaient la colonie d'abeilles entre 45 et 65 dollars (32 à 46 euros). Cette année, le prix payé par les producteurs d'amandes se situe autour de 170 dollars (120 euros) par colonie. Globalement, le coût de la pollinisation a augmenté pour tous les types de producteurs. Et, pour la première fois, des producteurs de concombres de Caroline du Nord ont réduit leur production jusqu'à 50 % simplement parce qu'ils n'ont pas trouvé suffisamment de colonies disponibles pour assurer la pollinisation.
Effondrement de tous les pollinisateurs
Aux Etats-Unis, il y avait trois principales espèces de bourdons (qui, comme les abeilles domestiques, comptent parmi les insectes pollinisateurs) : l'une est éteinte et les deux autres sont menacées. En Europe, une étude récente a montré que les insectes pollinisateurs sauvages sont aussi en déclin, ce qui provoque celui de plusieurs plantes sauvages qui en dépendent. Le problème touche donc à la pollinisation elle-même avec toutes les conséquences pour les écosystèmes, la production alimentaire et les prix que nous pourrons imaginer…
Les causes exactes restent inconnues, et il s’agit très probablement de l’addition de facteurs de fragilisation parmi lesquels les pesticides, les ondes électromagnétiques émises par les antennes-relais ou encore les cultures génétiquement modifiées... on retrouve aussi chez beaucoup d'abeilles touchées par le CCD une sorte de virus grippal nommé Israeli Accute Paralysis Virus (IAPV). Mais toute la question est de savoir pourquoi il devient mortel dans certaines colonies et pas dans d'autres.
Là aussi d’insolubles questions économiques se posent, et il s’agit identifier les pollueurs pour appliquer le principe pollueur-payeur et réduire les causes… Si la régulation économique se montre un outil d’action efficace, autant s’en servir !
23:37 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, nature, service écosystémique, économie, biodiversité, abeilles
03 août 2008
Tout un monde

photographie : Olivier Martin Delange
Vivant dans une zone urbaine des plus denses il nous est difficile de parvenir à trouver un paysage dont toute trace d’intervention humaine immédiate est invisible. On peut toutefois s’en donner l’illusion en quelques rares endroits in situ, et plus facilement par le truchement de la photographie in visu. Olivier Martin Delange s’emploie à cet exercice avec obstination et talent.
Mais pourquoi cherchons nous cette illusion de paysage vierge, ce mythe de l’espace qui n’est pas transformé par la main humaine ?
Je n’ai pas de réponse toute faite ayant peu travaillé sur cette problématique précise mais c’est un point récurent chez les écologistes qui parlent de la beauté de la nature et de l’expérience grisante qu’ils en retirent. Dans les textes quelques peu « puristes » des auteurs les plus emblématiques ou les plus engagés c’est dans la mesure où la nature est une altérité à l’humanité qu’elle attire (elle terrifie pour la même raison d’ailleurs).
Pour que la nature face écho à l’humanité et qu’elle conserve son altérité absolue aucune trace humaine ne doit l’altérer. Ainsi les terres qui font rêver sont réputées « vierges » de même que les profondes forêts primaires ou forêts « vierges »… mais l’aventurier souhaite voir ces sites… pourtant la simple visite est une source d’inévitables interactions avec le milieu naturel qui dès lors n’est plus vierge… quel horrible paradoxe !
Et voilà un des moteurs à catastrophe les plus courants : notre recherche de contact avec la nature, d’originalité et d’espaces vierges de toute intervention humains ont entraîné une fâcheuse tendance au tourisme… toujours plus loin, plus nombreux et plus destructeurs.
Pour corriger le tir certains opérateurs de vacances clé en main proposent une formule pour l’écotourisme (plus ou moins rigoureux), mais quelques soient les efforts consentis voyager pollue plus que rester chez soi… Des comportements et des valeurs culturels sont à réviser en la matière…
Heureusement pour l’œil avisé la nature est toujours et en partout « autre ». Son altérité n’a pas besoin de beaucoup d’espace, ni de beaucoup de temps pour se manifester comme il en est dans le parc où cette photo a été prise.
01:10 Publié dans esthétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éfcologie, altérité, nature, expérience, biodiversité, humanité























