07 octobre 2008

La valeur de la biodiversité

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photo : Olivier Martin Delange Le débat fait rage dans les milieux écolo sur la question de la valeur économique de la biodiversité, certains l’estiment immorale, d’autres moins idéologiquement difficile à déterminer de manière suffisamment juste pour être utilisée, d’autres se réfèrent au succès d’autres secteurs de l’environnement pour lesquels un prix été fixé. Ce problème ne trouvera pas sa solution en quelques notes dans un blog mais quelques éléments permettent de nourrir la réflexion. A l’heure où les ruches prennent leurs quartiers d’hivers, et en espérant qu’elles seront en meilleure forme la saison prochaine, on peut dors et déjà faire le bilan économique du déclin des abeilles. Si la biodiversité n’a pas de prix, au moins son activité en a un ! Le déclin des abeilles produit ses premiers effets économiques. Les populations d'abeilles domestiques déclinent partout dans le monde. Les Américains ont baptisé ce phénomène le Syndrome d'effondrement des colonies (Colony Collapse Disorder, ou CCD). Il s'agit de la disparition brutale de la quasi-totalité d'une colonie. On ne retrouve dans la ruche que la reine et les individus les plus jeunes. Quant aux cadavres des individus adultes, ils ne sont pas retrouvés dans la ruche, ni même à proximité. Dans plusieurs pays européens, des situations similaires ont été rapportées. Globalement, on constate une surmortalité annuelle supérieure à 30 % dans tous les pays où la mortalité des abeilles est suivie. Ce rythme ne pourra pas être supporté longtemps. Impacts économiques directes Aux Etats-Unis, un apiculteur sur deux ne vit pas du commerce de miel, mais de la vente aux grandes exploitations de fruits et légumes d’un service de pollinisation. Par exemple, un apiculteur de Pennsylvanie commencera la saison sur les plantations d'oranges de Floride, puis il reviendra en Pennsylvanie poser ses ruches dans les plantations de pommes, puis chez les producteurs de myrtilles du Maine, puis en Californie dans les grandes plantations d'amandes... A chaque fois, il loue aux producteurs les services de pollinisation de ses abeilles. La question économique ne se limite donc pas à la production de miel, mais se répercute directement sur les coûts de production des fruits et légumes. Ce coût est moins visible dans les exploitions européennes. Il y a un vrai risque. La Californie, par exemple, produit 80 % des amandes consommées dans le monde. Aujourd'hui, il faut la moitié des 2,4 millions de colonies d'abeilles américaines pour polliniser ces plantations d'amandiers. La réduction des populations d'abeilles se fait sentir : auparavant, les apiculteurs louaient la colonie d'abeilles entre 45 et 65 dollars (32 à 46 euros). Cette année, le prix payé par les producteurs d'amandes se situe autour de 170 dollars (120 euros) par colonie. Globalement, le coût de la pollinisation a augmenté pour tous les types de producteurs. Et, pour la première fois, des producteurs de concombres de Caroline du Nord ont réduit leur production jusqu'à 50 % simplement parce qu'ils n'ont pas trouvé suffisamment de colonies disponibles pour assurer la pollinisation. Effondrement de tous les pollinisateurs Aux Etats-Unis, il y avait trois principales espèces de bourdons (qui, comme les abeilles domestiques, comptent parmi les insectes pollinisateurs) : l'une est éteinte et les deux autres sont menacées. En Europe, une étude récente a montré que les insectes pollinisateurs sauvages sont aussi en déclin, ce qui provoque celui de plusieurs plantes sauvages qui en dépendent. Le problème touche donc à la pollinisation elle-même avec toutes les conséquences pour les écosystèmes, la production alimentaire et les prix que nous pourrons imaginer… Les causes exactes restent inconnues, et il s’agit très probablement de l’addition de facteurs de fragilisation parmi lesquels les pesticides, les ondes électromagnétiques émises par les antennes-relais ou encore les cultures génétiquement modifiées... on retrouve aussi chez beaucoup d'abeilles touchées par le CCD une sorte de virus grippal nommé Israeli Accute Paralysis Virus (IAPV). Mais toute la question est de savoir pourquoi il devient mortel dans certaines colonies et pas dans d'autres. Là aussi d’insolubles questions économiques se posent, et il s’agit identifier les pollueurs pour appliquer le principe pollueur-payeur et réduire les causes… Si la régulation économique se montre un outil d’action efficace, autant s’en servir !

03 août 2008

Tout un monde

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photographie : Olivier Martin Delange Vivant dans une zone urbaine des plus denses il nous est difficile de parvenir à trouver un paysage dont toute trace d’intervention humaine immédiate est invisible. On peut toutefois s’en donner l’illusion en quelques rares endroits in situ, et plus facilement par le truchement de la photographie in visu. Olivier Martin Delange s’emploie à cet exercice avec obstination et talent. Mais pourquoi cherchons nous cette illusion de paysage vierge, ce mythe de l’espace qui n’est pas transformé par la main humaine ? Je n’ai pas de réponse toute faite ayant peu travaillé sur cette problématique précise mais c’est un point récurent chez les écologistes qui parlent de la beauté de la nature et de l’expérience grisante qu’ils en retirent. Dans les textes quelques peu « puristes » des auteurs les plus emblématiques ou les plus engagés c’est dans la mesure où la nature est une altérité à l’humanité qu’elle attire (elle terrifie pour la même raison d’ailleurs). Pour que la nature face écho à l’humanité et qu’elle conserve son altérité absolue aucune trace humaine ne doit l’altérer. Ainsi les terres qui font rêver sont réputées « vierges » de même que les profondes forêts primaires ou forêts « vierges »… mais l’aventurier souhaite voir ces sites… pourtant la simple visite est une source d’inévitables interactions avec le milieu naturel qui dès lors n’est plus vierge… quel horrible paradoxe ! Et voilà un des moteurs à catastrophe les plus courants : notre recherche de contact avec la nature, d’originalité et d’espaces vierges de toute intervention humains ont entraîné une fâcheuse tendance au tourisme… toujours plus loin, plus nombreux et plus destructeurs. Pour corriger le tir certains opérateurs de vacances clé en main proposent une formule pour l’écotourisme (plus ou moins rigoureux), mais quelques soient les efforts consentis voyager pollue plus que rester chez soi… Des comportements et des valeurs culturels sont à réviser en la matière… Heureusement pour l’œil avisé la nature est toujours et en partout « autre ». Son altérité n’a pas besoin de beaucoup d’espace, ni de beaucoup de temps pour se manifester comme il en est dans le parc où cette photo a été prise.

21 juillet 2008

Le petit oiseau

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photographie : Olivier Martin Delange Le rouge-gorge, comme la plupart des espèces européennes, s’est vu affublé une légende chrétienne. On raconte que le petit passereau, pris de pitié pour le Christ en croix s’est approché, tentant de lui retirer la couronne d’épines sur laquelle il s’est piqué. Depuis lors, ses descendants en portent la marque… En Europe tempérée, il encore possible pour un individu de mémoriser l’ensemble des espèces présentent et les histoires qui s’y rattachent. La succession des glaciations au fil du dernier million d’années écoulé a servit d’essuie-glace de la biodiversité sur nos terres. Mais plus au Sud, l’évolution des espèces s’est poursuit à un rythme accrue et une diversité bien plus importante a pu voir le jour. Héritière de ces nœuds de diversification de l’évolution quelques régions concentrent un taux d’endémisme et de biodiversité très largement supérieur au notre. Ces sites, s’il sont en toute logique prioritaires dans la volonté de protection du vivant, le sont aussi parce qu’il s’agit des zones les plus concernées par les effets négatifs de l’humanité que sont le changement climatique et les pollutions. En ce qui concerne la destruction du territoire ces zones y sont plus sensibles parce que le développement économique de ces zones est plus important aujourd’hui, dans la vielle Europe les destructions ont commencées il y a déjà plusieurs siècles… Toutefois, l’urgence et l’importance de la protection des points chauds de biodiversité ne doit pas éluder une des difficultés majeures de la protection de l’environnement : chaque espèce vivante est unique et irremplaçable, et si le taux d’endémisme n’est pas aussi important dans les zones tempérées, il n’en demeure pas moins que ses espèces sont uniques et doivent être tout aussi bien protégées.
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Source : biodiversityhotspot.org
découvrir le site :
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20 juillet 2008

Jetons les tondeuses !

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photographie : Olivier Martin Delange C’est parfois si simple de concevoir la protection de certains écosystèmes ou de certaine espèce qu’il paraît encore plus invraisemblable que ces espèces se raréfie. Exemple symbolique s’il en est : la biodiversité commune, celle sensée être omniprésente des plantes prairiales en France. Que sont les coquelicots devenus, les bleuets, les chardons ou encore les cohortes d’insectes qui animent les pelouses. Le goût immodéré pour des espaces morts, pelouse mono espèce bien rase, bas-côté rasé à blanc pour ne pas contrasté avec l’asphalte qui imperméabilise le sol etc… Entre les pollutions diffuses (eaux usées des caniveaux, phytosanitaires issus du champs d’à côté ou du jardin du voisin, espèces invasives concurrentes ou étouffantes et espaces détruit, perdues, imperméabilisés etc…) sont autant de facteur d’érosion de la biodiversité commune/ordinaire. Et n’oublions pas l’ennemi jurée de leur capacité de résistance : la tondeuse. Bon nombre de ces plantes sont des annuels, c'est-à-dire qu’elle ne pousse et fleurissent qu’une année. Pour qu’une nouvelle plante apparaisse l’année suivante il faut que la précédente ait eu le temps de germiner… Or, à passer la tondeuse, les jardiniers du dimanche et les communes rendent impossible la reproduction de ces plantes. Alors pour une fois n’enfonçons pas les portes ouvertes des recommandations évidentes (laisser une partie du jardin en friche, ne pas passer la tondeuse en saison et laisser les végétations spontanées au lieu de la pauvreté absolue du gazon…) Des expérimentations à plus grandes échelles ou originales sont menées par les départements. Par exemple le fauchage tardif des routes est expérimenté dans l'Indre pour préserver la biodiversité. Le fauchage tardif consiste à laisser pousser la végétation sur les bas-côtés des routes afin de permettre le développement de la faune et de la flore qui y élisent domicile. Ces bords de route recouvrent 5.000 km de routes départementales au bord desquelles la nature est également présente. Le fauchage tardif ou gestion différenciée n'est pas une absence de fauchage mais un ajustement des interventions d'entretien en fonction de la croissance des plantes et des impératifs de sécurité (virages, sorties de chemins, carrefours). Ces interventions prennent en compte l'accomplissement du cycle des plantes et la vie des animaux. Concrètement, le fauchage tardif consiste à laisser pousser la végétation sur les bas-côtés des routes pendant les périodes printanières et estivales afin de favoriser le développement de la faune et de la flore abritées dans ces hautes herbes. Outre ses fonctions pratiques de zone d’arrêt, de recueil et de circulation des eaux, les bas-côtés sont aussi des espaces vivants où se côtoient de nombreuses espèces animales et végétales. Si l’intention est là, le potentiel important, la mise en application reste trop limitée : Dans un premier temps, l’expérimentation porte sur 6 tronçons du réseau routier du Département de l'Indre, soit 52 km. Ces tronçons feront l’objet pendant 5 ans d’un suivi scientifique qui consistera à suivre l’évolution de la flore. Pour des raisons de sécurité, un fauchage sur une bande de 1,20 m est maintenu sur ces routes départementales, ainsi que le fauchage aux abords des carrefours et des virages, ajoute le Conseil Général. A l'instar de l'Indre, le Conseil général de la Mayenne avait déjà mis en place depuis 1994 le fauchage tardif pour permettre la préservation d’espèces végétales protégées, localisées sur des sites inventoriés en ZNIEFF (Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique). En 2006, 34 bords de routes départementales et 4 zones du halage étaient en fauchage tardif soit 107 km. 537 espèces végétales (44.5 % des espèces végétales recensées), 32 espèces de papillons de jour (43 %), 16 espèces de libellules (33 %), 3 espèces de lézards (75 %) ou 11 espèces de mammifères (17 %) ont été notamment dénombrées en Mayenne. En octobre 2007, une expérimentation de fauchage tardif a également eu lieu dans le Département du Cher. Dix sites qui ne présentaient aucun risque en terme de sécurité routière ont été sélectionnés dans le Département. Perspectives de développement À l'issue du Grenelle Environnement, plusieurs propositions ont été actées en faveur de la recherche sur la biodiversité dont la création d'une trame verte et d'une trame bleue chargée de mettre en relation les zones de protection sur le territoire français. Parmi les propositions, on trouve celle de mener une réflexion sur le droit du sol et le droit d'urbanisme pour que la biodiversité soit intégrée dans les plans locaux d'urbanisme (PLU) et les schémas de cohérence territoriale (SCOT). Une des propositions consiste à laisser des bandes enherbées systématiquement installées le long des rivières et des axes fluviaux pour en faire des corridors écologiques. Si ce programme pouvait voir le jour et être relayé par les particuliers et les agriculteurs pour démultiplier ce réseau écologiques, en ce servant des lisières de leurs terrains a minima, alors enfin les populations végétales et animales européennes retrouveraient leur unité, leur diversité et leur pérennité.

19 juillet 2008

Jeux d’eau

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Fâcheuse habitude humaine dont je suis moi aussi le jouet, nous adorons intervenir sur le paysage, marquer le territoire de notre emprunte et chambouler les écosystèmes… Est-ce par principe une attitude négative ou bien cette tendance interventionniste peut-elle être mise à contribution pour accompagner la résilience de la nature et enrichir les territoires ? J’aime à croire que oui, de deux manières au moins. Tout d’abord nous ne sommes pas très éloigné des castors, phylogénétiquement comme symboliquement. Pour ma part, rien de plus amusant que de construire un mini barrage. La création d’un petit bassin de rétention favorise la présence d’eau même lorsque les ruisseaux ont atteint leur niveau d’étiage le plus bas. Les petits batraciens apprécieront… Avec un peu de temps également, la végétation change. Le pourtour d’un petit bassin en forêt peu devenir le lieu de prédilection d’un peuplement de prèles par exemple. Des insectes tels les demoiselles et les libellules peuvent aussi en bénéficier. Un de mes souvenirs de mini barrage des plus distrayant était aux Seychelles. Un filet d’eau absolument minuscule rejoignait l’océan Indien sous les frondaisons de takamaka. Le sable permettant d’organiser des installations provisoire, j’ai alors entrepris de constituer un petit parcours de déviation pour ce filet d’eau douce et fraîche avec plusieurs bassins de rétention. Ce simple jeu a attiré les enfants présents sur la plage dont des seychellois, des enfants de touristes allemands, italiens et anglais. Les parents sont quand même passer vérifier ce qui se passait et tranquillisé ils m’ont laissé une équipe de 6 enfants pour mener à bien le petit projet… La concertation multi langue n’a pas été aisée, surtout entre eux, mais au final nous sommes parvenu à tomber d’accord sur notre mini projet d’aménagement du territoire ! Et voilà le mot clé, ce qui fait la différence entre le castor bénéfique et une humanité déstabilisante : « mini projet ». L’humanité ne se contente plus du micro, elle est devenue une force géologique, au même niveau que la tectonique des plaques. Elle déplace des masses de matière invraisemblable sur l’ensemble du globe et chamboule jusqu’à la géologie de région entière. Pensons par exemple aux sols pollués de certains sites industriels classé déchet dangereux et qui sot ni plus ni moins enlevé sur une certaine profondeur, chargé en camions ou en train et exporté vers un lieu où cette masse de sol sera (éventuellement) traitée… Pour continuer sur le thème des rétentions d’eau, les lacs Nasser ou le barrage des trois gorges, pour ne citer que ceux là, sont un exemple particulièrement flagrant de la capacité déployer à métamorphoser l’écologie de région entière. Ces grands barrages, qui coupent l’ensemble de la masse d’eau contrairement au petit hydraulique, ne ménagent pas non plus les populations animales et végétales pour lesquels les échanges génétique entre l’amont et l’aval sont compromis, sans parler des espèces migratrices… Ces actions ne sont pas tout à fait étrangères à la disparition du dauphin de Chine (voir ICI) qui, hélas, est le premier mamifère marin définitivement éteint. On oublie systématiquement une règle simple de l’écologie : beaucoup de petites choses intégrées dans la complexité et la diversité fonctionnent, un gros truc de même puissance, unique et isolé, détruis sont environnement.

18 juin 2008

L’irréductibilité du beau

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photographie : Olivier Martin Delange A passer ses journées dans les statistiques, o combien significatives parfois, on en oublierait presque que la nature ne peut pas être appréhendées de manière quantitative et que l’expérience directe reste le seul moyen de la connaître. Les images les plus puissantes auxquelles je puisse penser seraient une harde d’onyx aux ombres gigantesques sur un erg sans fin, la suspension du temps que suscite les secondes planées par un poisson volant au-dessus de l’océan, ou encore le piqué véloce d’un faucon pèlerin fondant sur sa proie. La fragilité de ces événements, la vulnérabilité de ses protagonistes et la magnificence de ces moments ne sauraient se réduire à une expression numérique. Les données hylétiques de l’expérience, la complexité irréductible des écosystèmes et le principe même du vivant autonome, changeant, et éphémère ne le permettent pas. C’est toute la difficulté de la prise en compte de la biodiversité : comment concevoir un indicateur ou un critère unique, universel, qui permette de traiter le problème de la biodiversité de manière frontale, unilatérale et mondiale ? On le fait avec le CO2, alors pourquoi pas la biodiversité ? Et bien tout simplement parce que le vivant n’est pas réductible à un indicateur commun, il se définit par sa complexité changeante et son insaisissabilité. Si cette difficulté ne permet pas de mettre en place de manière pertinente des « bourses biodiversité » comme c’est le cas pour les échanges de quotas de CO2, cette irréductibilité du vivant permet également d’en minimiser la monétarisation, la spéculation et l’appropriation. Ce principe de garde fou est loin d’être suffisant, mais c’est un premier pas pour contraindre les autorités internationales à considérer la biodiversité dans toute sa complexité : enjeu mondial qui s’incarne dans des problématiques strictement locales aussi diverses qu’importantes et dont pas une ne peut être abandonnées, compensée par une autre. Il faut aller plus loin encore comme nous invite à le penser l’exemple des girafes. La population totale de girafe semble viable. Mais le morcellement du territoire et l’éclatement des aires naturelles africaines en parcs séparés par des centaines de kilomètres ne permet pas à chaque groupe de girafe d’être viable à long terme (consanguinité, dérive génétique etc…). Or, en 2007, on se rend compte à partir de recherches génétiques que ces groupes ne constituent pas une espèce unique, mais plusieurs, et que donc, on a longtemps pensé à tort que les girafes n’étaient pas une espèce en voie de disparition puisque la population de certaines des espèces de girafe s’avère trop réduite pour assurer sereinement leur continuité… Encore une fois, une simple analyse quantitative ne suffit pas à estimer la nature. En somme, pour appréhender le vivant, il s’agit d’abandonner la mathesis universalis qui veut quantifier et résumer en une équation le monde et se rendre à la sagesse populaire qui sait bien que chaque être vivant est radicalement unique, irremplaçable et même sacré. Et heureusement ! Il faut donc aller par la vallée se calfeutrer au fond des forêts. Discret, indétectable, s’effaçant du monde, c’est là et là seulement qu’on peut voir. Les renards qui passent au couchant, les lapins entre les ronces, les écureuils qui se disputent et cabriolent sur les troncs, ou les grenouilles qui à la nuit tombée traversent les bois. Les indicateurs quantitatifs ne sont que des outils, parlants et cadrans certes, mais des outils insuffisants s’ils sont considérés seuls. Ce n’est que conscient de ce biais introduit par la nature du vivant qu’il faut considérer les chiffres. Conscient de cela, nous pouvons nous reporter aux données du rapport de l’OCDE qui vient de paraître : Environmental Performance of Agriculture in OECD countries since 1990.

11 juin 2008

L’abomination

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Palmier d'Hawaï, pleurodèle de Walt (batracien d’Espagne), grenouilles dendrobates (illustrations) : autant d’espèces en voie de disparition que les grandes enseignes commerciales proposent à la vente avec un argument écologique : si la biodiversité ne peut être sauvegardée en milieu naturel, accueillez-la chez vous ! Il y a même un projet de programme de sauvegarde des guépards à domicile… 6ca2df021e11ae0e8b1196777438e27c.jpgSi ces pratiques permettent d’empêcher la disparition totale d’espèce, et je serai mal placé pour dénigrer cette pratique ayant moi-même adopté des pleurodèles, il n’en demeure pas moins que c’est une abomination ! b129bc043ca0f92eb48423d27bd9e538.jpgLes individus élevés en captivités ne conserve pas leur comportement naturel. Nourris artificiellement et souvent avec des aliments différents de ceux dont bénéficient leurs congénères en liberté, les caractéristiques des captifs changent. Par exemple, les dendrobates perdent en partie leur capacité à produire des toxines fulgurantes. 9effc335cdfe1c53bba1fe1a3bd9acc7.jpgLes populations sont isolées : consanguinité et dérive génétique éloignent les populations captives de leurs caractéristiques naturelles, elles n’assument plus de fonction écologique et en retour ne sont plus soumises à la sélection naturelle. Lorsque l’humanité domestique une espèce, elle ne sauvegarde pas une population : elle crée une nouvelle espèce. Les millénaires aidant, les sangliers sont devenus des cochons, les loups des chiens ou les mouflons des moutons. C’est le principes même de notre activité, le fondement de nos cultures agraires : les espèces sont sélectionnée en races artificielles et les végétaux totalement métamorphosés (pensons aux variétés agricoles ou horticoles.b0e578c3d194415d930fc8e6956617d6.jpg Ainsi, le sauvetage par l’élevage des espèces menacées dans leur milieu naturel est au mieux une solution très provisoire, au pire une fausse bonne idée aux conséquences potentielles dramatiques : l’illusion qu’une espèce est sauvée et le développement d’un certain sentiment d’impunité. 0ea2a0f9322dcff45d5874d1ad7a2a6b.jpgAinsi, seul le maintient efficace des populations sauvages peut être légitimement considéré comme un vrai programme de sauvegarde d’espèces vivantes.

06 mai 2008

Comme un oiseau sur la branche ?

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Photographie : Olivier Martin Delange Enfant, je rêvais de devenir ornithologue. On me disait alors que ce n’était pas un métier… on m’avait mal renseigné. Si je ne regrette pas d’avoir opté pour des activités plus transversales, je n’en ai pas moins conservé le goût pour l’observation de l’avifaune. Hélas, de déménagement en déménagement, pour des villes de plus en plus grandes et des zones de plus en plus centrales, je me suis éloigné des lieux propices à la fréquentation d’un nombre d’espèce important. Je repense avec nostalgie à l’appartement au cœur de la forêt près de Pforzheim où une multitude d’espèces venait jusque sur le balcon se nourrir au cœur de l’hivers : bouvreuil, geais de chênes, mésange nonette, charbonnière, bleu, noire, à longue queue, sitelle, pinson, verdier, gros-bec, chardonneret, et même des pic épeiche, épeichette ou noir. A Paris, on se contente de quelques pigeons, moineaux domestiques et corneilles noires… J’entends toutefois les martinets au soir tombant qui font retentir leurs cris stridents. Pourtant, l’avifaune urbaine n’est pas si pauvre, comme le montre les suivis de leurs populations ou même certains amateurs (voir « oiseaux de paris »). Mais il n’en demeure pas moins que l’avifaune est en déclin prononcé. C’est d’ailleurs un des indicateurs de biodiversité officiels les mieux renseignés. A partir d’observations sur l’ensemble du territoire, exprimées en pourcentages de variation d’effectif par espèce, certaines sont rassemblées par type afin d’offrir un indicateur global ou agrégé. Il sert notamment à montrer le (non) respect de l’objectif européen de stopper l’érosion de la biodiversité à compter de 2010... Indice STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs) Indice base 1 : 1989
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(Source : MNHN / CRBPO) Globalement, les populations d’oiseaux régressent en France, suivant en cela la tendance Européenne (voir ICI), ceci quelque soit leur habitat pour la période 1989-2001. Par contre, depuis 2001, les populations des espèces généralistes tendent, selon l’indicateur agrégé, à augmenter. Ce point n’est pas anodin, il pourrait témoigner de l’impact du morcellement du territoire et de la diminution de la qualité de l’environnement en général. En effet, les espèces spécialistes, inféodées à un type d’écosystème, sont mises en difficulté par le morcellement de leur territoire. Au contraire, les espèces généralistes parviennent à s’adapter aux différentes composantes de la mosaïque du paysage, et souffrent de moins de concurrences de la part des autres espèces aux effectifs déclinants… Bien sûr, il ne faut pas être monocausaliste en la matière et d’autres facteurs seraient à prendre en compte (changement climatique, pollution, épizootie etc…) Quoi qu’il en soit, il parait difficile de continuer à dire « comme un oiseau sur la branche » pour suggérer l’insouciance et l’aisance… Méthodologie de l’indice STOC : (source : MNHN / CRBPO) Le CRBPO produit chaque année des indicateurs pluri-spécifiques combinant les indices de plusieurs espèces. Pour calculer la valeur de l’indicateur une année donnée, il suffit de faire la moyenne géométrique des indices des espèces concernées pour l’année concernée. Il faut bien sûr que l’année à laquelle l’indice a été fixé arbitrairement à ’1’ soit la même pour toutes les espèces. Le CRBPO produit 4 indicateurs, regroupant les espèces selon leur spécialisation par rapport à trois grands types d’habitat. Ces indicateurs sont ceux des espèces spécialistes des milieux agricoles, espèces spécialistes des milieux forestiers, espèces spécialistes des milieux bâtis, et espèces généralistes. Le degré de spécialisation est calculé à partir de la répartition des effectifs de l’espèce (dénombrés par le STOC) dans les trois grands types d’habitat, en proportion de leur disponibilité. Ainsi, si une espèce est plus abondante dans un habitat que ce que prédirait une répartition homogène dans les trois habitats, elle est dite spécialiste de cet habitat. Si une espèce ne présente pas de biais de répartition entre les habitats, elle est classée parmi les espèces généralistes. Au total, 65 espèces sont utilisées pour construire les indicateurs. Elles se répartissent de la manière suivante :
Espèces généralistes (14) : Pigeon ramier, Coucou gris, Pic vert, Fauvette à tête noire, Hypolaïs polyglotte, Rossignol philomèle, Merle noir, Accenteur mouchet, Loriot d’Europe, Mésange charbonnière, Mésange bleue, Corneille noire, Geai des chênes, Pinson des arbres. •Espèces spécialistes des milieux agricoles (20) : Buse variable, Faucon crécerelle, Perdrix rouge, Perdrix grise, Faisan de Colchide, Caille des blés, Huppe fasciée, Alouette des champs, Alouette lulu, Pipit farlouse, Bergeronnette printanière, Fauvette grisette, Tarier pâtre, Tarier des prés, Pie-grièche écorcheur, Corbeau freux, Linotte mélodieuse, Bruant jaune, Bruant zizi, Bruant proyer. •Espèces spécialistes des milieux forestiers (18) : Pic épeiche, Fauvette mélanocéphale, Pouillot de Bonelli, Pouillot siffleur, Pouillot véloce, Pouillot fitis, Roitelet huppé, Roitelet triple-bandeau, Sittelle torchepot, Grimpereau des jardins, Troglodyte mignon, Grive musicienne, Rouge-gorge familier, Mésange huppée, Mésange noire, Mésange nonnette, Grosbec casse-noyaux, Bouvreuil pivoine. •Espèces spécialistes des milieux bâtis (13) : Tourterelle turque, Martinet noir, Hirondelle de fenêtre, Hirondelle rustique, Rougequeue noir, Rougequeue à front blanc, Choucas des tours, Pie bavarde, Chardonneret élégant, Verdier d’Europe, Serin cini, Moineau domestique, Moineau friquet.
Certaines espèces peuvent être spécialistes d’un habitat au niveau national mais pas au niveau régional, ou inversement. Il est toutefois conseillé de conserver les mêmes groupes d’espèces pour construire des indicateurs régionaux que ceux utilisés au niveau national, pour plus de lisibilité et pour faire des comparaisons plus aisément.

15 mars 2008

Alsace Safari

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Des loups auraient été vus ces derniers temps chez moi dans le Sundgau ! Fort heureusement il n'y a pas d’élevage ovin dans ma région, de telle sorte que si cette présence du loup se confirme, on devrait nous épargner les incessantes plaintes des éleveurs qui préfèrent détruire une espèce protégée plutôt que d'adapter leurs méthodes de travail. Mais il n'est pas à douter que cette Région plus fortement habitée que celles où le loup s'est jusqu'ici réimplanté risque de susciter des réactions infantiles parmi la population en vertu de l'image négative du loup... Je veillerais à ce qu'il n'en soit pas ainsi dans les villages où résident les membres de ma famille. Un précédent malheureux est à citer à ce titre. La réintroduction du Lynx dans les Vosges à compter des années 1980 a rencontré bien des difficultés. Je me souviens d'un matin chez mes grands-parents : un vif débat s'était engagé dans la famille à la lecture du journal l'Alsace. Le vendredi 30 octobre 1987 une scientifique découvre le collier émetteur sectionné et enterré d'Elisa, une femelle de trois ans venue du zoo d'Ostrava et relâchée dans les Vosges le 27 mars 1987. Ce qui fut un choc car elle était mère de trois petits lynx : une première dans le programme de réintroduction. Cela voulait dire non seulement la mort d'Elisa mais aussi, de ce fait, celle de ses trois petits. Il faut aussi rappeler que le père, Sixty avait mystérieusement disparu, sûrement chassé pour être empaillé. À cette époque seul 6 des 12 lynx d'Ostrava avaient survécu. En 2006, on estimait la population de Lynx entre 30 et 40 individus dans la région, sur environ 2 000 km2. C’est bien peu pour maintenir la viabilité d’une population. Cette population vosgienne se reconstitue très lentement. Elle semble plus fragile et vulnérable que la population jurassienne par exemple, notamment en raison d'un braconnage persistant, des risques liés à la chasse ou à la circulation automobile. Avec cette arrivée possible du loup, la présence des Lynx, et des espèces rares comme le Grand Hamster d’Alsace ou symbolique comme la cigogne, l’Alsace devient une terre de biodiversité de premier plan. Ce n’est donc pas pour rien que la Région a été choisi pour tester la trame verte, décidée lors du Grenelle Environnement. Je me prends donc à rêver d’une région exemplaire au centre de l’Europe, qui en dépit d’un urbanisme important Et d’une forte présence humaine saurait partager son territoire avec le monde vivant. Il y a encore un travail colossal pour y parvenir. Mais je rêve que les grandes forêts de ma région puissent aussi accueillir des bisons d’Europe, et pourquoi pas des ours ! Ces événements récents me motivent dans mon intension d’acquisition de terrain au service de projets d’exploitation durable dans lesquels j’embarque progressivement ma famille.

16 février 2008

Troublante vivacité.

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photographie : Olivier Martin Delange ci-dessous, un petit texte à paraître dans nukemag, magazine de la génération polluée... Notre appartement déborde… Il n’y a plus de place. Pas surprenant dans l’agglomération parisienne où le prix du mètre carré monte autant que la surface totale des logements diminue. Mais des familles parviennent bien à s’aménager un endroit fonctionnel dans des surfaces équivalentes à celle dont nous disposons à deux… Qu’est-ce que nous avons bien pu mettre de si encombrant que le soleil a toutes les peines du monde à se glisser au cœur des pièces à travers le maillage de notre aménagement ? Bien peu de meuble. En fait, on préfère même abandonner les anciens meubles et se débarrasser du trop plein d’objets inutiles aussi superflus que les souvenirs futiles de l’adolescence. Alors voici mon inventaire : Adiantum raddianum, Asplenium nidus avis, Anthurium scherzerianum , Bégonia Rex, Caladium, Chlorophytum comosum, Cyperus alternifolius, Echinocactus grusonii, Epipremnum aureum, Ficus benjamina, Ficus pumila, Hedera helix, Persea americana, Philodendron mandianum, Tradescantia fluminensis, Spathiphyllum wallsii, Zamioculcas zamiifolia... La litanie des variétés végétales horticoles, rares ou précieuses peut être déclinée à l’infini au point de transformer un appartement en cabinet de curiosité du XVIIe siècle. Mais ce n’est pas ce rapport désuet à l’environnement qui a présidé à l’invasion d’êtres vivants, ou la colonisation tropicale de l’appartement… Quel a été l’événement de transition qui a fait basculer notre logement du stade aseptisé et fonctionnel en écosystème ? Deux tendances simultanées ont progressées de concert. La première fois que nous avons accepté le principe de laisser vivre les minuscules espaces extérieurs, les bords de fenêtres et les balconnières, nous avons ouvert grand la porte à la vie. Les premières générations spontanées (essentiellement des graminées sauvages) se sont manifestées en même temps que la prise d’assaut des lieux par une multitude d’animalcules aux populations habituellement régulées à coup d’insecticide. Nous avons opté pour la stratégie du mal pour le mal : à chaque parasite son prédateur… avec les premiers pucerons les premières larves de coccinelles, puis vinrent diverses espèces de scarabées, charançons et araignées… Tout ce petit monde s’organise et se régule autour de plusieurs centaines de pieds de plantes traditionnelles comme les Ipomoea, Mirabilis jalapa ou Tropaeolum et même quelques plantes plus originales comme L’Echium pinana. Vinrent ensuite les chenilles, surtout des pieris brassicae, dont je mets les chrysalides de coté dans l’appartement, jusqu’à ce que certains matins en ouvrant les fenêtres je libère une nuée de papillons. Dans le même temps, l’écosystème intérieur se développait avec le premier élevage d’artémias salina pour nourrir les poissons et le recyclage des eaux usées de l’aquarium pour fertiliser les plantes d’intérieur… Felis silvestris catus, Brachydanio Frankei, Brachydanio rerio, Rasbora heteromorpha, Pangio kuhlii, Hemigrammus bleheri, Hemigrammus erythrozonus, Paracheirodon axelrodi, Paracheirodon innesi, Kryptopterus bicirrhis, Ancistrus dolichopterus, Poecilia reticulata, Aphyosemion gardneri, Colisa lalia, Atyopsis Gabonensis, Macrobrachium lanchesteri, Pomacea bridgesi, Pleurodeles waltl... Cette liste de poissons, gastéropodes, batraciens et crustacés regroupe une communauté dynamique, avec de nombreuses naissances sous l’œil avisé de notre représentante des Felis silvestris catus… On pourrait croire que ces invasions vivantes de l’habitat humain sont troublantes par leur volume, mais en réalité il ne s’agit pas simplement d’un agrégat de curiosité. La démarche est celle de la transformation des espaces en écosystèmes. Avec la chaleur permanente et l’humidité relative des appartements relativement obscurs, c’est un lieu idéal pour les êtres issus des sous-bois de forêt tropicale. Les bouts de rivières tropicales que les aquariums représentent sont dans la même tonalité. L’extérieur et les bords de fenêtre bénéficient des conditions climatiques locales, et peuvent donc être naturellement colonisés par les essences et les espèces autochtones. Habituellement, les espaces artificialisés empiètent sur les écosystèmes, cette fois, ce sont les écosystèmes qui s’immiscent en pleine métropole. Parfois même, des espèces en voie de raréfaction dans leurs territoires naturels peuvent trouver refuge chez les particuliers comme nos batraciens espagnols qui résident dans la chambre… parfois enfin, les espèces cultivées nous signifient à quel point le monde est en train de changer… Nous avons accueilli plusieurs espèces inadaptées au climat parisien, comme mes Echium pinana. Cette plante n’aurait pas du survivre à l’hiver, s’il avait fait assez froid. Elle fleuri au bout de trois ans en lançant vers le ciel une hampe richement fleurie sur parfois deux mètres… Le spécimen installé au bord de nos fenêtres a passé son second hiver. Il s’apprête à fleurir et d’ici quelques mois il ravira les abeilles du coin ! Malgré la beauté de cette floraison, elle résonne comme un chant funeste puisqu’elle démontre que le climat s’est déjà suffisamment réchauffé pour que des espèces telles que celle-ci, venue des Açores, s’installent durablement en île de France…