10 octobre 2008
La voie (est étroite)

photographie : MPG
Période tendue depuis quelques décennies sur les écosystèmes, période extrême pour la biodiversité, période délicate en politique internationale (même si ce n’est pas nouveau) et période cruciale sur les marchés… décidément, ce n’est pas le meilleur des mondes possibles en ce moment. Et pourtant ! Même si la voie est étroite elle reste possible.
J’avoue que je n’ai pas vérifié l’état des indices boursiers d’Investissement Socialement Responsable (ISR) ces derniers jours et les performances de banques spécialisées comme le crédit coopératif mais d’un point de vue logique, la performance des investissements et des entreprises axées sur les principes du développement durable doit être meilleure que celles aujourd’hui décriées.
Prenons par exemple les sub-primes… du point de vue social, j’ose espérer que les fonds d’ISR ont exclu ce type d’investissement… Prenons le poids économique montant de l’énergie et du pétrole à l’unité dans les dépenses des entreprises… celles qui ont réduit leur consommation ou développé des énergies renouvelables doivent subir dans une moindre mesure les aléas du cours du baril…
En somme, j’aimerai voir dans la crise financière actuelle une confirmation de l’intérêt du déploiement de plus de déontologie et de développement durable dans les entreprises. Je défends cette position non pas par principe éthique, mais avant tout parce que pragmatiquement ces principes sont un gage d’efficacité, de réduction des risques et de stabilité pour les entreprises. Cette position en sus de la réduction des impacts environnementaux assure donc une meilleure stabilité de l’emploi, et des performances économiques.
Suite aux grands scandales financiers de 2001 (Enron par ex), la réaction collective fut d’introduire plus de responsabilité de la part des entreprises, non seulement en termes comptables, mais aussi en termes d’information extra financière comme avec la loi NRE en France. Ce fut le levier du déploiement des fonctions de développement durable dans les entreprises, qui aujourd’hui ne le regrettent pas, loin s’en faut. Depuis, ce sujet est devenu un enjeu stratégique pour les marques et un levier d’amélioration de l’efficacité des entreprises.
Alors saisissons l’opportunité offerte par la crise financière pour améliorer cette réduction des risques induite par les démarches de développement durable ! Hasard de calendrier, le premier volet législatif du Grenelle Environnement est justement en débat à l’Assemblée… avec parmi les mesures proposées celles d’étendre les obligations de reporting extra financier aux entreprises de plus de 250 salariés, au lieu des seules entreprises côtés…
Profitons aussi de cette période de remise en cause pour améliorer la transparence des démarches de développement durable, en posant sur la table les questions difficiles.
Par exemple, le fait d’évoquer constamment les progrès effectués, certes réjouissants, sur la réduction des impacts climatiques ou de quantité de matière employée (emballage) maintiennent l’illusion que l’objectif « impact 0 » est atteignable. J’aimerai bien, mais c’est pour le moment un mensonge. Juste un exemple : les emballages, s’il peuvent et doivent être limités, ils ne peuvent pas disparaître, d’une part en raison de leur fonction même, mais aussi et surtout pour la sécurité des produits en ce qui concerne l’alimentaire et enfin pour le simple fait qu’il faut bien noter quelque part les informations légales obligatoires sur le produit ! Qui osera poser la question sur la table ?
Autres difficultés politiquement incorrectes : les normes sociales (genre le travail des enfants) si elles sont fondamentales dans nos cultures et faciles à mettre en œuvre, comment et de quel droit aller brutalement priver de travail des jeunes de 12 ou 13 ans dont le salaire est une condition de survie sine qua non pour leur famille dans les pays du Sud ? Comment adapter nos référentiels aux réalités des pays d’autres cultures ?
Il reste bien des questions, mais je garde espoir que les difficultés économiques en cours et à venir seront l’occasion d’avancer vers un développement durable et la confrontation aux questions de fonds plutôt qu’un recul agressif mais la compétitivité primaire pour « sauver » la situation à cours termes.
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30 août 2008
La mort heureuse : pour une vision matérialiste

INRI, La Tordue
Quelle belle antinomie ! Et pourtant c’est l’horreur qui fait sens, condition sine quoi non de l’existence : la mort, l’effroyable.
Pourtant, si on se place dans une perspective matérialiste pour construire sa vision du monde c’est loin d’être si abominable et cette perspective devient, si ce n’est supportable, du moins admissible dans la représentation du monde.
La vision religieuse permet d’évincer le problème de la mort, puisqu’on ne meurt pas dans la mesure où l’individu n’est pas perdu. Drôle de manière de résoudre le problème. Les solutions les plus simples étant toujours les meilleures j’en vois deux autres beaucoup plus marrantes et strictement matérialistes qui permettent elles aussi d’éluder la question de la mort… Pour qui veux toutefois se confronter à l’idée de la mort elle-même c’est philosophiquement autrement plus difficile…
1er proposition : à défaut d’une âme immortelle, au moins la matière qui compose nos organismes ou les organismes que nous sommes (selon le point de vue) ne disparaît pas. C’est la base même de tout écosystème ! Chaque individu n’est qu’une organisation transitoire d’une certaine quantité de matière. Lorsque cette organisation s’effondre, la matière est à nouveau disponible pour intégrer une autre organisation. C’est ainsi que les molécules qui nous constituent, dont les atomes sont issus de soleils morts il y a longtemps, peuvent être ensuite disséminées dans la biosphère et se retrouver au fil du temps dans l’eau, le sol et l’air, ici dans une bactérie ou une plante, là un insecte, puis au gré des réseaux trophiques dans tous les ordres du vivant, à tout niveau de la chaine alimentaire. Si la mort d’un organisme en marque la disparition, c’est plutôt la fusion, ou le retour de ses composantes dans la biosphère. On frise la mystique bouddhiste de l’âtmâ et du Brahmâ…
2em proposition : si on se réfère à une vision génétique, voire phylogénétique, mais tout aussi classique, alors la vie perdure sans discontinuer depuis trois milliards d’années sans que la mort ait pu étendre son empire. Pensons par exemple aux travaux sur l’histoire des populations humaines que la génétique permet de construire. Les deux indicateurs les plus simples à suivre puisqu’ils se transmettent d’individu à individu : l’ADN mitochondrial et le chromosome Y. En tant que garçon j’ai de la chance : j’ai les deux ! Pour l’ADN mitochondrial les mâles sont une impasse puisqu’ils ne le transmettent pas, mais les filiations matrilinéaires permettent de le suivre dans le temps. Les mutations progressives permettent d’en retracer l’histoire. Il en est de même pour le chromosome Y qui pour sa part marque des filiations patrilinéaires. Contrairement au reste du patrimoine génétique qui à chaque fois est mélangé, ces deux indicateurs sont très stables d’une génération à l’autre. Ainsi, en dépit des inéluctables mutations au moins dans certaines de mes cellules, chacune des cellules de mon corps renferme des mitochondries identiques à celles de ma mère et ma grand-mère, arrière grand-mère etc… Ces organites survivent ainsi depuis qu’elles sont entrées dans une cellule de l’océan primitif il y a environ deux milliards d’années. Elles permettent même de reconstituer l’histoire humaine et de remonter à l’Eve mitochondriale dont nous descendons tous, de même que l’histoire du chromosome Y permet de remonter à Adam, le mâle dont nous descendons tous, les autres lignées matrilinéaires ou patrilinéaires s’étant éteintes… De là à considérer le désir d’enfant comme un symptôme du complexe d’immortalité il n’y a qu’un pas. Au moins un symptôme dont je ne suis pas atteint…
Si contre toute probabilité il y a autre chose, et pourquoi pas après tout, l’univers est de part en part traversé d’improbabilité, alors je me réfèrerai à notre professeur de morale de licence ! Ce personnage atypique, héritier de la chaire de Jankélévitch en Sorbonne (encore un spécialiste de la mort) n’était pas pris au sérieux par ses étudiants, moi y compris. Son mode d’enseignement, axé sur l’humour, était trop inhabituel pour un public aussi conventionnel sortie des grandes classes préparatoires de France ou bien des étudiants inscrits au séminaire de Paris en même temps pour devenir prêtre. Chaque cours se terminait par une blague…
L’une d’elle a retenu mon attention. « Réfléchissez une minute », nous a-t-il dit. « Imaginez une minute que la mythologie chrétienne de Saint Augustin dise vrai, et qu’il y ait un enfer et un paradis au sein des quels les morts se répartissent selon les critères énoncés. Dans ce cas je vous préviens, le paradis doit être d’un ennui mortel ! Les gens intéressants sont indubitables tous en enfer. Où croyez vous qu’ils ont pu caser Socrates, Diogène, Horace, Machiavel, Montaigne, Rousseau, Schopenhauer, Nietzsche ou Freud ? Ainsi, je vous conseille de commettre quelques horreurs dans votre existence, au cas où…
Pour finir avec humour, une publicité qui me fait toujours hurler de rire :
18:05 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mort, écologie, environnement, philosophie, matérialiste, religion
15 août 2008
Greenpeace : peace… and love…
Malgré tout le sérieux et l’importance des sujets environnementaux, il est bon de prendre du recul et de renouer avec les origines historiques de ce mouvement. Ainsi par exemple, nous pouvons considérer que le « flower power » préfigure, ou du moins accompagne, l’émergence historique de la pensée écologique.
En défendant un modèle relationnel basé non plus sur la force ou la compétition mais sur la collaboration et l’entraide, on suggère par extension une relation à la nature non plus prédatrice et de domination mais collaboratrice et de symbiose.
Nous sommes bien loin d’avoir atteind le stade de développement de « l’homme symbiotique » et le temps joue contre nous mais les idées suivent leur chemin. Songeons à l’impact historique qu’on pu avoir des pensées aussi simples et pacifistes que celles de Socrate, Bouddha, Jésus ou même Gandhi. Les pensées les plus simples sont les plus efficaces à long terme. Il me plaît d’imaginer que la naïveté apparente des années 1970, réveillée par ce clip de Greenpeace contre la déforestation, insufflera la révolution culturelle nécessaire à la mise en place d’un modèle mondiale de développement durable.

14:51 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nature, sexe, arbre, greenpeace, environnement, écologie, flower power
29 juillet 2008
Opulente gratuité de la nature

photographie: Olivier Martin Delange
Au temps de la monétarisation générale et de la brevetabilité du vivant, alors que le CO2 est coté en bourse et qu’on travaille à fixer le prix de la nature avec la notion de valorisation des services écosystémiques, on en oublie presque que la perception économique et la notion de propriété n’ont absolument rien de naturel.
J’avais presque éludé cette propriété de la nature, parfaitement étrangère à nos conventions. Alors que nous nous promenions dans les bois, nous avons été plus audacieux que d’habitude en nous écartant des sentiers principaux pour nous aventurer le long d’un ruisseau asséché dont le lit serpente sur les collines parfois abruptes bornant le Sud de Paris.
Au fond du bois, une clairière en forme de corridor totalement masquée par les futaies environnantes était couverte d’énormes ronciers.
Affreusement gourmand, je n’ai pu manquer l’infinité de grappes de mûres que ces plantes portaient. Cette profusion faisait terriblement envie et mon premier élan fut de me retenir me demandant à qui elles pouvaient bien appartenir. La commune ? La collectivité locale ? Un service d’exploitation forestière ? Peut-être même un délégataire ou que sais-je encore… Après cette fraction de seconde juridico-conformiste la gourmandise a fait taire les réflexes acquis et je me suis affairé à la cueillette. D’ailleurs avec un peu trop de zèle puisqu’au passage mes compagnons de promenade m’ont semé et je ne les ai pas retrouvé par la suite. Heureusement, Olivier a su me rejoindre à la croisée des chemins en haut de la colline.
Quoi qu’il en soit, j’ai cueilli suffisamment de mûres pour faire une tarte que nous avons dégusté hier soir…
Ne vivant plus à la campagne depuis bien des années, ce fut un sentiment étrange de se souvenir que l’opulence de la fructification était gratuite. Il suffisait de tendre la main et de saisir l’objet de gourmandise, sans en avoir à passer par le porte-monnaie. Comme dans un défi à monoprix, j’ai pu minimiser de quelques euros le coût global de la fabrication de notre tarte aux mûres maison.
Après ce ressouvenir grisant de la gratuité, teinté d’un sentiment de liberté recouvrée, je m’inquiète d’autant plus de la monétarisation à tout venant de la nature laissant croire que toute chose a un propriétaire.
Dans les nombreuses discussions de café que nous entretenons parfois avec nos amis, je veux dire loin du sérieux et du calme du discours académique ou professionnel, lorsqu’on se laisse aller aux passions, l’une de nos proches n’a de cesse de mettre en avant la notion de « biens communs ». Jusqu’ici j’avoue que je ne voyais pas très bien en quoi cette notion pouvait être plus importante que les autres qui peuplent nos échanges.
En fait, cette notion permet de reconsidérer la relation à la nature non plus comme une expérience individuelle et de propriétaire, mais comme l’immersion dans un ensemble collectif (aux humains comme aux autres espèces) dont nous pouvons faire usage, mais qui ne nous appartient pas.
En filant la métaphore nous pourrions alors considérer que nous ne somme ni maître et possesseur de la nature (le propriétaire), ni gestionnaire avisé de la nature (l’écolo, sorte de fermier qui sert de relais aux générations suivantes, ou de conservateur du patrimoine), mais nous sommes bien plutôt des invités à un banquet. La nature nous admet par accident à sa table et l’humanité n’y est qu’un convive parmi tant d’autres, qui en tant qu’invité se doit de faire honneur à son hôtesse sans déranger sa demeure.
19:45 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : monétarisation, breuvetabilité du vivant, nature, économie, économisme, environnement, écologie
15 mai 2008
Seattle 1999 pourquoi est-ce important ?
Du 30 novembre au 3 décembre 1999 s'est déroulée à Seattle la troisième Conférence ministérielle qui réunissait 133 pays membres de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Pour l'occasion, la Conférence accueillait deux nouveaux pays et non les moindres: la Chine et la Russie. Ce sommet devait alors constituer le lancement du Millenium Round, le Cycle du Millénaire: un cycle de négociations globales visant à ouvrir davantage les marchés des biens, des services et des produits agricoles.
Les critiques sont nombreuses vis à vis de cette organisation tenante du libéralisme mondial : manque de démocratie, pourvoir supra étatique, trop lobbyiste, risques liés à a brevetabilité du vivant, paupérisation des populations etc… (voir un exemple de critique ICI)
La grande unité
Face à cette organisation, pour la première fois, l’ensemble des mouvements activistes ont manifestés de concert à Seattle : les écologistes, les défenseurs des droits de l’hommes, les syndicats, les travailleurs, les paysans, le Tiers-monde, les militants d’Occident, etc. Tous unis autour de l’idée qu’il faut organiser la mondialisation et la gérer autour d’autres valeurs que le seul capitalisme marchand. C’est la naissance de « l’altermondialisme ».
Ce mouvement est celui de tous les records : il symbolise le dynamisme de la citoyenneté mondiale. Un exemple frappant est celui des manifestations contre la guerre en Irak qui ont rassemblées 36 millions de personnes dans les rues à travers toute la planète ! Ce sursaut d’engagement des citoyens autour d’idées communes, indépendamment de toute origine, nationalité, obédience ou sensibilité politique est une nouveauté qui justifie l’importance accordée à la bataille de Seattle de 1999 qui en est la première manifestation.
Constat d’échec
Mais malgré ces « batailles » romantiques, pas un pouce de pouvoir n’a été cédé par les tenants de l’économie mondiale. Les OGM s’imposent partout, répondant au lobbying de Monsanto, la guerre en Irak a eu lieu, l’OMC avance dans le sens voulu etc…
Et demain ?
Mais la bataille n’est pas terminée. Les organisateurs des conférences internationales clés depuis Seattle puis Gênes ont pris peur. Les réunions se déroulent dans de véritables camps retranchés, affichant enfin leur nature vindicative. Une opinion publique mondiale émerge, et des mouvements de solidarité entre les citoyens du monde se mettent en place en dehors des échanges encadrés par les politiques ou les multinationales. L’espoir d’un autre monde demeure mais le travail à fournir pour y parvenir est immense car au-delà de la protestation dans la rue on comprend bien que c’est au quotidien, dans ses choix de consommateurs et ses actions de bénévolat et plus encore son activité en entreprise que les messages peuvent passer, petit à petit, vers un consensus acceptable par tous.
Le film qui relate les événements de Seattle 1999 donnera une assez bonne idée de l’engouement de l’altermondialisme :
23:57 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : OMC, altermondialisme, écologie, écologiste, éthique, Seattle, 1999
08 mai 2008
Sociologie du développement durable

Photographie : Olivier Martin Delange
Les enquêtes ont ceci de bon qu’elles permettent une perception sociologique des attitudes. Bien sûr, il s’agit de données déclaratives, et les enquêtés ont tendance à exagérer leur vertus… mais les ordres de grandeurs restent des paramètres indicatifs.
Par exemple, l’une des dernières enquêtes de l’institut de sondage TNS SOFRES porte sur le développement durable*. Si les niveaux de réponses sont conformes aux attentes, les disparités selon l’age et l’habitat, quant à elles, peuvent surprendre.
Les plus enclins à effectuer les « gestes verts » sont les catégories les plus âgées et les plus rurales… On est loin du « bobo » du XVIe ! C’est encore plus ironique quand on songe que jusqu’à récemment, c’est la génération actuellement à la retraite et ce sont les populations rurales ou de zones peu denses qui assument historiquement le plus lourd bilan en terme de pollutions de tout ordre et en terme de CO2… (Chauffage individuel, assainissement individuel, choix technologiques, et période aux véhicules, maisons, process industriels et électroménagers plus polluants et moins performants)
Pourquoi ces disparités ?
- Concernant les zones de résidences, on peut penser que la proximité de la nature est un facteur de sensibilisation important, mais pas seulement… C’est aussi probablement une question de place ! Les zones d’habitat individuel sont plus simple pour mettre en place les systèmes de collecte sélective des déchets, et donc, l’expérience des populations concernées est plus importante. Par ailleurs, il faut de la place pour stocker plusieurs poubelles différentes, les piles pour plus tard, le compost dans un coin etc.…
- C’est aussi probablement une question de sous… les plus hauts salaires sont concentrés dans les zones les plus denses. Observer un comportement économe sur l’eau et les énergies correspond aussi à un besoin de maîtrise des dépenses.
- Concernant les personnes les plus âgées, on peut penser que c’est aussi une question de temps. Prévoir son cabas pour ses courses, aller chez le commerçant du coin qui dispose d’un conteneur pour les piles usagées etc.
Exemples de réponses……………………………………….
Les gestes pour la protection de l’environnement
Utilisation de sacs plastique : de fortes disparités selon les catégories d’agglomération
« Vous personnellement pour participer activement à la protection de l’environnement, faites-vous déjà ou seriez-vous prêt(e) à ne plus utiliser de sacs en plastique lorsque vous faites vos courses ? » –
% de réponse « Vous le faites déjà systématiquement »

source : TNS SOFRES 2008
Les gestes pour la protection de l’environnement
« Vous personnellement pour participer activement à la protection de l’environnement, faites-vous déjà ou seriez-vous prêt(e) à rapporter vos piles usagées chez les commerçants concernés ? A prendre des mesures pour économiser l’électricité ? A ramasser un plastique ou un carton qui traîne par terre ? »
% de réponse « Vous le faites déjà systématiquement »

source : TNS SOFRES 2008
* Les français et le développement durable
Enquête réalisée du 07 Janvier 2008 au 03 Mars 2008 par téléphone auprès d’un échantillon national de 4667 individus âgés de 15 ans ou plus
20:45 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : développement durable, environnement, enquête, opinion, action, sociologie, nature
27 avril 2008
Epicure : écolo ou pollueur ?

photographie : Olivier Martin Delange
Après avoir hanté les forêts du coin tout le week-end, que ce soit à pied en marche forcée ou à vélo, retourner en ville est à nouveau une torture tant la laideur de ce milieu minéral agresse.
Après avoir joué avec la lumière sous la dentelle des feuilles fraîchement déployées des plus hauts arbres de la forêt, entre les chênes, les hêtres, les noisetiers, les bouleaux ou les marronniers, après avoir observer les joutes des lapins dans une clairières, les poussins de foulque macroule dans leur nid au milieu d’un étang ou la course folle des écureuils sur les troncs, la circulation automobile et la rectitudes des formes urbaines semblent bien fades.
Malgré les joies de la forêt retrouvée, ce n’est pas ma forêt, celle de l’Est, la grande forêt qui échelonne les massifs du Sud du jura au Nord de l’Alsace selon un « S » tortueux qui comprend de grandes étendues vallonnées ou montagneuses, des lynx, des grands tétra, et même, depuis peu, des loups. Dans les forêts de Meudon ou Clamart, au Sud de Paris, on ne peut pas oublier la capitale. Disposées au sommet des collines, chaque trouée dans la frondaison des arbres offre à la vue, non pas un ciel dégagé ou une forêt, mais ici la Défense, là la tour Eiffel, le Sacré-cœur au loin ou, ce qui de loin ressemble à un monolithe de granit noir : la tour Montparnasse.
Dans la forêt de l’entre-deux donc, suant sous le premier plein soleil de l’année, je me surprend à me contre-fiche d’avoir sali mes vêtements avec la chlorophylle ou les restes de boue qui composent le sentier, d’avoir l’air hirsute comme un dimanche au réveil difficile et au contraire de me plaire à simplement enchaîner les pas entre les arbres. On retrouve un peu de la liberté perdue à cheminer dans la nature.
On a internaliser les codes urbains au point de s’offusquer de sa propre sueur, de répugner à la matière organique et de se contraindre continuellement pour se conformer à une image toute droit issue du surmoi collectif. Foutaise que tout cela ! N’est-ce pas ainsi, avec une finesse de psychanalyste, que les publicitaires nous refourguerait n’importe quel accessoire inutile, coûteux et polluant ? N’est-ce pas à cause de ce surmoi dispendieux, orgueilleux et hédoniste que nous nous vautrons dans une orgie de dépenses et de richesses inutiles ? Entre lire Vogue et agriculture magazine mon choix est fait !
L’imposture ultime de cette culture, c’est de chercher sa légitimité dans la philosophie classique et de mettre en exergue l’épicurisme. Je crois bien que la totalité de ceux qui se servent de l’aphorisme d’Horace « Carpe diem » pour justifier la qualité intellectuelle de leurs attitudes inconstantes, irréfléchies, et pulsionnelles n’ont jamais lu un traître mot des textes de l’école de philosophie d’Epicure. Est-il le chantre d’un hédonisme à la mode depuis l’après-guerre ? Evidemment que non ! Prendre épicure pour un hédoniste effréné serait une erreur, il s’agit d’une philosophie mesurée, la plaisir se trouve dans la réserve, jamais dans l’excès. A-t-on encore plaisir dans l’accumulation si ce n’est celui de provisoirement avoir l’impression de satisfaire un manque ? La dépense à la consommation et le principe du luxe n’est il pas l’insatisfaction perpétuelle ? Tandis qu’à l’inverse, Epicure prône la retenue et la mesure, la privation provisoire même, afin de retrouver le plaisir à la chose, quelle qu’elle soit. Alors au vue des textes qui ont survécus à plus de 22 siècles d’incendies de bibliothèque et de voracité des rats et souris, non Epicure ne peut pas être cité pour légitimer les comportements compulsifs destructeurs des consommateurs acharnés. Au contraire, une mouvance autour de la notion de décroissance ou d’économie, au sens de la mesure, y trouverait une formidable inspiration.
Toutefois, le présupposé des philosophies classiques, qui stipule que le bonheur est le but ultime de toute vie ne reçoit pas mon assentiment. Il y a bien plus intéressant que le bonheur ! Et n’est ce pas justement sur la base de cet impératif du bonheur imposé par une civilisation qui traite le malheur et la tristesse comme des maladies sociales ou psychologiques que se fonde le modèle de consommation et d’économie (au sens pécuniaire ici) qui pose tant de problèmes environnementaux ?
Alors relire Epicure pour contrer les erreurs, certes, mais appliquons la notion de mesure à la lecture de l’épicurisme lui-même !
21:58 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, écologie, nature, environnement, forêt, consommation, économie
14 mars 2008
vers la guerre des mondes ?
A l'occasion de la sortie prochaine d'un long métrage sur les requins, ce blog portera toute la semaine sur les prédateurs, un par jour.
La famille des plus puissants et anciens prédateurs macroscopiques de notre planète actuelle correspond aux requins. Si les plus grandes espèces ne consomment pas de grands animaux mais du plancton comme le requin baleine (Rhincodon typus) ou chez nous le requin pèlerin (Cetorhinus maximus), d'autres ont de biens terribles réputations...
Pourtant les requins sont essentiels à la bonne santé des écosystèmes, comme tous les grands prédateurs. La barbarie humaine, qui finira dans la légende de la biosphère comme cause unique de la 6e extinction, s’exerce avec une vindicte toute particulière contre les requins.
La France figure parmi les premiers États pêcheurs de requins dans le monde et parmi les 10 premiers Etats importateurs de requins. Ceux-ci sont prisés pour leur chair, leurs ailerons et l’huile tirée de leur foie, utilisée par les industries cosmétiques et pharmaceutiques.
En 2004, la France a été le deuxième pays européen producteur de requins et de raies. Les navires français ont capturé plus de 21 000 tonnes de requins et de raies, non seulement dans les eaux françaises mais également dans des régions aussi lointaines que l’Antarctique, ce qui représente près de 20% des prises totales de l’Union européenne. N’oublions pas que la France, avec ses DOM, ses TOM et les autres territoires (Terres Australes) possède un des plus grands et des plus diversifiés territoire maritime du monde. Sa responsabilité vis à vis du monde marin est à la mesure de cette immensité territoriale. Pourtant la métropole a honteusement l’habitude d’oublier ses autres France. Pensons ne serait-ce qu’à la Guyane où le niveau de vie est très en deçà de la métropole, sans parler des TOM et du désengagement de l’opinion publique en regard de nos responsabilités historiques collectives. En ces temps post-coloniaux quand un état européen s’arroge encore des territoires sur les 5 continents il serait de bon ton d’être exemplaire à leur égard… Les requins sont symboliques de notre gestion de ces territoires… Ils y sont partout exploités sans restriction, souvent de manière industrielle et barbare, sans contrôle et sans plan de gestion de la ressource.
Un tiers des populations européennes de requins qui ont fait l’objet d’une évaluation sont désormais considérées comme menacées selon les critères de la Liste Rouge de l’UICN (Union mondiale pour la nature). 20% supplémentaires sont sur le point de le devenir.
Les navires français capturent plusieurs espèces de requins et de raies dont certaines sont considérées comme menacées par l’UICN. Des espèces de requins pélagiques sont également capturées accidentellement par les thoniers français qui pêchent au large de l’Afrique de l’Ouest et dans l’Océan Indien.
La méditerranée détient selon l'UICN le record du nombre d'espèces de poissons cartilagineux menacés de disparition, avec en 2007 42% des espèces de requins et raies menacées d'extinction
Le grand requin blanc (Carcharodon carcharias) est lui aussi présent autour de la métropole. Mais il s’est tellement raréfié qu’il est très rarement cité et le grand public n’est généralement pas conscient de sa présence au large des plages de méditerranée (o il est brun), de l’Aquitaine ou de la Bretagne. Cette espèce magnifique, le plus grand prédateurs, comme le plus grand requin, le requin baleine, et comme la plus grande baleine, la baleine bleue, sont fortement menacés. Est-ce à dire que l’humanité ne tolère pas d’autre grandeur que la sienne ?
Je suis désespéré pour les milliers d’espèces que nous emportons dans notre folie sanguinaire et les systèmes impersonnels de gestion de la biosphère que nous avons mis en place en quelques décennies. Les grands prédateurs sont particulièrement concernés puisque les concernant ils sont aussi victimes de notre crainte, souvent irraisonnable, du danger, ou de la concurrence. Hélas je n’ai pas senti d’évolution de ces comportements hiératiques.
Avant la maîtrise du feu, nos ancêtres se couchaient dans leurs fragiles refuges sans savoir si un smilodon viendra dévorer l’un des leurs pendant la nuit. Est-ce que notre mémoire génétique nous pousse à la revanche contre tous les prédateurs ?
20:45 Publié dans éthique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : requin, film, animaux, écologie, environnement, nature, éthique
01 mars 2008
bataille médiatique

photographie : Olivier Martin Delange
La vitrine de la lutte entre différents modèles de société, le lieu visible du débat aujourd’hui, prend ni plus ni moins la forme d’une bataille esthétique présente aussi bien dans nos médias que sur les étals des boutiques et des marchés. Ce combat opposant deux projets économiques différents se joue en termes d’image. L’enjeu de la lutte est l’implication du public, qui par son mode de vie choisit entre un projet écologique ou la persévérance dans un système strictement marchand. Evidemment, ce choix n’est pas exclusif et c’est d’ailleurs un mal nécessaire puisque « on vérifie généralement, dans une économie en crise, cette sorte de loi tendancielle d’accroissement du taux de pollution » . Les procédés agricoles et industriels les moins polluants sont souvent les plus coûteux à l’investissement et ne peuvent être appliqués en cas de récession économique. Les méthodes de communication qui entourent cet enjeu sont l’occasion de vérifier la nature des éléments esthétiques employés. Il n’est pas anodin de constater que du côté des entreprises, cette affaire est prise en main par des professionnels de la communication, plus que par des écologistes ou des agronomes. Ainsi, l’adhésion du public s’obtient par le biais de la publicité, et à coup de rapports annuels de développement durable, plutôt que par une argumentation ou la mise en avant de principes éthiques. Nous pourrions aussi évoquer les artistes militants écologistes par exemple. Au greenwashing nous pourrions opposer la notion d’écoconception. L’écoconception consiste à concevoir un produit de tel sorte qu’il ait le moins d’impacts négatifs possibles sur l’environnement, en prenant en compte l’ensemble de cycle de vie du bien, de sa fabrication, sa distribution et son usage jusqu’à son devenir en tant que déchet. L’écoconception et l’éco-responsabilité peuvent aussi être introduites dans le monde de la publicité. Dans ce cas, il s’agit d’émettre un message sans mensonge écologique, sur un support qui vise lui-même à appliquer des critères environnementaux, par exemple en sélectionnant les supports publicitaires et leurs moyens de production selon leurs impacts sur l’écosystème et les pollutions qu’ils génèrent . On retrouve ici une démarche similaire à celle de la HQE par exemple, où les principes qui relèvent d’une éthique environnementale occupent la place traditionnelle de considérations purement formelles. L’écoconception investit des domaines esthétiques et en devient un critère. En rappelant les conditions sociales actuelles d’animation du « débat » public, nous constatons qu’il ne faut pas sous-estimer l’importance des jeux esthétiques dans l’obtention des choix éthiques pour l’environnement.
Ainsi, la résolution de la crise écologique étant relative à un programme économique, l’esthétique intervient à titre d’argumentaire. La diffusion du dilemme auprès du public ne peut passer par la seule présentation du débat théorique dont nous avons décrit la complexité.
Il ne nous reste plus qu’à déterminer à quel point une sensibilisation par le biais d’une esthétique verte peut aboutir à une prise de conscience éthique de l’environnement.
références :
- Martin Seel, « Ästhetik als Teil einer differenzierten Ethik. Zwölf kurze Kommentare », in Ethisch-ästhetische Studien, Suhrkamp, Frankfort, 1996, p. 227, traduction Claude Thérien.
- Le secteur de la publicité se mobilise, par exemple à l’initiative d’Havas Media,PricewaterhouseCoopers, l’ADEME, Ecobilan et LVMH qui développent conjointement un outil métier d’évaluation environnementale de leurs productions. Cette outil est nommé « écopublicité ». Voir ecopublicite
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22 décembre 2007
AUX ARMES !

Photographie : Olivier Martin Delange
Après le "flower power" la "flower war" ?
Les signes ne cessent de s’accumuler vers la crispation et les risques militaires en ce qui concerne les crises écologiques à venir.
Le 17 avril dernier au conseil de sécurité de l’ONU a eu lieu un débat sur les risques liés au changement climatique. Au premier jour de la conférence de Bali, l’ONU toujours émettait un rapport sur les risques de sécurité liés au réchauffement global en estimant un risque de guerre civile mondiale face à la pénurie des ressources naturelles. Les guerres de l’eau sont déjà à l’ordre du jour, les déplacements de population massifs ont commencé au risque de déstabiliser des régions géopolitiques entières…
Mais il y a une autre forme de violence qui semble se développer et qui montre à quel point les enjeux de réchauffement climatique, mais aussi de biodiversité, peuvent être la source des conflits futurs.
Les actes de désobéissances civiles (fauchage des OGM) ou de terrorisme (libération des animaux de laboratoire, empoisonnement de produit de grande consommation) et acte de guerre de certaines associations (Sea Shepherd) ne tendent pas à s’amenuirent, au contraire. Cette fois, ce sont les Etats eux-mêmes qui s’engagent dans des processus de dissuasion et de démonstration de force.
Cette semaine le Japon a reculé sur son intention de chasser 50 baleines à bosse. Nous en sommes très heureux mais nous ne leurrons pas sur la signification de ce recul qui ne se traduit pas pour autant par l’annulation du massacre de 900 autres baleines d’espèces plus petites... Les pressions ont été plus importantes que jamais. Le nouveau gouvernement de gauche en Australie, qui a pris la tête de la campagne de protestation internationale a dépêché un navire de guerre et un avion de reconnaissance pour surveiller la flotte japonaise. Les associations écologistes Greenpeace et Sea Shepherd ont également chacune envoyé un navire pour perturber la chasse des baleiniers.
Sea Shepherd par exemple a déjà harponné des navires, percé des coques, pour faire respecter le droit international sur la protection des espèces naturelles mais sans légitimité pour le faire… Hélas jusqu’ici aucun Etat, aucune organisation officielle internationale ne se sont lancés dans la coercition pour faire respecter ces législations. Mais avec la prise de conscience de l’opinion publique et la crispation des enjeux, il n’est pas improbable que ces pratiques changent et qu’un jour le navire de guerre Australien ne se contente pas de surveiller l’activité de la flotte japonaise dans les eaux internationales…
Après la thématique de la guerre préventive employée outre-Atlantique verra-t-on les Etats faire usage de la force pour protéger la biodiversité ? A quand une force d’intervention pour sécuriser les montagnes où résident les derniers gorilles inaccessibles depuis des mois en raison de la présence de milices et de rebelles qu ont déjà tués des gardes de la réserve et des gorilles parmi les derniers de leur espèce ?
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