07 octobre 2008

La valeur de la biodiversité

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photo : Olivier Martin Delange

Le débat fait rage dans les milieux écolo sur la question de la valeur économique de la biodiversité, certains l’estiment immorale, d’autres moins idéologiquement difficile à déterminer de manière suffisamment juste pour être utilisée, d’autres se réfèrent au succès d’autres secteurs de l’environnement pour lesquels un prix été fixé.

Ce problème ne trouvera pas sa solution en quelques notes dans un blog mais quelques éléments permettent de nourrir la réflexion. A l’heure où les ruches prennent leurs quartiers d’hivers, et en espérant qu’elles seront en meilleure forme la saison prochaine, on peut dors et déjà faire le bilan économique du déclin des abeilles. Si la biodiversité n’a pas de prix, au moins son activité en a un ! Le déclin des abeilles produit ses premiers effets économiques.

Les populations d'abeilles domestiques déclinent partout dans le monde. Les Américains ont baptisé ce phénomène le Syndrome d'effondrement des colonies (Colony Collapse Disorder, ou CCD). Il s'agit de la disparition brutale de la quasi-totalité d'une colonie. On ne retrouve dans la ruche que la reine et les individus les plus jeunes. Quant aux cadavres des individus adultes, ils ne sont pas retrouvés dans la ruche, ni même à proximité. Dans plusieurs pays européens, des situations similaires ont été rapportées. Globalement, on constate une surmortalité annuelle supérieure à 30 % dans tous les pays où la mortalité des abeilles est suivie. Ce rythme ne pourra pas être supporté longtemps.

Impacts économiques directes
Aux Etats-Unis, un apiculteur sur deux ne vit pas du commerce de miel, mais de la vente aux grandes exploitations de fruits et légumes d’un service de pollinisation. Par exemple, un apiculteur de Pennsylvanie commencera la saison sur les plantations d'oranges de Floride, puis il reviendra en Pennsylvanie poser ses ruches dans les plantations de pommes, puis chez les producteurs de myrtilles du Maine, puis en Californie dans les grandes plantations d'amandes... A chaque fois, il loue aux producteurs les services de pollinisation de ses abeilles. La question économique ne se limite donc pas à la production de miel, mais se répercute directement sur les coûts de production des fruits et légumes. Ce coût est moins visible dans les exploitions européennes.
Il y a un vrai risque. La Californie, par exemple, produit 80 % des amandes consommées dans le monde. Aujourd'hui, il faut la moitié des 2,4 millions de colonies d'abeilles américaines pour polliniser ces plantations d'amandiers. La réduction des populations d'abeilles se fait sentir : auparavant, les apiculteurs louaient la colonie d'abeilles entre 45 et 65 dollars (32 à 46 euros). Cette année, le prix payé par les producteurs d'amandes se situe autour de 170 dollars (120 euros) par colonie. Globalement, le coût de la pollinisation a augmenté pour tous les types de producteurs. Et, pour la première fois, des producteurs de concombres de Caroline du Nord ont réduit leur production jusqu'à 50 % simplement parce qu'ils n'ont pas trouvé suffisamment de colonies disponibles pour assurer la pollinisation.

Effondrement de tous les pollinisateurs
Aux Etats-Unis, il y avait trois principales espèces de bourdons (qui, comme les abeilles domestiques, comptent parmi les insectes pollinisateurs) : l'une est éteinte et les deux autres sont menacées. En Europe, une étude récente a montré que les insectes pollinisateurs sauvages sont aussi en déclin, ce qui provoque celui de plusieurs plantes sauvages qui en dépendent. Le problème touche donc à la pollinisation elle-même avec toutes les conséquences pour les écosystèmes, la production alimentaire et les prix que nous pourrons imaginer…
Les causes exactes restent inconnues, et il s’agit très probablement de l’addition de facteurs de fragilisation parmi lesquels les pesticides, les ondes électromagnétiques émises par les antennes-relais ou encore les cultures génétiquement modifiées... on retrouve aussi chez beaucoup d'abeilles touchées par le CCD une sorte de virus grippal nommé Israeli Accute Paralysis Virus (IAPV). Mais toute la question est de savoir pourquoi il devient mortel dans certaines colonies et pas dans d'autres.

Là aussi d’insolubles questions économiques se posent, et il s’agit identifier les pollueurs pour appliquer le principe pollueur-payeur et réduire les causes… Si la régulation économique se montre un outil d’action efficace, autant s’en servir !

28 septembre 2008

Levier d’avenir

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photographie : Olivier Martin Delange

La nature est plus coriace qu’on peut le penser. Pour peu qu’un incendie ravage des hectares devenus de noires collines couvertes de suies, qu’un sol pollué et empoisonné tue les espèces qui le peuplaient ou bien encore que le changement climatique écrase de chaleur une zone dont les espèces autochtones sont inadaptées, la vie n’est pas perdue. Globalement rien n’est définitif. Seules les espèces perdues sont irrémédiablement perdues, mais les espaces de vie voient toujours la vie revenir. C’est la capacité de la nature dite « résilience écologique ».

La résilience écologique désigne la capacité d'un écosystème, d'un habitat, d'une population ou d'une espèce à retrouver un fonctionnement et un développement normal après avoir subi une perturbation importante. Le seuil au-delà duquel cette capacité est perdue est bien plus bas qu’on ne le pensait. Et c’est une très bonne nouvelle ! Ainsi, en accompagnant favorablement ces phénomènes, les forêts détruites peuvent se reconstituer, les espèces en voie de disparation peuvent être sauvées et les sols empoisonnés assainis.

Toutefois, deux facteurs limitent quelque peu cette merveilleuse capacité de come back de la nature :
- ça prend du temps, et l’humanité n’est pas réputée pour sa patience.
- la qualité de l’écosystème nouveau ou de l’espèce reconstituée n’est pas identique à celle de l’état précédent ni en termes de diversité (spécifique ou intra-spécifique) ni en termes de performance écosytémique (une forêt primaire reste irremplaçable).


Une bonne gestion de l’espace, un accompagnement de migration d’habitat vers le Nord et de la patience permettrait de « sauver les meubles « pendant que se met en place un nouvel équilibre climatique. Le levier d’avenir est au cœur même des facultés de la nature : la résilience.

23 septembre 2008

Earth Overshoot Day

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Photographie : Olivier Martin Delange

Chaque année, le Global Footprint Network calcule l'empreinte écologique de
l'humanité - la pression exercée sur les cultures, les forêts, les
ressources halieutiques, etc - et la compare avec la capacité des
écosystèmes à régénérer ces ressources et à absorber les déchets produits.
Ils en infère le Earth Overshoot Day correspondant au jour de l'année où
les activités humaines ont consommé tout ce que la Terre peut produire en
un an. Cette année c'est aujourd'hui.

Précédents Earth Overshoot Day :
le 31 décembre 1986, pour la première fois de l'histoire, l'humanité avait
consommé en un an la totalité de ce que la Terre avait produit dans
l'année.
1996 : nous utilisions déjà 15% de plus de ce que la Terre pouvait produire
annuellement: le jour d'épuisement tombait en novembre.
6 octobre 2007, soit, l'équivalent d'un mois en 10 ans, suivi d'un "bon" en
2008.

Ainsi, les arbres sont abattus plus rapidement que d'autres ne repoussent
et les poissons pêchés plus vite qu'ils ne peuvent se reproduire.
Sous l'effet de la déforestation, 13 millions d'hectares disparaissent
chaque année.
Selon la liste rouge des espèces animales et végétales menacées publiée par
l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), plus d'un
tiers des 41.000 espèces mises sous surveillance sont menacées
d'extinction.

15 septembre 2008

Le vent en poupe

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Photographie : Olivier Martin Delange

L’éolien ou le solaire ? L’éolien et le solaire ? Evidemment les deux sont à développer. Les deux sont utilisée par les graminées par exemple : le solaire pour la croissance, l’éolien pour la dissémination. Quel plus beau spectacle que les longues tiges des graminées dansant dans le vent jouant sur toute la palette des ocres, bruns et jaunes dans les reflets de lumière ?
Ces deux filières « phares » des énergies renouvelables sont au coude à coude, avec la géothermie, la petite hydraulique (barrage, marée, etc…) et la production d’énergie à partir des déchets (incinération ou méthanisation).

La question éolienne est particulièrement symptomatique des questions soulevées par une démarche de développement durable. Si cette énergie est renouvelable et peut se substituer aux ressources fossiles elle permet en ce sens des réductions d’émission de CO2, mais cette substitution ne dispense pas d’un travail de contrôle et même de réduction des consommations d’énergie.
Comme le solaire, l’un des principaux freins au développement de la filière concerne la disponibilité de l’énergie produite : nos consommations sont continues, la production d’électricité par éolienne ne l’est pas…
Autre sujet relatif à l’éco conception : la production des éoliennes et leur installation ne sont pas neutres d’un point de vue environnemental, si le gain global est positif, il ne faut pas nier que les matières premières utilisées, leur transformation et le transport de l’éolienne ont un impact de même que sa connexion à un réseau électrique.
Second frein au développement de la filière, même s’il est en passe de se résorber : les capacités industrielles de production d’éolienne ont du mal à suivre la demande, les amateurs doivent donc parfois s’armer de patience.

Surprise du rejet :
Comble de l’ironie, comme souvent en fait, les premiers détracteurs des éoliennes sont les mêmes que ses défenseurs initiaux : les écolos… (Cherchez l’erreur). Deux raisons principales : la protection du paysage (je crois qu’on perd le sens des priorités dans ce cas !) et la biodiversité. En effet, contre toute attente, les éoliennes ne sont pas sans danger. Les écarts de pression à leur proximité sont fatals aux chauves-souris… Toutefois, en programmant les éoliennes pour ne pas fonctionner avant une certaine vitesse minimale (au-delà de la quelle les chiroptères la repèrent et ne s’approchent pas) ou en ne les faisant pas fonctionner aux heures d’activité des mammifères volant le problème peut être résolu.
L’effet de mode qui entoure les énergies renouvelables semblent suffire pour le moment à surmonter ces premiers obstacles, cette étape passée, on peut espérer que les technologies seront rodées et parfaitement opérationnelles.

Résumé des points clés pour le développement des énergies renouvelables à considérer :Disponibilité de l’énergie
Capacité de production
Capacité de déploiement de la technologie
Eco conception
Rejet au motif paysager
Rejet au motif biodiversité
Coût de développement
Prix
Effet de mode

Développement pour particuliers :
La grande différence entre ces énergies renouvelables (éolien et solaire) est la possibilité de production décentralisée. Les particuliers où les entreprises peuvent produire leur propre énergie. Le designer français Philippe Starck a présenté un prototype d'une éolienne de petite dimension, "abordable et démocratique", destinée à M. Tout-le-Monde et qui peut être installée dans un jardin, voire sur une terrasse. "Cette éolienne individuelle, abordable et démocratique", comme la définit lui-même le designer, a été conçue en collaboration avec le groupe italien Pramac, un fabricant de groupes électrogènes traditionnels, récemment réorienté sur les énergies renouvelables.
Ressemblant à un fouet de cuisine, épuré en polycarbonate avec moteur intégré, l'objet est remarquable par sa simplicité.
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photo : éolienne Stark


"En fonction de sa taille - il y en a six-, elle traite entre 10 à 60% des besoins énergétiques individuels. Et elle vaut entre 300 et 400 euros", a précisé Philippe Starck au Figaro.
Le designer, qui a suscité un grand intérêt à Milan avec sa dernière invention, travaille également sur de nombreux autres projets au sein du "département de haute technologie pour la démocratisation de l'énergie", qu'il a créé il y a quelques mois avec l'italien Pramac: des bateaux totalement solaires à la voiture électrique en passant par des panneaux photovoltaïques transparents.

14 septembre 2008

Migrations

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Google Earth (GE) devient un outil aussi utile et efficace que Word ou Excel. Je commence à voir comment m’en servir pour un Plan de Déplacement d’Entreprise par exemple.
Autre application de GE, utilisée dans un cadre scolaire par exemple à l’académie de Montpellier à parti des données du MNHN : suivre les migrations. Non seulement c’est la bonne période, mais surtout, profitons en parce que le changement climatique en cours, entre autres causes anthropiques, mets à mal les habitudes de migrations de la plupart des espèces Européennes.
Il en est justement ainsi des cigognes blanches. Si le fichier à télécharger ICI permet de suivre les migrations effectuées en 2000 par des individus de Suisse, d’Alsace et d’Allemagne, il serait très difficile d’actualiser ces données pour la simple et bonne raison que la plupart des cigognes ne migrent plus. L’exemple n’est pas le meilleur parce que nous avons « appris » aux échassiers à ne plus migrer. Un nombre très important d’entres-eux finissaient dans les casseroles des pays d’hivernage… Mais cette sédentarisation ne fut possible que parce que la nourriture était présente en hivers en Europe, nouveauté de ce siècle.
D’autres exemples sont encore bien plus éloquents comme la fauvette à tête noire. La Fauvette à tête noire d'Europe centrale a changé de route de migration hivernale en allant en Grande-Bretagne, où elle trouve des nichoirs alimentés en abondance, plutôt que de traverser les Alpes vers l'Europe du Sud et l'Afrique du Nord. Cette route étant moins longue et moins difficile, les Fauvettes rentrant d’Angleterre sont en meilleure forme et rentrent plus tôt, elle bénéficie ainsi des meilleures opportunités pour nicher et obtiennent de meilleures nichées. De ce fait les descendantes des hivernantes en Angleterre sont plus nombreuses, au détriment des autres. Dans la mesure où les habitudes de migration se transmettent d’une génération à l’autre, en quelques années c’est l’espèce entière qui change de rythme de vie.

La corneille en Scandinavie ne migre plus que rarement, et l’on suppose que l'avantage de la migration est devenu plus aléatoire que celui de la sédentarisation car ces oiseaux trouvent de la nourriture en abondance dans les dépôts d'ordures. Certains colibris roux, aux États-Unis, montrent une tendance à migrer d'ouest en est durant l'hiver plutôt que de migrer vers l'Amérique Centrale. Ce phénomène a toujours eu lieu, mais en raison des perspectives alimentaires fournies par les humains, ceux-ci survivent mieux et transmettent leur route de migration à leur progéniture. De plus on observe que la migration de certains étourneaux de l'hémisphère nord s'est même inversée, ces oiseaux trouvant des ressources alimentaires ou des gîtes dans les villes plus au nord.

Dans la mesure où la tradition de la migration se perd et que j’aime être garant des traditions je migre ! Je change d’entreprise, une fois de plus, mais puisque le temps est à la sédentarisation je compte bien suivre l’exemple de mes chères cigognes et entamer une activité de long termes avec mes nouveaux camarades.

07 septembre 2008

Tromper la chance : la nature est une tricheuse

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Photographie : Olivier Martin Delange

Face à la Fortune la Nature a su déployer des parades si efficaces qu’elle fait figure de maîtresse incontestée de la Chance. Les stratégies sont loin d’être simples, la sournoiserie de la vie pour perdurée est aussi subtile que discrète, seul moyen d’être suffisamment coriace face au principe d’entropie qui aurait du avoir raison du vivant depuis bien longtemps…

Dans son Essai sur les Fondements de nos Connaissances, Cournot part de l’hypothèse selon laquelle il existerait, au sein des phénomènes naturels, plusieurs séries causales indépendantes : c’est de leur croisement que naîtrait la chance. L’idée qu’un événement résulte d’une combinaison signifie que ce n’est qu’un possible parmi d’autres, tiré d’une combinatoire produit par un jeu de hasard. Cournot raisonne en supposant que chaque séquence causale dans la Nature est assimilable à un coup de dés indépendant des autres.

En appliquant ainsi la théorie des probabilités, il est évident que si on multiplie les tentatives on augmente ses chances. Lorsqu’un événement a une chance sur deux de se produire, au bout de 100 essais l’événement arrivera environ 50 fois. La diversité du vivant, sa résistance, et la capacité de résilience des écosystèmes ne sont dû ni au hasard, ni à la chance, mais à la faculté de la Nature de tromper la chance en augmentant les essais par effet de masse.

Bien sûr les systèmes auxquels on se réfère sont bien plus complexes qu’un simple pile ou face et le numéro gagnant est différent à chaque fois. On pourrait illustrer l’étendue de la stratégie de la nature en disant que c’est exactement comme si elle jouait à un loto dont le numéro gagnant comporte 10 puissance 10 chiffres et à chaque tirage elle joue des centaines de milliards de numéros en même temps, augmentant ainsi d’autant ses chances !

Comment procède-t-elle ?

Saisir sa chance
L’exemple de l’évolution l’explique bien. Les mutations sont dues à des événements fortuits, tels que des erreurs de copie lors de la reproduction cellulaire ou bien une altération du patrimoine génétique à cause d’un virus, une substance chimique, un rayonnement UV ou gamma. De ces mutations aléatoires, souvent pathogènes, il arrive qu’une nouvelle propriété émerge, donnant selon les circonstances un avantage à l’individu qui la porte. Par exemple les yeux bleus pouvaient être un avantage pour les groupes qui vivaient dans les hautes latitudes… Du hasard initial d’apparition de la mutation, à sa diffusion, la nature a su saisir sa chance…

Explorer le champ des possibles
En laissant soin au hasard d’intervenir dans la créativité de l’évolution, la nature a entamé une véritable exploration du champ des possibles, la sélection naturelle venant séparer le grain de l’ivraie, notion changeante selon les aléas du climat et des conditions locales. Ainsi, les grandes périodes de créativité ont vue apparaître des animaux des plus étranges. La faune d'Édiacara (1 400 spécimens fossiles du précambrien) est exemplaire à ce titre. Édiacara est un site au sud de l'Australie où des fossiles très particuliers ont été trouvés en 1946 et étudiés dans les années 1950 par Martin Glaessner. Glaessner a d'abord pensé qu'il s'agissait de formes primitives d'animaux tels que des vers ou des coraux. Si certains de ces fossiles, comme Kimberella, Bomakellia, et Xenusion, ou même certains petits coquillages, peuvent être rattachés à des formes de vie du Cambrien, beaucoup d'autres, par exemple en forme de goutte, de disque, de fronde ou de domino, n'ont pas de relations connues avec une faune postérieure. Actuellement le classement de ces espèces est sujet à controverse.
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Halucigenia, faune d'Ediacara

Maîtriser les risques
Mais laisser assez de marge à la créativité et au hasard comporte le risque de voir une série statistique défavorable s’enchainer jusqu’à la destruction en un funeste enchaînement de malchance. Ce combat de déesse, entre l’aveugle Fortuna et la hiératique Gaïa est inéquitable, la Terre ayant su juguler le hasard.
En effet, dans la mesure où la nature laisse le hasard intervenir uniquement aux niveaux les plus micro de son système (le gêne, l’individu), une circonstance malheureuse a moins de chance d’avoir des conséquences d’ampleur et laisse les éléments d’autorégulation du système écologique minimiser les risques. Les travaux de Lynn Margulis ou de James Lovelock le montrent bien.


De la chance au destin, question de lecture

C’est en vertu du hasard du croisement d’un rayon cosmique d’un côté et de l’instabilité de composés chimiques, qu’ont surgit les premiers acides aminés. La vie résulte de séries causales indépendantes et son apparition est issue de la conjonction du "hasard et de la nécessité", comme le dirait Jacques Monod.
Si on admet la théorie du hasard, la formation de la Terre semble résulter d’une combinaison assez inouïe d’événements. La chance d’obtenir une planète avec une exposition au soleil suffisante, mais pas trop forte, avec une gravité suffisante, et une température moyenne idéale était très mince. Ajoutons à cela la présence de l’eau sous la forme liquide, une proportion correcte entre les terres émergées et l’eau, une atmosphère favorable et la Terre ressemble plus à un miracle qu’à un phénomène naturel. La Terre a eu la chance extraordinaire de disposer d’une lune qui stabilise, par effet des marées, son axe de rotation, stabilité favorable au vivant. L’exploration du système solaire par des sondes spatiales a confirmé la singularité remarquable de la Terre. Nous n’avons trouvé que des systèmes morts, très diversifiés.

L'ensemble des espèces aujourd’hui vivantes sont issues d'un organisme originel unique datant d'environ 3,6 à 4,1 milliards d'années. Nommé LUCA (Last Universal Common Ancestor) cet être était monocellulaire et vivait dans l’océan qui a vu la vie émerger. Le vivant se compose de trois branches dont il serait l’origine : les archées, les eubactéries et les eucaryotes (regroupant les animaux, les champignons, les plantes et les protistes). Le problème de la phylogénie à la racine du vivant consiste maintenant à savoir si les eucaryotes et les archées descendent de l'une des deux cellules filles de LUCA, et les eubactéries de l'autre, ou si c'est une autre combinaison. Succession de coup de chance ? Evidemment LUCA n’était pas seul dans l’océan, et des millions, probablement des milliards d’autres êtres vivants du même type l’accompagnaient. Mais le temps passant, les grandes extinctions aidant, LUCA est la seule dont la descendance a survécue (hormis les virus, bien sûr…). Une telle succession d’événements rapportée sur des échelles de temps géologiques font apparaître l’histoire de LUCA comme un destin incroyable, plutôt que comme un coup de chance isolé.

Mais là, nous parlons de lecture a posteriori de l’histoire naturelle, pour LUCA comme l’apparition du vivant. Ce serait une erreur d’y voir un destin, c’est plutôt l’aveu de notre ignorance ou une vision simpliste qui nous évite de penser à la complexité extrême des ces phénomènes. En effet, rétroactivement, les conditions du vivant peuvent être interprétées comme un hasard formidable. Oui, pour le vivant tel que nous le connaissons, celui qui s’est développé dans les conditions qu’il a rencontré ! L’exobiologie, science qui cherche à concevoir ce que serait la vie dans d’autres conditions ou sur d’autres planètes le montre bien : si les conditions sur Terre avaient été différentes, ce n’est pas pour autant que la vie ne serait pas apparue, elle aurait juste été différente.


La loterie humaine : nouvelles règles

Du Chaos a émergé Gaïa nous dit Hésiode, avec sa maîtrise de la Chance, la Nature sait intégrer et valoriser le Chaos. Mais ce bel équilibre est remis en cause par les technologies et les pratiques de l’humanité. Ça ne date pas d’hier ! Les pratiques d’élevage ont abouti à la création d’espèces nouvelles telles que les cochons à partir des sangliers, les moutons à partir des mouflons etc… et que dire des plantes ! Tous les agrumes sont issus d’une poignée d’espèces naturelles. Nos tentatives de maîtrise du vivant, comme les OGM ou l’élevage, consistent à suppléer le hasard dans la nature, et à favoriser certaines mutations plutôt que d’autres.
A l’inverse, et on l’évoque avec précaution, parce que cette idée risque de conduire à l’eugénisme, le patrimoine génétique de l’humanité n’est plus régulé par le principe de sélection, qu’elle soit naturelle (évolution) ou humaine (eugénisme). Si de cette manière nous donnons plus de chance au hasard de s’exprimer au sein de notre propre espèce, nous ne suppléons pas la nature dans ses régulations habituelles.
La chance a sourie sous le joug de la Nature, les nouvelles règles édictées par l’humanité maintiendront elles l’équilibre de la Chance entre créativité et chaos ?

23 août 2008

Nucléaire et Gaz à effet de Serre

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Photographie : Olivier Martin Delange

On l’oubli souvent mais la vapeur d’eau est également un gaz à effet de Serre… bien entendu son action n’est pas aussi longue que pour les autres gaz puisque l’état de vapeur de l’eau est transitoire et les pluies réinjectent cette eau dans le système terrestre ou directement dans le système océanique. Ainsi les gigantesques jets de vapeurs d’eau qui s’échappent des centrales nucléaires ne sont pas pris en compte dans le bilan CO2 de cette filière énergétique. D’ailleurs on ne trouve pas de statistique sur les volumes de ces fameuses vapeurs…

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Source : GIEC

De plus, sous forme de nuage, ce gaz est blanc donc son Albédo est tel que la Lumière/chaleur est renvoyée hors de l’atmosphère, à la manière des glaciers (c’est aussi une des raisons de la gravité de leur fonte, conséquence du réchauffement climatique cette fonte l’augmente d’autant…).

Mais ces panaches de fumées ne restent pas blanc et le gaz de vapeur d’eau se dissous dans l’atmosphère ou s’agrègent aux nuages qui ne sont pas systématiquement blanc non plus !

Finalement, si ne pas considérer les volumes de vapeurs d’eau rejetées par chaque réacteur nucléaire semble convainquant, on peu changer de point de vue et tenir le raisonnement suivant :
Les réacteurs entrainant un rejet de vapeur quasi constant, la courte durée de vie de cette vapeur ne permet pas de considérer le cumul comme un gaz à effet de serre mais la moyenne à un instant T de ces rejets…
Or il y a 439 réacteurs en activité en 2008 (source) rejetant donc de la vapeur d’eau). Je n’ai aucune idée d’ordre de grandeur n’ayant pas trouvé de chiffre sur le sujet, mais il parait probable que la capacité de réchauffement globale de ces vapeurs d’eau est minime en comparaison avec les autres gaz et le nucléaire peut garder en sa faveur l’argument CO2, mais il n’en demeure pas moins qu’il serait faux de dire que la filière nucléaire ne rejette aucun gaz à effet de serre…

Et ce n’est pas tout… le raisonnement doit être poussé plus loin et ne pas se limiter au seul usage de la centrale : il faut étendre le bilan à une analyse du cycle de vie de la centrale… songeons à sa construction… Ces masses monstrueuses sont essentiellement en béton. Or la fabrication du béton est très émettrice de Gaz à Effet de Serre même si des efforts notables ont été fait par les principaux fournisseurs d’ailleurs soumis à quota CO2 (Lafarge en particulier). Il est toutefois probable qu’en raison de la productivité énergétique de la filière nucléaire son impact équivalent CO2 au GWh serait bien moindre que celui des centrales thermiques (gaz, fioul ou charbon) même si je n’ai pas de chiffre à disposition pour comparer... En tout les cas, là encore, il serait faux de dire que le nucléaire est exempt de Gaz à Effet de Serre.

Ce petit raisonnement ne doit pas pour autant masquer un débat plus grave, qui fera l’objet du troisième article de la semaine sur le sujet : le réchauffement des cours d'eaux (rejets des eaux de refroidissement).

20 août 2008

Aussi longtemps que le ciel au-dessus de la tête

1 : Garantir la mémoire millénaire

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photo : Olivier Martin Delange


Gaïa et Ouranos, Terre et Ciel, ont engendré Chronos… c’est cette portée mythique et planétaire que peut prétendre atteindre l’insoluble question du nucléaire et elle concerne les trois dieux primordiaux : Gaïa avec l’enfouissement géologique, Ouranos avec les vapeurs d’eau dont on ne parle jamais et surtout Chronos en raison de la durée de vie des déchets nucléaires…

La notion de temps est toute relative… relative à la matière comme l’explique la théorie de la relativité bien sûr, ou à la perception et à la discontinuité comme la montre la physique quantique, mais surtout relative à l’homme !
Nous pouvons difficilement appréhender de longues périodes, comme les temps géologiques qui demeurent des notions abstraites pour notre entendement.
Lorsque nous nous projetons dans le futur, c’est toujours à court, voire très court terme, une centaine d’années au maximum…
Pourtant les conséquences de certaines de nos activités engagent bien plus loin dans le temps, et même aussi loin que le ciel au-dessus de la tête puisque la durée de vie de l’uranium nous engagent jusqu’à ce que la Terre soit engouffrée par le Soleil devenu une géante rouge… si la collision entre la voie lactée et la galaxie d’Andromède n’a pas réglé le problème un milliard et demi d’année plus tôt… les déchets nucléaires eux-mêmes ont une durée de vie qui peut aller jusqu'à un peu plus de deux millions d'années.

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Source : Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche

Le stockage en couche géologique profonde des déchets "haute activité vie longue", aujourd'hui entreposés en surface, pourrait débuter d'ici une vingtaine d'années (Etats-Unis, Japon, France, Finlande).
Une signalétique spécifique est à imaginer pour ces sites dont le contenu nous survivra de loin ! Il s'agit d'abord de prévenir les risques d'intrusion humaine potentiellement dangereuse, mais aussi de permettre de retrouver et d'exhumer ces déchets si les progrès scientifiques permettent un jour de les traiter.

Toute la difficulté est de s'assurer que cette signalétique sera correctement interprétée par des générations pour qui nos institutions, nos langues, nos symboles même, n'auront peut-être plus aucun sens. Pour comprendre les ressorts de la mémoire, les ingénieurs se sont tournés vers d'autres spécialistes: archéologues, anthropologues, historiens, sémiologues, linguistes.

Les pistes principales sont au nombre de deux : oeuvres architecturales monumentales (Mégalithes, pyramides), et bouche à oreille (légende).

En France, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a travaillé en particulier sur un support papier permanent illustré, dont la durée de vie pourrait aller jusqu'à 1.000 ans, en s'inspirant des enluminures médiévales.

Aux Etats-Unis, sur le site de WIPP (Waste Isolation Pilot Plant), dans l'Etat du Nouveau Mexique, réservé aux déchets d'origine militaire, les chercheurs qui travaillent sur plusieurs milliers d'années envisagent de graver des messages - écrits, symboles et dessins - sur de gigantesques blocs de pierre.

L'Andra a récemment fait appel à une chercheuse du CNRS pour comprendre l'origine et le mode de transmission des légendes, avec une interrogation: peut-on imaginer qu'une légende puisse naître autour d'un stockage géologique?

Pour quiconque a étudié l’histoire, les sciences humaines ou a une bonne culture religieuse il lui sera évident qu’une seule chose est capable d’assurer une mémoire précise plurimillénaire : le mythe. Même les œuvres mégalithiques risquent la disparition (sur les sept merveilles du monde une seule est encore debout) et même si on se souvient de celles-ci, on découvre encore régulièrement des mégalithes oubliés. Combien de Ziggourats dorment encore sous les dunes en Iran ou en Irak ? Combien de sites archéologiques majeurs à venir pour le plus grand bonheur des scientifiques ?

Tandis que les mythes eux, ne disparaissent pas et assurent une précision de mémoire inouïe. Quel autre récit de type mythologique permet une mémoire aussi longue que la Bible dont les faits historiques (Abraham quittant Ur) remontent à plus de 3 800 ans ? Que dire encore de la précision de la fondation de Rome (21 avril 753 avant JC), date de fête dans l’antiquité que viennent confirmer les recherches archéologiques avec des installations correspondants au début du mythe et datées du 8em siècle avant JC ?

Hélas, en dépit de cette évidence je ne vois pas très bien dans quelle mesure les lieux de stockage de déchets radioactifs peuvent prétendre accéder au myhte ????

30 juillet 2008

La sous-traitance invisible

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photographies : Olivier Martin Delange

La diversité biologique et les ressources naturelles vivantes produites par les écosystèmes contribuent directement à plus de 40% de l’économie mondiale selon le Millenium Ecosystem Assessment.

Mais de quelle manière ? En fait, il s’agit soit de matières premières en amont de la production humaine : bois, plantes, animaux pour les productions alimentaires, de médicaments, de textiles, de construction, d’énergie ; soit il s’agit de services « invisibles » tels que la pollinisation (condition sine qua non de la viabilité des écosystèmes et de la production agricole), l’épuration des eaux, la régulation de l’atmosphère, et le cadre de vie (tourisme).

Mais n’y a-t-il pas là une injustice économique dans la mesure où des entreprises bénéficient de ces services gratuitement sans que la collectivité n’en ait compensation ? Et cette injustice économique ne s’accompagne-t-elle pas d’un manque d’incitation à la responsabilité ?

Imaginons un groupe qui exploite l’ensemble de ces services, comme un consortium agro-alimentaire : ils bénéficient de la pollinisation des insectes sauvages qui survivent grâce aux espaces non artificialisés et les abeilles domestiques des apiculteurs, ils bénéficient de la résilience des écosystèmes capables de régénérer les terres cultivées jusqu’à un certain seuil, les conditions climatiques et la pluviométrie en partie déterminées par les grands ensembles naturels (essentiellement les grandes forêts), les produits insecticides inspirés de l’arsenal chimique de certaines espèces vivantes, l’épuration des eaux qu’ils utilisent et qui s’infiltrent dans le sol chargées de produit phytosanitaires et autres polluants pathogènes.

Hors tous ces services, nécessaires à la production de leurs produits et à la constitution de leur valeur ajoutée, sont gratuits. L’idée gênante n’est pas qu’ils soient gratuits mais que cette gratuité participe au manque de responsabilisation d’une part, et que cette gratuité se limite à quelques utilisateurs au détriment des autres d’autre part.

Les usagers des services écosystémiques manquent souvent de responsabilité parce que face à un produit ou un service gratuit aucune attention n’est prêtée au taux de sollicitation. Il en est ainsi du CO2, rejeté librement par les industries et les particuliers. Tant que cette pollution était traitée par la biosphère gratuitement, nul n’a cherché à les diminuer, mais dès lors que ça a eu un prix, les entreprises se sont mises à compter leurs émissions, puis à les réduire.

Encore moins éthique peut-être, c’est un fait que certains services écosystémiques sont accaparés par des organismes précis, rendant caduc la notion de bien commun par leurs pratiques alors que les conséquences de leurs activités concernent un vaste ensemble de personnes : pensons par exemple aux tragiques questions pharmaceutiques de brevetabilité de molécules issues du milieu naturel et utilisées déjà par les cultures vernaculaires, ou bien encore plus près de nous les producteurs d’énergie qui par exemple exploitent un cours d’eau pour leur production hydraulique (grand barrage ici) et qui changent le milieu naturel au détriment de tous ses riverains pour lesquels l’écosystème à changé et en échange de quoi ils peuvent payer leur électricité pour rembourser l’investissement consenti à la destruction d’un milieu naturel...

L’usage de l’environnement inéquitable mérite d’être interrogé en regard des enjeux du développement durable et de la volontaire mise au point d’une éthique environnementale juste. La biodiversité est généreuse avec notre économie, qu’apportons nous en retour ?

28 juillet 2008

les mots de l'écologie

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Choisir un nom est loin d’être anodin. L’acte de nomination est aussi acte d’autorité. Adam donne un nom à chaque animal dans la Genèse. Ce faisant, il en prend possession.
Plus encore, nommer une idée, une notion ou un concept qui n’en avait pas encore fait carrément faire exister la chose.

Toutefois il est bien rare qu’un mot parfaitement nouveau soit forgé. On s’inspire d’expressions proches ou d’une construction sur le modèle de l’étymologie de la langue (le grec ou le latin pour notre cas).

La pensée écologiste, qu’elle soit développée dans la discipline scientifique correspondante, en sciences humaines ou politique est un creuset incessant de conception de nouveaux termes pour désigner de nouvelles idées. C’est la grande foire aux néologismes. La plupart commencent par « éco », ce qui insidieusement transforme le sens commun de cette syllabe en la faisant passer de la marque d’une pensée d’économiste à celle de la nature… Il en est ainsi de l’écoconception, l’éco-industrie, l’éco-citoyen, éco-touriste etc…dans ce cas bientôt l’éco-nomie désignera les règles de la gestion environnementalement responsable (notre préfixe favori et « nomos » en grec, signifiant « règle »).

L’autre transformateur de mot est le suffixe « vert » : économie verte, trame verte, ville verte… certaines expressions existaient déjà mais elles ont changé de sens à l’usage. Je me suis moi-même fendu de mon bon mot avec le titre de la thèse : « l’esthétique verte » pour désigner la pensée esthétique de la nature renouvelée à l’aune des notions de l’écologie scientifique. Cette expression n’est pas à proprement parler une création, loin s’en faut, puisqu’elle apparaît depuis les années 1990 dans des articles d’architecture anglo-saxon qui traitent d’environnement. Sous le vocable « green aesthetic » l’expression se réduisait donc à une application urbanistique et architecturale. En la traduisant en français je l’ai un peu étendue pour désigner l’ensemble des expériences esthétiques qui relèvent de la même logique, quelque soit la discipline artistique, ou même, dans l’expérience commun, détachée de toute forme d’art.

La marque de pertinence d’une expression est sa reprise par d’autres et sa diffusion dans le langage courant. Evidemment ce n’est pas encore le cas, et le sera peut être jamais, mais l’expression apparaît subrepticement sur les sites de groupes et associations avec lesquelles j’ai pu collaborer à un moment ou à un autre ces dernières années.
Au début j’étais bêtement… je sais ne sais pas, interloqué par le fait qu’on s’approprie cette expression hors de son contexte, mais à la réflexion j’ai plutôt à m’en réjouir, cela signifie que le travail de conceptualisation n’est pas vain et que les idées circulent.

Le vocable « bio » quand à lui tombe un peu en désuétude à cause de son ambigüité en regard de la "biotechnologie" et des usages critiqués par les environnementalistes, comme le mot « biocarburant » remplacé par "agrocarburant". Cette guerre des mots n’est pas qu’un jeu, selon que l’un ou l’autre vocable passe à l’usage généralisé, s’en est fait de l’opinion commune sur le sujet…

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