29 octobre 2009
Ne le dites plus avec des fleurs !
photographie : Olivier Martin Delange
Jusqu’ici on adore tous les fleurs, elles incarnent nos plus nobles sentiments, du simple merci au grand amour. Et pourtant… quand on y pense.
Trois sources principales pour nos bouquets :
Les fleurs cultivées sont hélas pleines de pesticides divers et cultivées shootées aux engrais. Dès lors qu’elles ne sont pas destinées à un usage alimentaire, pas mal de barrières contre ces produits disparaissent… D’ailleurs, la plupart ne sont pas cultivées en Europe, à l’image des tragiquement fameuses roses du Kenya. Elles sont donc cultivées avec des produits phytosanitaires interdits en Europe, mais pas en Afrique… De plus ces petits plaisirs requièrent une utilisation des terres arables, terres qui pourraient être affectées à la culture vivrière par exemple dans des pays qui en ont besoin et dans un monde qui en a besoin (de plus en plus de pays achètent des terres agricoles dans d’autres en raison du manque de surface existant ou prévu comme la Chine, l’Arabie Saoudite etc.). Enfin ces cultures nécessitent de l’eau ! évidemment, eau dont la rareté commence à poser des problèmes récurrents ou constants dans plus d’une zone de culture. Alors à part lorsqu’il y a co valorisation avec un autre usage des plantes ou un intérêt pour la pharmacopée, il paraît délicat d’argumenter en faveur de ces cultures.
Autre source majeur de fleur, en particulier d’orchidées : les cultures en laboratoire de clones. Et oui, pas besoin d’une ingénierie compliquée en microbiologie pour cloner des plantes, c’est très simple. Afin d’obtenir des centaines de milliers de phallenopsis par exemple pour le marché européens, les laboratoires néerlandais tournent à plein régime et cultive hors sol, sur substrat artificiel enrichi en hormone nos si belles orchidées, toute identiques.
La cueillette elle-même est loin d’être innocente. En effet, la fleur est l’organe reproducteur des plantes, mais avant que la reproduction soit réalisée. Ainsi, si on cueille un plante annuelle qui du coup n’a pas pu se reproduire, elle disparaît… à plus grande échelle les autres plantes (bulbeuse, vivaces) peuvent aussi disparaître. C’est par exemple le cas de la fritillaire en France qui à force d’être cueillit parce qu’irrésistiblement jolie, elle disparaît du milieu naturel.
Alors que faire ? Tant qu’une filière bio de production locale d’essences végétales non invasives n’existera pas et bien il paraît peu durable de continuer à offrir des fleurs
et puis après tout, offrir des sexes coupés c’est une pratique assez bizarre quand on y pense !
Heureusement, on peut imaginer des filières de production de fleur qui évite tout ces désagréments. Un bon exemple : les jachères fleuries ! A l’initiative du Conseil Général du Haut-Rhin par exemple, des champs en jachères sont semée de graines de plantes à fleur des prairies régionales. Cette pratique qui enrichie le sol et favorise la biodiversité est aussi une occasion de disposer de fleurs plus durablement produites : les habitants sont invitées à venir les cueillir !
Ce constat nous pousse, ma sœur et moi, à chercher à développer une culture locales et durable de fleur, vivement que le projet prenne pied !
21:41 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

























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