15 août 2008
La beauté du diable
Lilium urbanum, animation 3D de Anca Risca, Joji Tsuruga et Dante Nou, diffusée sur http://thejoji.com/liliumurbanus/
Cette très belle création est une occasion idéale pour évoquer notre naïveté face à notre propre imagination. L’autosatisfaction à la production du beau ne doit pas éluder les réalités de nos actes. Cette très esthétique ville imaginaire n’est que virtuelle. Dans ce contexte, on s’intéresse essentiellement à son aspect, à sa beauté.
Mais si le beau naturel est gage de bonne santé d’un être vivant ou d’un écosystème, ce n’est pas toujours le cas avec les productions humaines et les beautés aussi fulgurantes que redoutables.
On retrouve souvent en science fiction l’idée de villes, plus souvent de vaisseaux, qui s’auto construisent soit parce qu’ils sont d’origine organique, soit par phénomène de catalyse ou de reproduction mécanique selon une nanotechnologie imaginée sur le modèle organique.
Mais qu’est ce qu’impliquent concrètement ces technologies ?
Pour l’organique il s’agirait ni plus ni moins de la maîtrise du vivant et du raffinement des créations OGM. Si en elle-même ces biotechnologies ne sont pas la question (voir ICI) mais un tel niveau de déploiement et d’usage signifie le remplacement pour partie et la contamination assurée de la biosphère. Alors qu’on commence à peine à parler de biodiversité urbaine et de tenter d’intégrer l’urbanisme dans la nature au lieu de l’inverse (les parcs, haut lieu artificiel) il serait dommage de faire marche arrière. Notons au passage que les formes organiques, à la mode en architecture depuis un certain temps déjà, ne sont pas garantes d’innocuité environnementale.
Si on parle de nanotechnologie on entre dans l’inconnu plus encore. Ces technologies en sont à leur balbutiements mais le principe de précaution doit être appliqué avec d’autant plus d’attention que le niveau d’intervention de ces techniques (moléculaire) implique des conséquences et donc aussi des risques que nous n’avons encore jamais rencontré. (A ce sujet un scénario catastrophe est développé dans La Cité du gouffre d’Alastair Reynolds, 2001)
Ainsi, malgré mon attachement pour l’esthétique, ne nous arrêtons pas à la seule beauté. Aussi captivante qu’elle puisse être, il faut prendre garde qu’elle ne cache pas des risques atroces et d’irréversibles conséquences.
04:50 Publié dans esthétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, principe de précaution, Alastair-Reynolds, beauté du diable, nanotechnologie, OGM, biosphère














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