23 août 2008
Nucléaire et Gaz à effet de Serre

Photographie : Olivier Martin Delange
On l’oubli souvent mais la vapeur d’eau est également un gaz à effet de Serre… bien entendu son action n’est pas aussi longue que pour les autres gaz puisque l’état de vapeur de l’eau est transitoire et les pluies réinjectent cette eau dans le système terrestre ou directement dans le système océanique. Ainsi les gigantesques jets de vapeurs d’eau qui s’échappent des centrales nucléaires ne sont pas pris en compte dans le bilan CO2 de cette filière énergétique. D’ailleurs on ne trouve pas de statistique sur les volumes de ces fameuses vapeurs…

Source : GIEC
De plus, sous forme de nuage, ce gaz est blanc donc son Albédo est tel que la Lumière/chaleur est renvoyée hors de l’atmosphère, à la manière des glaciers (c’est aussi une des raisons de la gravité de leur fonte, conséquence du réchauffement climatique cette fonte l’augmente d’autant…).
Mais ces panaches de fumées ne restent pas blanc et le gaz de vapeur d’eau se dissous dans l’atmosphère ou s’agrègent aux nuages qui ne sont pas systématiquement blanc non plus !
Finalement, si ne pas considérer les volumes de vapeurs d’eau rejetées par chaque réacteur nucléaire semble convainquant, on peu changer de point de vue et tenir le raisonnement suivant :
Les réacteurs entrainant un rejet de vapeur quasi constant, la courte durée de vie de cette vapeur ne permet pas de considérer le cumul comme un gaz à effet de serre mais la moyenne à un instant T de ces rejets…
Or il y a 439 réacteurs en activité en 2008 (source) rejetant donc de la vapeur d’eau). Je n’ai aucune idée d’ordre de grandeur n’ayant pas trouvé de chiffre sur le sujet, mais il parait probable que la capacité de réchauffement globale de ces vapeurs d’eau est minime en comparaison avec les autres gaz et le nucléaire peut garder en sa faveur l’argument CO2, mais il n’en demeure pas moins qu’il serait faux de dire que la filière nucléaire ne rejette aucun gaz à effet de serre…
Et ce n’est pas tout… le raisonnement doit être poussé plus loin et ne pas se limiter au seul usage de la centrale : il faut étendre le bilan à une analyse du cycle de vie de la centrale… songeons à sa construction… Ces masses monstrueuses sont essentiellement en béton. Or la fabrication du béton est très émettrice de Gaz à Effet de Serre même si des efforts notables ont été fait par les principaux fournisseurs d’ailleurs soumis à quota CO2 (Lafarge en particulier). Il est toutefois probable qu’en raison de la productivité énergétique de la filière nucléaire son impact équivalent CO2 au GWh serait bien moindre que celui des centrales thermiques (gaz, fioul ou charbon) même si je n’ai pas de chiffre à disposition pour comparer... En tout les cas, là encore, il serait faux de dire que le nucléaire est exempt de Gaz à Effet de Serre.
Ce petit raisonnement ne doit pas pour autant masquer un débat plus grave, qui fera l’objet du troisième article de la semaine sur le sujet : le réchauffement des cours d'eaux (rejets des eaux de refroidissement).
16:20 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nucléaire, gaz à effet de serre, écologie, nature, environnement, réchauffement climatique, changement climatique

























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