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19 juillet 2008

Jeux d’eau

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Fâcheuse habitude humaine dont je suis moi aussi le jouet, nous adorons intervenir sur le paysage, marquer le territoire de notre emprunte et chambouler les écosystèmes…
Est-ce par principe une attitude négative ou bien cette tendance interventionniste peut-elle être mise à contribution pour accompagner la résilience de la nature et enrichir les territoires ?
J’aime à croire que oui, de deux manières au moins.
Tout d’abord nous ne sommes pas très éloigné des castors, phylogénétiquement comme symboliquement. Pour ma part, rien de plus amusant que de construire un mini barrage. La création d’un petit bassin de rétention favorise la présence d’eau même lorsque les ruisseaux ont atteint leur niveau d’étiage le plus bas. Les petits batraciens apprécieront… Avec un peu de temps également, la végétation change. Le pourtour d’un petit bassin en forêt peu devenir le lieu de prédilection d’un peuplement de prèles par exemple. Des insectes tels les demoiselles et les libellules peuvent aussi en bénéficier.
Un de mes souvenirs de mini barrage des plus distrayant était aux Seychelles. Un filet d’eau absolument minuscule rejoignait l’océan Indien sous les frondaisons de takamaka. Le sable permettant d’organiser des installations provisoire, j’ai alors entrepris de constituer un petit parcours de déviation pour ce filet d’eau douce et fraîche avec plusieurs bassins de rétention. Ce simple jeu a attiré les enfants présents sur la plage dont des seychellois, des enfants de touristes allemands, italiens et anglais. Les parents sont quand même passer vérifier ce qui se passait et tranquillisé ils m’ont laissé une équipe de 6 enfants pour mener à bien le petit projet… La concertation multi langue n’a pas été aisée, surtout entre eux, mais au final nous sommes parvenu à tomber d’accord sur notre mini projet d’aménagement du territoire !
Et voilà le mot clé, ce qui fait la différence entre le castor bénéfique et une humanité déstabilisante : « mini projet ».
L’humanité ne se contente plus du micro, elle est devenue une force géologique, au même niveau que la tectonique des plaques. Elle déplace des masses de matière invraisemblable sur l’ensemble du globe et chamboule jusqu’à la géologie de région entière. Pensons par exemple aux sols pollués de certains sites industriels classé déchet dangereux et qui sot ni plus ni moins enlevé sur une certaine profondeur, chargé en camions ou en train et exporté vers un lieu où cette masse de sol sera (éventuellement) traitée… Pour continuer sur le thème des rétentions d’eau, les lacs Nasser ou le barrage des trois gorges, pour ne citer que ceux là, sont un exemple particulièrement flagrant de la capacité déployer à métamorphoser l’écologie de région entière. Ces grands barrages, qui coupent l’ensemble de la masse d’eau contrairement au petit hydraulique, ne ménagent pas non plus les populations animales et végétales pour lesquels les échanges génétique entre l’amont et l’aval sont compromis, sans parler des espèces migratrices… Ces actions ne sont pas tout à fait étrangères à la disparition du dauphin de Chine (voir ICI) qui, hélas, est le premier mamifère marin définitivement éteint.

On oublie systématiquement une règle simple de l’écologie : beaucoup de petites choses intégrées dans la complexité et la diversité fonctionnent, un gros truc de même puissance, unique et isolé, détruis sont environnement.

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