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06 mai 2008

Comme un oiseau sur la branche ?

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Photographie : Olivier Martin Delange

Enfant, je rêvais de devenir ornithologue. On me disait alors que ce n’était pas un métier… on m’avait mal renseigné. Si je ne regrette pas d’avoir opté pour des activités plus transversales, je n’en ai pas moins conservé le goût pour l’observation de l’avifaune.
Hélas, de déménagement en déménagement, pour des villes de plus en plus grandes et des zones de plus en plus centrales, je me suis éloigné des lieux propices à la fréquentation d’un nombre d’espèce important. Je repense avec nostalgie à l’appartement au cœur de la forêt près de Pforzheim où une multitude d’espèces venait jusque sur le balcon se nourrir au cœur de l’hivers : bouvreuil, geais de chênes, mésange nonette, charbonnière, bleu, noire, à longue queue, sitelle, pinson, verdier, gros-bec, chardonneret, et même des pic épeiche, épeichette ou noir.
A Paris, on se contente de quelques pigeons, moineaux domestiques et corneilles noires… J’entends toutefois les martinets au soir tombant qui font retentir leurs cris stridents.

Pourtant, l’avifaune urbaine n’est pas si pauvre, comme le montre les suivis de leurs populations ou même certains amateurs (voir « oiseaux de paris »). Mais il n’en demeure pas moins que l’avifaune est en déclin prononcé.

C’est d’ailleurs un des indicateurs de biodiversité officiels les mieux renseignés. A partir d’observations sur l’ensemble du territoire, exprimées en pourcentages de variation d’effectif par espèce, certaines sont rassemblées par type afin d’offrir un indicateur global ou agrégé. Il sert notamment à montrer le (non) respect de l’objectif européen de stopper l’érosion de la biodiversité à compter de 2010...

Indice STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs)
Indice base 1 : 1989
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(Source : MNHN / CRBPO)

Globalement, les populations d’oiseaux régressent en France, suivant en cela la tendance Européenne (voir ICI), ceci quelque soit leur habitat pour la période 1989-2001. Par contre, depuis 2001, les populations des espèces généralistes tendent, selon l’indicateur agrégé, à augmenter.

Ce point n’est pas anodin, il pourrait témoigner de l’impact du morcellement du territoire et de la diminution de la qualité de l’environnement en général. En effet, les espèces spécialistes, inféodées à un type d’écosystème, sont mises en difficulté par le morcellement de leur territoire. Au contraire, les espèces généralistes parviennent à s’adapter aux différentes composantes de la mosaïque du paysage, et souffrent de moins de concurrences de la part des autres espèces aux effectifs déclinants… Bien sûr, il ne faut pas être monocausaliste en la matière et d’autres facteurs seraient à prendre en compte (changement climatique, pollution, épizootie etc…)
Quoi qu’il en soit, il parait difficile de continuer à dire « comme un oiseau sur la branche » pour suggérer l’insouciance et l’aisance…


Méthodologie de l’indice STOC :
(source : MNHN / CRBPO)
Le CRBPO produit chaque année des indicateurs pluri-spécifiques combinant les indices de plusieurs espèces. Pour calculer la valeur de l’indicateur une année donnée, il suffit de faire la moyenne géométrique des indices des espèces concernées pour l’année concernée. Il faut bien sûr que l’année à laquelle l’indice a été fixé arbitrairement à ’1’ soit la même pour toutes les espèces.
Le CRBPO produit 4 indicateurs, regroupant les espèces selon leur spécialisation par rapport à trois grands types d’habitat. Ces indicateurs sont ceux des espèces spécialistes des milieux agricoles, espèces spécialistes des milieux forestiers, espèces spécialistes des milieux bâtis, et espèces généralistes. Le degré de spécialisation est calculé à partir de la répartition des effectifs de l’espèce (dénombrés par le STOC) dans les trois grands types d’habitat, en proportion de leur disponibilité. Ainsi, si une espèce est plus abondante dans un habitat que ce que prédirait une répartition homogène dans les trois habitats, elle est dite spécialiste de cet habitat. Si une espèce ne présente pas de biais de répartition entre les habitats, elle est classée parmi les espèces généralistes. Au total, 65 espèces sont utilisées pour construire les indicateurs. Elles se répartissent de la manière suivante :
Espèces généralistes (14) : Pigeon ramier, Coucou gris, Pic vert, Fauvette à tête noire, Hypolaïs polyglotte, Rossignol philomèle, Merle noir, Accenteur mouchet, Loriot d’Europe, Mésange charbonnière, Mésange bleue, Corneille noire, Geai des chênes, Pinson des arbres.
Espèces spécialistes des milieux agricoles (20) : Buse variable, Faucon crécerelle, Perdrix rouge, Perdrix grise, Faisan de Colchide, Caille des blés, Huppe fasciée, Alouette des champs, Alouette lulu, Pipit farlouse, Bergeronnette printanière, Fauvette grisette, Tarier pâtre, Tarier des prés, Pie-grièche écorcheur, Corbeau freux, Linotte mélodieuse, Bruant jaune, Bruant zizi, Bruant proyer.
Espèces spécialistes des milieux forestiers (18) : Pic épeiche, Fauvette mélanocéphale, Pouillot de Bonelli, Pouillot siffleur, Pouillot véloce, Pouillot fitis, Roitelet huppé, Roitelet triple-bandeau, Sittelle torchepot, Grimpereau des jardins, Troglodyte mignon, Grive musicienne, Rouge-gorge familier, Mésange huppée, Mésange noire, Mésange nonnette, Grosbec casse-noyaux, Bouvreuil pivoine.
Espèces spécialistes des milieux bâtis (13) : Tourterelle turque, Martinet noir, Hirondelle de fenêtre, Hirondelle rustique, Rougequeue noir, Rougequeue à front blanc, Choucas des tours, Pie bavarde, Chardonneret élégant, Verdier d’Europe, Serin cini, Moineau domestique, Moineau friquet.

Certaines espèces peuvent être spécialistes d’un habitat au niveau national mais pas au niveau régional, ou inversement. Il est toutefois conseillé de conserver les mêmes groupes d’espèces pour construire des indicateurs régionaux que ceux utilisés au niveau national, pour plus de lisibilité et pour faire des comparaisons plus aisément.

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