« L’affaire Guillermo Vargas : tellement horrible que c’est vrai ? | Page d'accueil | Comme un oiseau sur la branche ? »

03 mai 2008

Attention aux chiffres

6ed7a8a138b6493effd2d9657bf36737.jpg

photographie: Olivier Martin Delange

La forêt européenne progresse. La France est même bien placée à ce titre. Pour preuve, avec les rares statistiques comparables disponibles, les terrains boisés (bosquets et buissons compris) semblent progresser de plus en plus rapidement en France comme dans l’UE 15.
Cette tendance tient à plusieurs facteurs bien connus, mais ils sont à mettre en regard des disparités que masquent ces chiffres et des évolutions actuelles et futures probables.

France
6bb45c5beece3c9251113f52d2e6aa6d.jpg

source : Compendium - Données OCDE sur l'environnement

UE 15
30f93ba807c6aaef540352157c0d5af1.jpg

source : Compendium - Données OCDE sur l'environnement

Théorie en U et déprise agricole

On considère communément que la transition démographique s’accompagne d’un phénomène de contraction puis de redéploiement de la forêt. On pourrait le formaliser selon une formule du type :
« (taux d’emploi tertiaire/PIB)*surface du pays corrélée au couvert forestier initial ».
A titre d’exemple, l’Inde est en phase de fin de transition démographique, et comme ça a pu se remarquer pour l’Europe, la forêt regagne du terrain depuis.
En Europe, c’est particulièrement le phénomène de déprise agricole, lié à la réduction de la population agricole et à la PAC, qui ont favorisé le redéploiement des massifs forestiers anciens(Jura) ou la reprise des successions végétales vers la forêt dans des régions qui n’étaient presque plus boisées (Bretagne).

Changements d’allocation des terres et changement climatique

Mais le mitage du territoire, la périurbanisation, le développement des agrocarburants… sont autant de facteurs qui mettent un frein à ce redéploiement forestier qui peut pourtant faire office de puit de carbone efficace.
Le réchauffement global, lui aussi, menace les forêts puisque les essences se renouvellent lentement et leurs aires de répartition ne suivront pas la vitesse du changement climatique sans intervention humaine. Les pieds restant là où les conditions leurs deviennent défavorables, les forêt courent un péril bien réel mais difficile à estimer.
Enfin, il faut se méfier des chiffres agrégés lorsqu’on parle du vivant. Comment quantifier le qualitatif ? En effet, la forêt progresse mais quelle forêt ? Comment est-elle gérée ? Le chiffre global rassemble aussi bien des espaces diversifiés, peuplés de végétation spontanée et bénéficiant d’un fort taux de biodiversité que d’espace planté sur des surfaces immenses de manière linéaire avec les mêmes variétés de la même espèce. L’intérêt écologique de chacune de ces zones boisées est très différent.

Ecrire un commentaire